slide_monkey

Ω

Feb 28, 2011
5 Commentaires

Quelle idée, mais quelle idée ? Je pose la question : pourquoi le joueur passionné mais non moins mesuré (au hasard, ma gueule, en l’occurrence) ressent-il le besoin, dès lors que son calendrier vidéoludique se stabilise, d’aller dévaliser Good Old Games ?

J’aurais pu mettre ce temps à profit pour diversifier mes activités, resortir un bloc à dessins, rattraper mon (consternant) retard ciné, lire un Marc Levy (not) ou faire un point avec mes orteils… mais non. J’ai préféré me repayer Heroes of Might & Magic III et signer de mon propre sang un contrat d’insomnie à durée indéterminée.

Si tu ne connais pas Heroes of Might & Magic, de deux choses l’une : soit tu es un fringuant jeune homme, auquel cas je m’apprête à t’éclaircir sur le sujet, soit tu es une jeune fille… dans ce second cas je t’invite à composer immédiatement le 06.68… Euh, ahem… Heroes of Might Magic, donc.

HoMM (pour les intimes) désigne une série de jeux de stratégie au tour par tour édités par les californiens maudits de 3DO. Pourquoi maudits ? Ma foi… lorsqu’il fonde 3 Dimensionnel Objects en 1993, Trip Hawkins a déjà donné dans l’édition de jeux vidéo en cofondant (Je dis bravo, je dis Monsieur) une petite boîte du nom d’Electronic Arts. Non non, ce coup-ci, ce qu’il veut le bon Trip, c’est sortir un standard console 32bits avec lecteur CD avant tout le monde, coiffer la concurrence sur le poteau et se la couler douce à BoraBora. Ainsi naît en 1993 la licence 3DO, achetée immédiatement par Goldstar et Matsushita. On va la faire courte, la 3DO Interactive Multiplayer fait un four monumental et Hawkins n’a d’autre choix que de pyroliser tout ce boxon en se séparant de la licence pour se remettre à l’édition de jeux. Là encore, Trip “Pignon” Hawkins verra ses espoirs bien contrariés puisque 3DO éditera dix années durant des jeux aux succès plus que discutables, avant de mettre la clé sous la porte en 2003.

CEPENDANT, parmi la centaine de titres médiocres pondus par les studios rachetés par 3DO, le joueur averti aura le bon goût de ne pas dénigrer Heroes of Might & Magic. Fruit de la rencontre du gameplay (largement remanié) de King’s Bounty (1990) et de l’univers de Might & Magic, ces jeux bénéficient d’un traitement tour par tour ultra tactique et old school, secondé par une direction artistique un chouïa ringarde mais diablement attachante.

Séquence immersion : le joueur possède une place forte à partir de laquelle il envoie ses héros battre la campagne à la recherche de ressources, de monstres errants et de châteaux ennemis à assiéger. Les richesses ainsi accumulées permettront d’améliorer la forteresse par la construction de bâtiments aux effets divers : recrutements de nouvelles unités, améliorations des défenses, bonus magiques, etc. Chacune des races mises à dispositions se voit attribuer une place forte et des unités uniques, des artefacts propres ainsi que des facilités de déplacement selon le type de terrain.

En combat, le héros se repose sur les unités qu’il a su recruter et ne peut les assister que par des sorts de bénédiction, de malédiction et de destruction. Les combats prennent place sur un damier d’hexagones (voir vidéo en fin de billet) chaque face de ce dernier représentants l’un des côtés par lequel une unité peut-être attaquée. Et ça lecteur, quand tu te retrouves dans une gigantesque bataille rangée faite de volants, d’archers et de créatures aux pouvoirs divers (effets de zones, mes amours) ça, là, ce petit hexagone : c’est à la fois ton meilleur allié et ton pire cauchemar. Un angle d’attaque mal choisi et c’est la moitié de ton armée que tu immobilises derrière une %µ@#& de souche (lire “pute”)

Heroes 2, c’était la découverte, les sprites flashy et l’interface utilisateur aujourd’hui plus que désuète. Sa suite, Heroes III, reste à ce jour le meilleur souvenir pour énormément de fans : niveau de détail de malade (pour l’époque) équilibrage parfait entre les classes et assez de campagnes pour tenir plusieurs hivers. Le 1 ? Non, je vais pas essayer de te la faire à l’envers, je n’ai pas joué au premier à l’époque. J’ai découvert la saga avec le second épisode. Alllons bon, moleste moi avec de jeunes branches de bambou, je le mérite. L’épisode IV, dernier volet développé par New World Computing recevra un accueil très mitigé de la part de la communauté : le gameplay est assoupli et la vue traditionelle abandonnée au profit d’une 3D isométrique. Ces ajustements dépossèderont le jeu de son charme “à l’ancienne”. En 2003, Ubisoft rachète la franchise et commande une suite aux moscovites de Nival Interactive. HoMM V marque le passage de la saga à la 3D et le retour aux fondamentaux du gameplay cher aux fans. Bien que doté de qualité indéniable, ce dernier m’aura laissé de marbre, probablement terrassé par la divine loi du “c’était mieux avant”.

Heroes of Might & Magic, c’était mes premiers gros mindfucks devant mon écran, un Balisto dans une main, ma souris Microsoft dans l’autre. Des heures passées à recruter des unités en masse avant de partir retourner la map dans une chevauchée vengeresse. C’est aussi l’immense travail du compositeur Rob King, qui a su doter la saga d’une indentité sonore absolument unique. Ce sont mes premières (et mes dernières ?) parties en Hot Seat, ce mode de jeu pré-RJ45 où deux joueurs se relayaient devant l’écran : pas le droit de regarder le tour de son adversaire, obligé de s’occuper, lire un bouquin, se cacher les yeux, bref : un jeu vidéo de société.

Le pire c’était ce stress permanent d’être rappelé à l’écran par mon adversaire, tout heureux de m’annoncer que l’heure de la grande confrontation était arrivée.

“Ho Gaut, lâche Joystick, c’est l’heure de prendre ta raclée.”

Thomas, mon adversaire de toujours : ce billet t’est dédié.

P.S : Pour les nostalgiques et les curieux : deux solutions pour retrouver le goût du sang à l’ancienne : se repayer HoMM III via gog.com, ou taper dans la série King’s Bounty disponible sur Steam. King’s Bounty : Legends donc, inspiré d’Heroes of Might & Magic, lui-même inspiré du King’s Bounty original de 1990. Avec un tel CV, le jeu devrait enterrer la saga originale. A mon sens il n’en est rien : gogogo HoMM III, c’est ça qu’est la vérité.

L’E3 par un mec qui n’a rien suivi : Ubisoft et Nintendo (3/3)

Jun 17, 2010
Pas de commentaires.

Troisième et dernière partie de notre petit overview de l’E3 en mode touriste. Cette année, les créatifs de chez Ubisoft se sont réunis autour d’une belle table ronde sur laquelle trônait une montagne de sucre glace. Et 3-2-1, hop, on plonge la tête. Ca donne des annonces improbables de concepts casuals ou juste barrés.

On a donc BattleTags, un FPS in real llfe, avec des plastrons, des pétoires en plastique et des blip-blip quand on touche son petit cousin… Un peu comme si Sega n’avait pas eu cette idée en…oh wait… 1992.

Vient ensuite Innergy, jeu de relaxation avec comme contrôleur un capteur cardiaque, qui permet de diriger le personnage à la respiration. Puisqu’il s’agit de zenitude, le chemin est régulier et sinueux. Au final on dirait un simulateur d’exploration de colon, mais de colon de Teletubbies. Did. LoL. A. Lot.

Viennent ensuite pèle-mèle un nouveau Driver (avec un conducteur dans le coma qui se téléporte…), Child of Eden (un shooter psyché qui marche au Kinect, ça semble fun) et le nouveau projet d’Eric Chahi (Another World), baptisé Project Dust. Ca se veut l’héritier de Populous, auquel on aurait adjoint un logiciel de terraforming, si j’ai bien tout pigé…

Non vraiment, chez Ubi, la drogue est bonne. Et c’est d’autant plus vrai lorsque la conf’ se termine sur ce simple teasing :

Je termine par la keynote de mon coeur, celle de la firme au plombier. Dire que j’ai délaissé Nintendo ces dernières années serait un doux euphémisme. Mais ça, c’était avant… Just when I thought I was out… they pulled me back in !

Mais ce ne sera pas grâce à l’annonce des nouvelles aventures de Link, baptisées Zelda : Skyward Sword
Premier contact : ahem Monsieur Nintendo, quand on a dit qu’on rêvait d’un Zelda mature, on voulait pas dire le look&feel de Windwaker mais avec un héros adulte. Tu es un peu littéral là, Monsieur Nintendo. Un héros mature, donc, avec une palette de couleurs caca-pastels-kawai et des grosses icones, on croirait Banjo & Kazooie.

Et papa Miyamoto qui a fait le déplacement pour nous faire une démo des nouvelles possibilités de combat avec le couple WiiMote/Nunchuk et qui foire chaque special move trois fois avant de le réussir… non, vraiment, c’était très très rassurant !

Gros moment de flottement donc, rattrapé par la confirmation d’un remake de GoldenEye : on échange Brosnan et Craig, on remplace la guerre froide par une histoires de finances, mais dans l’esprit, on commence toujours en sautant du haut d’un barrage, et c’est le principal. Espérons que le multi fera honneur à son illustre prédécesseur.

S’en s’ont suivi des annonces de bon goût plutôt orientées core-gaming pour une conférence Nintendo : un nouveau Kirby, Métroïd : Other M, et… et… ?
UN NOUVEAU DONKEY KONG COUNTRY ! Est-ce bien la peine d’en rajouter ? C’est la joie, on fait péter les cotillons, sortez les langues de belle-mère, les cigarillos, toussa.

Puis la présentation tant attendue s’en vient conclure la conférence : Nintendo dévoile sa nouvelle portable 3D.

La 3DS bénéficie d’un design efficace, un écran plus grand sur la partie supérieure, et des performances graphiques qui font beaucoup plus penser à une Wii qu’à une DS ou même une PSP. Le trailer de Kid Icarus Uprising met une belle baffe je trouve. Et c’est sans l’effet de profondeur. Avec, ça devient carrément très prometteur selon ceux qui ont pu y toucher. Bref, re-cotillons, re-serpentins !

Dans la fin de conférence, Nintendo glisse que de nombreux développeurs sont déja au turbin sur des jeux 3DS, qu’il s’agisse de productions originales ou de remakes…. Et à l’heure ou j’écris ces lignes, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, les titres suivants ont déjà été confirmés (attention à la rafale) :

Metal Gear Solid 3DS, Street Fighter 4, Resident Evil Revelations, Zelda : Ocarina of Time, Splinter Cell Chaos Theory, Starfox…

Donc OUI, j’attends à nouveau une console. Je pensais en avoir fini avec ces conneries, mais non. Là, je l’attends vraiment. Pas comme ta maman attend vraiment le nouvel album de Katie Melua cher lecteur, non non !
Ce sera DAY ONE comme disent les amerloques. Day One avec peut-être une tente Quechua sous la pluie, dès l’aube, à manger du Canigou parceque j’aurai juste assez d’argent pour la console.

Voilà messieurs Microsoft et Sony, vous débarquez sur le casual gaming avec quatre ans de retard, Nintendo met un E3 à mettre un pied dans certaines de vos franchises gamers les plus juteuses. Aujourd’hui ce ne sont que des remakes… mais demain ?