J’ai toujours admiré les personnes ordonnées. Chaque chose à sa place, une place pour chaque chose, tous ces concepts de maniaco-dépressifs saveur IIIème Reich, vraiment je trouve ça fantastique. Notez, le fait que je sois capable de perdre un canapé long de deux mètres dans un studio de 30m2 n’est probablement pas étranger à la chose : il y a une part de fantasme indéniable dans mon délire, un culte de l’inaccessible. Non mais sérieusement, vous avez déjà calculé le temps que ces gens nous grattent en temps de vie avec leur existence rangée en petites boîtes étiquetées ? Le jour de la photo finish, ces enfoirés arboreront un petit sourire satisfait pendant qu’on se demandera encore où est-ce qu’on a rangé notre cravate, PUTAIN DE DIEU. N’empêche que moi, j’aurai pris mon pied sur Tiny&Big : Grandpa’s Leftovers et pas eux. Parce que chez Black Pants Game Studio, on a compris que les esprits bordéliques et les empileurs de l’impossible avaient eux aussi droit à leur jeu. Jenga motherfucker, Jenga.

Bon, encore une intro à mettre sur mon ardoise titrée « Syndrome d’Asperger ». Contrebalançons, vite. Tiny&Big, c’est qui c’est quoi ? La première production des indés de Black Pants Game Studio, qui bricolaient leur prototype depuis quelques années tout de même, les coquins. Et pour cause : T&B est un 3D platformer où tout est question de physique. L’ami Tiny – notre héros technophile – se trimballe armé d’un rayon laser, d’un grappin et d’un lance-fusées qui lui serviront respectivement à trancher, tracter et propulser des morceaux de décor pour pouvoir se frayer un chemin et franchir les nombreux obstacles sur sa route. Et. C’est. Tout. Pas d’ennemis à dégommer ni de wallruns, quelques achievements d’exploration pour les curieux et vogue la galère.

Forcément, pour les esprits carrés discutés plus haut – les gens chiants, donc – le gameplay de Tiny&Big pourra goûter comme un plat sans sel : rares sont les puzzles qui ne proposent pas une solution évidente, exécutable sans bavure et 100% rasoir. Sacrilège, amis gamers, car ce qu’il vous faudra faire en vérité, c’est embarquer votre petit Jiminy Crickett en pleine overdose de sucre avec vous. Et lui faire confiance à chaque fois qu’il sautillera partout en proposant de trancher ce gigantesque machin en deux, d’en lancer une moitié en l’air et de voir où ça vous mène. Alors bien sûr, on finit parfois avec un obélisque haut de quinze mètres joliment carré en travers de la margoulette, ou entrainé dans une chute idiote après avoir coupé le pont sur lequel on se tenait… Mais c’est à ce prix dérisoire – et le plus souvent hilarant – que T&B révèle son plein potentiel : quand emporté par l’euphorie du laser, on reprend ses esprits devant un décor émincé en fines tranches et qu’on se lance dans les échaffaudages les plus improbables pour s’en sortir.
Pardon ? Pourquoi ce périple ? Eh bien parce qu’on vous a volé le slip magique de votre grand-père, tout simplement. Via cet odieux larcin, votre frère Big s’est attribué des pouvoirs télékinétiques qui vont grandissant et qu’il n’hésitera pas à utiliser pour mettre assez de distance entre vous. Un pitch aussi lapidaire que nawak donc, au service d’un petit jeu qui a de la gueule, avec sa DA mêlant griffonages et cellshading des famillles, le tout régulièrement envahi par d’immenses onomatopées visuelles ponctuant vos bêtises. Même la profondeur de champ ridicule contribue à donner à l’ensemble un petit look aplati plutôt charmant, assez proche de la bande dessinée ou du paperwork.

Mais ce qui frappe et re-frappe continuelement tout au long de l’aventure, c’est le soin apporté à la sélection musicale, regroupement de titres indés oscillants entre desert rock hypnotique, funk psyché et autres friandises LSD-proof. En résulte un groove loufoque mais homogène sur lequel n’aurait pas certainement craché un Terry Gilliam, par exemple. Conscients de la qualité de leur mixtape, les mecs de chez Black Pants ont d’ailleurs eu la chouette idée de dissimuler les différents tracks sous forme de cassette dans la pampa, forçant les mélomanes à un peu plus d’exploration s’ils désirent enrichir la playlist ingame. Et ça fonctionne.
En plus de son charme intrinsèque , Tiny&Big trimballe dans sa besace de quoi ravir les amoureux de jolie physique et d’expériences originales, malgré une balade désespérément courte. Deux heures de jeu – un peu plus si vous la jouez créatif – c’est certes peu, mais rappelons que tous les ressors de gameplay sont assimilés en moins de trente secondes : plus long et l’on se serait ennuyé à coup sûr. Rien n’empêchera les conquis de refaire une seconde passe, histoire de collecter tous les morceaux de l’OST et de décrocher les achievements débiles concoctés par les rigolos de chez Black Pants. Il y a quelque chose de différent chez ces gens-là, un goût du bel univers, un respect des oreilles ainsi qu’une culture du n’importe quoi qui me plaisent. Et qui devraient faire éclore d’autres belles choses, bientôt. Touchons du bois. Tout plein tout plein de bois.
Tiny&Big: Grandpa’s Leftovers, Windows/Mac/Linux
Dispo sur Steam, GoG et Amazon.
Deux ans après avoir bouclé sa saga fondatrice Runaway, les madrilènes de Pendulo Studios nous reviennent avec un point & click au titre bien mystérieux. Ayant plié les trois Runaways avec une application et une ferveur grandissante d’épisode en épisode, je dois confesser que j’attendais un peu Pendulo au tournant : allais-je devoir me refarcir les bourdes d’une nouvelle franchise balbutiante ? Ou les gars de Pendulo allaient-ils capitaliser sur leurs acquis pour décoller pour de bon ? Parce que les énigmes à tiroir mal branlées de Runaway premier du nom, non merci Jeannine, je suis replet. Alors c’est quoi, »The Next Big Thing » ?
Soirée de gala dans l’Hollywood années 40 alternatif de The Next Big Thing : tout le gratin des abominations du cinéma d’horreur est de sortie pour une remise de prix façons Oscars… Ici, point d’acteurs et de grimages complexes : les monstres existent bel et bien et ont vu dans le cinéma de genre un moyen de s’intégrer parmi les humains. Ce prodige, ils le doivent à la toute puissante société de production MKO et à Fitzrandolph, son tout-puissant (et écailleux) dirigeant. Puisqu’une mise en place n’est rien sans son élément perturbateur, ce magnat du grand écran a décidé d’annoncer un changement drastique de direction de ses productions : au revoir l’horreur, bonjour les comédies familiales et musicales. La nouvelle n’est évidemment absolument pas du goût de nos monstrueux acteurs, qui s’en vont découvrir les raisons d’un tel revirement de situation. Et l’Oscar du pitch loufoque est attribué à … ?
Tutututu, j’ai pas fini ! C’est seulement là que débarque notre duo de héros, deux journalistes que tout oppose et à qui l’on a confié la délicate tâche de couvrir la cérémonie. A ma gauche, Dan Murray, journaliste sportif bourru et misogyne, déchu de sa chronique pour d’obscures raisons et de ce fait peu enclin à se mêler aux mascarades people. A ma droite, Liz Allaire, reporter complètement à côté de ses pompes, souffrant de graves troubles de la concentration et d’un dédoublement de personnalité plus que certain. En clair : LE coup de coeur, LA bonne idée de ce duo. La blondinette cause toute seule, devine les réponses de ses interlocuteurs et calme ses accès de stress en récitant une suite de chiffres façon Lost. Et ce n’est là qu’un rapide survol de son potentiel comique : ses répliques sont ciselées, jonglant entre l’absurde et le cinglant, à tel point que chaque séquence où je contrôlais Dan me faisait l’effet d’un entracte avant le retour de Liz. J’ai vite pris mon parti d’y voir des occasions de me détendre les zygomatiques, deux muscles qu’aucune production Pendulo n’avait tant fait bosser jusqu’alors. Bon point, donc. Au bout de trois, y aura une image.
Notre duo bien secoué se retrouve ainsi témoin du cambriolage du bureau de Fitzrandolph par Big Albert – la créature de Frankenstein de service – et décide de mener l’enquête. Eh, journalisme ! Bien qu’assez légère dans sa complexité, l’intrigue déroulée par la suite donnera lieu à bien assez de rencontres et de situations loufoques pour se faire pardonner. Aider un poète masochiste à trouver l’inspiration en lui administrant les tortures les plus douloureuses, survivre aux charmes d’une prêtresse égyptienne qui s’entoure de robots prolétaires à l’accent bolchevik, plonger au coeur de la pysché de Liz mise en image, entre névroses et joyeux foutoir… Autant de mises en places toujours plus décalées, mélangeant les codes du cinéma de genre avec pléthore de références bien senties (pour celles que j’aurais su repérer… car quand je dis pléthore, c’est vraiment « pléthore ») et de rencontres loufoques. Petits coups de coeur pour Edgar, le Nosferatu has been né trop près d’une centrale nucléaire et Phil, le robot jardinier dépressif dont chaque réplique donne des envies de cul sec à la liqueur de bromure.
On l’aura compris : The Next Big Thing fait mouche d’un point de vue de l’humour, largement plus que Runaway à mon sens. Ce ressenti n’est malheureusement pas transposable à la qualité et la régularité des énigmes que propose le titre. Une trop grosse moitié des puzzles souffre d’une résolution linéaire : une fois tous les bons objets collectés, il suffira de les appliquer à un seul et même élément pour débloquer la situation. Les puzzles restants placent la barre un poil plus haut, non pas dans des combinaisons loufoques d’objets, mais plus dans une manie vicelarde de brouiller les pistes et de paraître plus compliqués qu’ils ne le sont. Exception faîte d’une ou deux situations, le jeu ne m’aura pas opposé de gros challenge ni fait fondre la cafetière. Le tout n’en reste pas moins inventif et agréable à parcourir. Comme ta maman.
Côté mirettes, Pendulo donne encore et toujours dans le cell-shading d’esthète et passe à la HD. C’est dopé aux couleurs, les lumières sont travaillées et j’ai apprécié les jolis efforts de mise en scène de certaines cutscenes. Alors bien entendu, si tu vomissais le cell-shading et l’aspect illustratif de Runaway par gallons, va falloir te préparer à perdre du poids : on est dans une évolution pure et simple du moteur. Te voilà prévenue, chère petite personne sans goût. Côté noreilles, le doublage anglais jongle avec les accents autrichiens, irlandais, transylvaniens, c’est fait avec subtilité et on dit merci. Musicalement, j’ai pris une petite taloche tant je n’attendais rien de particulier, n’ayant jamais eu le tympan séduit outre-mesure par la saga Runaway. Montez le son, appréciez le soin apporté aux musiques d’ambiance qui viennent grossir la longue liste de références : tangos morbides, crincrins de films d’épouvantes, etc.
Est-ce que The Next Big Thing capitalise sur toute l’expérience acquise par Pendulos Studios sur Runaway ? Pas tout à fait. Le titre l’emporte haut – très haut – la main sur les terrains de l’humour et du charme intrinsèque, grâce à l’excellente écriture des dialogues et au soin particulier apporté au personnage de Liz. En revanche, l’irrégularité des challenges proposés ainsi que leur classicisme dénote légèrement de ce qu’avait accompli le développeur avec A Twist of Fate. Une fois la comparaison interrompue, The Next Big Thing c’est huit heures (en comptant large) d’une aventure barrée et écrite avec soin qui pourrait bien vous rappeler que les occasions de rire franchement devant un point & click se font de plus en plus rares. C’était très sympa monsieur Pendulo, maintenant gogo second épisode, z’avez le champ libre a priori… Pour un peu que Telltale continue de creuser…
Tout d’abord, je voudrais faire suite à mon précédent post et vous remercier pour vos nombreux messages de soutien, à base de « Erf sry pour toi mec, la mienne marche toujours LOLOLOLOL, kthxbye ». C’était sympa… I dislike you all.
Ce matin je ne me suis pas réveillé avec larmes et cacas de nez séchés sur les joues, c’était donc un matin placé sous le signe de la perplexitude : c’était donc ça, le deuil ? Six jours à convulser en position foetale sur le lino ? Pas de Macadamia Nut Brittle par seaux de 10L ? Pas de coffret DVD « The Great Fuckin’ Hugh Grant Anthology » ?
Déception ? Un peu, quand même.
Ca confirme cependant cette merveilleuse phrase de John Hammond, ce faux sosie de Robert Hue, qui disait « La vie trouve toujours un chemin… »
Alors ?!… Comme phrase qui pue la classe pour chopper, ça se pose là nah ? De rien, faites en bon usage. Mais faites croquer quand même, juste un peu !
En fait lecteur, je te fais tout plein de salamalek dans tes oreilles parce que j’ai un peu honte de t’avouer que j’ai déjà une nouvelle maîtresse. Elle est toute noire, toute en aluminium… Bon ok, c’est pas « elle », c’est « il »… Oui je suis un peu à voile et à vapeur, problem ? Bref il est noir, il est plutôt sportif et il gère les mégabits comme un dieu, tellement c’est un Pentium 9000 dedans. Appelons le « Luc ».
Mais comme dans tout come-back sur une plateforme, j’ai rapidement fini submergé par les nouvelles sorties, les « non non ! joues d’abord à celui là, c’est la base » et les envies de réinstaller de vieux classiques pour les voir tourner comme une horloge suisse romande.
J’ai donc décidé de soumettre ma to-play-list à l’impitoyable Vox Populi. Alors oui, comme ça on se croirait en plein coliséum…
Mais on sait tous très bien qu’en fait il n’y a que cinq ou six pelés en toge assis au fond et moi avec un drap-housse en bandoulière pour faire genre. Jouez le jeu, faites le pour mon deuil… *quel enfoiré*
Bon, donc : de cette honorable liste, quelles propositions valent le coup que je lâche Battlefield BC2 ?
A vos crayons de bois les petits foufous !
Tant que j’y pense : Mafia II n’est pas dans la liste, c’est très probablement parce que je suis entrain de le boucler en cet exact moment. Peut être même que j’en causerai sous peu… Vous l’avez lu ici en premier.
Hello. Hello.
Follow me. Ok.