
Ici chez le Grand Blond avec un Joystick Noir, on se tient droit dans nos pompes pour le nouveau journalisme 2.0, tahvu. Si faut tester du jeu de garage, le truc qui débarque sur les étals quand tout le monde regarde ailleurs – comme un non remaniement ministériel – on répond présent. Je dis “on”, je pourrais dire “je” hein, mais ça claque un peu plus. Et puis je suis une bande de jeunes à moi tout seul, tu connais la suite.
Et soudain, James Bond 007 : Bloodstone. Avec un titre que tu croirais que c’est un hack N slash heroïc fantasy, mais en fait non. Un jeu James Bond sans son film, une faible lueur d’espoir. On se dit que sans impératif de sortie coordonnée, le studio a su prendre son temps et mettre du cœur dans le bouzin. On se dit de ces choses parfois.
Si l’on en croit la note d’intention des développeurs, Bloodstone est un concentré d’action pur et dur, échanges de tirs nourris, filles aux beaux châssis et poursuites haletantes à l’appui. Si l’on en croit les quelques heures de ma vie que je ne récupèrerai jamais, c’est un TPS mou du genoux qui propose de dégommer des vagues d’ennemis d’un œil, en dormant de l’autre. Si tu es taquin, tu pourras également entrer dans une pièce, te planquer, descendre un gus et attendre tranquillement que les autres viennent voir d’où vient le tir. De là, tu pourras sortir des neutralisations au corps à corps bien foutues les potes, genre huit fois de suite, sans changer de cachette. L’IA est comme ça, elle est sympa.
Comme un désastre n’arrive jamais seul, James ne part pas en mission sans son smartphone. Un appareil sans lequel le serviteur de Sa Majesté ne connait pas sa gauche de sa droite ni ne sait repérer un élément interactif, genre une échelle. Un chef d’œuvre de technologie qui repère les ennemis à travers les murs, sans afficher leur silhouette ni leur distance, mais un simple marqueur flottant dans le décor. Un dispositif démoniaque, qu’il faudra dégainer pour utiliser. Du coup 007 passe pour un gros con de touriste, à visiter des centrales pétrochimiques, arc-bouté sur son iMachin comme s’il cherchait son chemin métro République. Seriously people, minimap ?
Alala, heureusement que j’ai apporté mon téléphone !
Modéliser Daniel Craig en troidé, ça ne doit pas être bien compliqué. Je veux dire, le type se trimballe un faciès polygonal dans la vraie vie, déjà, ça aide. Les mecs de Bizarre Creations (too many jokes…) ont carrément transcendé le matos de base, en greffant quelques caractéristiques tout droit issues du paléolithique ça et là. On hérite donc du héros de la Guerre du Feu en costard Tom Ford et du coup, on est ravi. Que dire enfin du boulot incroyable abattu par le type qui s’est occupé des textures. Comment ne pas être pris de nostalgie devant cet hommage aux grands classiques des années 90 : ce minimalisme a la limite de la pauvreté, cette inégalité qui tient le joueur en haleine. Tant de maestria. Big up au stagiaire, donc.
J’aurais voulu dire un mot sur cette belle preuve d’ouverture, celle d’avoir fait confiance aux studios AB productions pour gérer le doublage français. Mais j’ai peur de m’emporter en fait…
On notera en guise de conclusion que Bloodstone est l’une des dernières expériences vidéoludiques terrestres où l’on aura l’occasion de s’enfuir d’une usine en flammes, encouragé par une voix féminine robotisée annonçant “Alerte, explosion imminente”. Je vois déjà certains regards embués par la nostalgie. A bien des égards, le jeu nous rappelle que le retrogaming, ce n’est pas sale. Je propose donc qu’il soit officiellement rebaptisé “James Bond 007 : Timemachine”. Nah, sérieux : si Ian Fleming avait connu les jeux vidéo et s’il en avait eu quelque chose à carrer, il friserait les 800 tours/minute dans son cercueil en hêtre. Facile.
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En bonux lessive, le générique d’intro du jeu, vibrant hommage à mon Petit Poney et Princesse Starla.
Mais aouch ! Arrêtez de me lancer des objets contondants maintenant ! Je sais que je prends toujours mon temps pour écrire un test ! Le truc c’est que j’aime bien retourner un peu le jeu dans tous les sens avant d’en parler ici. Et puis comme ça vous avez une sorte d’assurance : si je faisais ça pour resortir plus souvent sur Google, j’aurai ficellé un flash-test à mi parcours ou un vidéo-test démo, comme Alexandre du Canada français. Mais faut me comprendre : je suis un insoumis, un peu. Un chevalier noir de la lolosphère, qui publie à son rythme par anticonformisme épidermique et par amour du beau texte ! Ou alors… je suis un beau branleu… NAH. Nah nah, oubliez, je préfère la première version.
De la sortie du jeu jusqu’à aujourd’hui, vous avez forcémment eu le temps de lire que Mafia 2 divisait pas mal l’opinion. C’est vrai qu’en ce moment, sur les forums qu traitent du sujet c’est un peu “un troll acheté, douze offerts”. C’est d’ailleurs la raison première qui m’a poussé à m’accrocher jusqu’à la fin du jeu avant d’émettre mon humble avis sur la question…
Le lecteur averti remarquera qu’en utilisant judicieusement le terme “m’accrocher” je fournis un premier indice sur mon ressenti. Trève de suspens !
Commençons par enfoncer les portes ouvertes : non, Mafia II n’est pas un “ersatz de GTA” et ceux qui invoquent cela en tant que raison numero uno de leur vindicte se sont juste fourvoyés tous seuls comme des grands. Mafia et GTA partagent une caméra à la 3ème personne, un espace urbain ouvert, des véhicules ET C’EST TOUT. J’attire l’attention des jurés sur le fait que, jamais, oh grand jamais, mon client n’a essayé de se faire passer pour un jeu dit ”bac à sable”. En revanche, mon client a effectivement cherché à se vendre comme une production vidéoludique aux accents hollywoodiens…
Au lancement du jeu, la rétine envoie immédiatement l’info au cortex : “Sapristi de bordel à chie, c’est super beau”. La ville d’Empire Bay est une sorte de New York à cheval entre les 40′s et les 50′s du plus bel effet. Les usines cotoient les premiers gratte-ciel, les liquor stores et les quartiers populaires dans un réalisme sobre et esthétique. La modélisation des persos est superbe, chose appréciable surtout dans les cutscenes de dialogues : les plans serrés combinés aux expressions faciales soignées oeuvrent puissance 1000 sur le capital sympathie du héros et de ses compadres.
Côté ambiance, le feeling rétro est un vrai régal : grosse recherche dans les modèles de voitures, brassage multiculturel génialement retranscrit par les doublages (VO, en tout cas) et ces autoradios qui crachent du Buddy Holly et du John Lee Hooker… Ca marche juste super bien…
… mais soudain, mesdames et messieurs les jurés, c’est le drame. C’est en effet tout ce que j’ai à dire d’agréable à propos de Mafia II. Enfin presque.
Le scénario vous met dans la peau de Vito Scaletta, américain d’origienne italienne de retour au pays après 4 ans passés à combattre dans l’Italie de Mussolini. Il a besoin d’argent et il ne sait rien faire mieux que tenir un calibre. A partir de là, le scénario arbore fièrement tous les lieux communs autour de la cosa nostra sans trop se fouler. On aura parfois la bonne surprise d’un twist pas trop vilain, mais ça reste globalement assez plat. Là où je n’arrive plus du tout à suivre, c’est ce système de missions articulées en “jours” : Vito est réveillé par son téléphone, décroche et se voit enjoindre de rejoindre un point A. On s’habille, on remplit la mission, on rentre se coucher pour déclencher le chapitre suivant. Et rebelotte. ALL THE FUCKIN’ WAY. T’imagines, lecteur, t’es réveillé chaque matin soit par ton téléphone, soit pas ta sonnette ? Moi je pense que je pète un boulard, je sors en slip et je serine un enfant, pour l’exemple. Si encore les missions donnaient dans l’original et dans l’épique… mais non, dans la majorité des cas, c’est tout mou, tout déjà vu.

Côté prise en main, deux poids deux mesures : les gunfights sont précis, nerveux et super jouissifs (un système de couverture réussi,dis donc) mais une fois le séant posé dans une voiture, c’est la fête aux moteurs poussifs, aux comportements improbables et aux envies de meutre. Dommage, surtout lorsque l’on passe les 3/5 du jeu à conduire d’un point A à un point B. Encore plus dommage lorsque l’on découvre qu’une collision faciale vous envoie direct devant Saint-Pierre. ENCORE PLUS DOMMAGE quand on se prend un carton en rentrant de 25 minutes de mission et que le checkpoint le plus proche, c’était… bin…il y a 25 minutes…
Cette petite suite (il)logique est applicable à bien des siuations dans Mafia II, tant et si bien qu’on se retrouve dans un système proche du die & retry cruel. J’ai peut-être deux mains gauches mais j’ai du m’y reprendre à deux fois minimum pour chaque mission, 80% du temps sans trop voir la légitimité de la sentence. Je déçèrne la palme à ce retour de mission avec une barre de vie au minimum, où les forces de l’ordre repèrent ma plaque à environ 300 mètres et s’en viennent me désouder joyeusement devant ma porte de garage. Les mêmes flics que j’avais dépassé au carrefour précédent sans affoler la moindre sirène…
Mal équilibré ? Oui.
Tout au long des 12 heures de jeu proposées par ce Mafia 2, je n’aurai eu de cesse que de m’émerveiller devant le sens des priorités des gens de chez 2K Czech. On a droit à un souci du détail bluffant sur certains points, complètement gâché par des lacunes proches de l’amateurisme crasse. Exemple : Une voiture oubliée queques heures sous la neige sera recouverte d’une poudreuse du plus bel effet, mais un compagnon qui galère à rejoindre le siège passager finira par y être téléporté comme par magie… Oui, comme à l’époque des objets qui disparaissaient miraculeusement des mains des persos… oh wait… ça aussi, ça arrive.
Mafia II c’est un peu comme une belle Buick Skylark 1953 rutilante à laquelle on aurait enlevé les roues, juste pour rire. On est bien assis, c’est beau, c’est confort, “Mais où est-ce qu’on va bien pouvoir aller avec ça ?”. A force d’essayer de tirer sur la corde hollywoodienne, le jeu en oublierait presque d’avoir un intérêt ludique. Presque, car si vous n’êtes regardant ni sur les détails ni sur l’investissement “temps”, ses 12 heures de durée de vie recèlent un ou deux petits moments sympathiques. Mais sympathiques hein, pas ouf’ malade.
“Ouaaaaaiis, même que à ce qui paraît, y aura Dolph Lundgren, Mickey Rourke, Bruce Willis, Jean-Claude Van Damme, Schwarzy et tout ! Il est même en discussions avec Chuck Norris à ce qui se dit, et Wesley Snipes. ET STEVEN SEAGAL, MÊME ! Y aura aussi Joe Dassin, les New Kids on the Block, ma tante Martine et cinq mariachis. Bref ça va être un truc de MALADE !”
Allez, ne mentez pas : une conversation comme celle-là, si vous attendiez un peu The Expendables, vous en avez forcémment eu une. Ou pas bien loin ! En annonçant son film revival de l’actioner old school, Sylvester Stallone créait une sorte de boîte à fantasme pour tous les enfants des 80’s, moi y compris. Malgré un casting pas mal amaigri par rapport aux premières rumeurs (et les confirmations de simples caméos) je m’étais promis de passer par la case “salle obscure”, au moins par respect pour mon chiard intérieur.
Le pitch :
Sly et ses copines mercenaires sont tellement over 9000 qu’ils choisissent leurs missions selon que ça a l’air coolos sur place ou pas. Mickey Rourke reçoit un coup de fil qui dit “Viendez sur notre île, on va vous déchirer gratos”. Je résume mais c’est dans l’esprit : un dictateur avec l’accent de Zorro, des plantations de coca, des opprimés, toussa. Sly se dit “là les louloutes, y a vraiment moyen de se faire un road trip entre copains”. Bam ! 700 kilos de testostérone entassés dans l’Expend-Avion, direction l’enfer. Bien entendu, c’est Sly qui pilote, faut quand même pas déconner. Je suis à quelques circonvolutions scénaristiques prêt, mais on tient là la substantifique moelle de l’œuvre.
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Je sais, j’ai l’air grinçant sur le pitch. Mais non en fait, on ne va pas tirer sur l’ambulance : si tu vas voir un film de Stallone, t’éteins ton cerveau en même temps que ton téléphone, ils le disent pendant les pubs. Enfin y a bien eu Rocky 1 et Rambo 1 qui étaient un peu léchés de ce côté, rendons à César, mais là c’est sans équivoque. Alors si Madame est plutôt Almodovar, on se fait une faveur, on y va avec un coupain.

Au programme du film, de l’action bourrine, des répliques salées entre deux baffes de forains et quelques vaines tentatives de nous la faire à l’envers, genre “on a beau aimer lever de la fonte, on aime aussi les petits lapins”.
Niveau action, on en a pour ses brouzoufs en litres de kérosène et en milliers de cartouches, comme dans le dernier Rambo. A quelques différences prêt : ici, les mauvais génies de la mise en scène se sont soulagés sur le film, qui accumule amateurismes sur amateurismes. Le cadrage est sponsorisé par Michael J. Fox, le montage est stroboscopique et le tout donne dans la grosse purée de pois. Résultat des courses : tu crois comprendre l’action et d’un coup tu te dis “Ah tiens, je croyais que c’était Statham qui fumait des mecs, mais en fait non, c’est Stallone qui se fait démonter”… D’un point de vue lisibilité, Transformers à côté c’est un documentaire de la BBC. Sérieux.
Alors certes, c’est mal filmé, les effets spéciaux sont en bois de chauffe, mais le film ne manque pas de bonnes intentions. Comme cette remise au gout du jour des petites vannes en pleine castagne, ou ces tentatives d’osmose humoristique entre des gros tatoués. Ca fonctionne à peu prêt, à condition de tolérer les dialogues écrits sur un coin de nappe au resto thaï du quartier… et de se laisser porter par la nostalgie.

Et c’est là le maitre mot de The Expendables, la nostalgie. Entre des scènes d’action souvent moyennes, Stallone donne dans le très gros fan-service qui bave. Schwarzy et Willis courrent le cacheton le temps d’une scène (ultra fun, mais quasi entière dans le trailer) et Rourke doit avoir moins de 8 minutes de présence dans le cadre. Même Jet Li n’a pas trop l’air de savoir ce qu’il fait là : “Allo Jet ? Tu veux jouer dans mon film ? T’auras une scène de tatane mal filmée et ensuite on fera plein de blagues sur les jaunes ! Tu dis quoi ?”
Cet Expendables aurait relevé du direct-to-dvd si Stallone n’avait pas aligné une énorme brochette de vieux briscards au casting. La seule manière d’en ressortir un tant soi peu satisfait sera de le voir comme une farce bien préparée. Pourtant, à l’occasion de trop rares fulgurances, le film trouve parfois un équilibre entre bourrinage, mise en scène pas trop dégueu et bon esprit old school. Et là… bin on kiffe. De manière coupable, mais on kiffe quand même. Avec un tel casting, on était en droit de fantasmer sur le film d’action ultime… A la place, on écope d’une usine à fan-service un peu poussive, parfois pas loin de basculer dans le buddy movie avec des grenades dedans. Dommage… ou pas, selon vos attentes.
Ah non vraiment, je suis pas peu fier de ma titraille. Le jeu de mot est actuel, digeste et élégant. On sent la recherche créative acharnée… Hm ? Pardon ? Ouais bon ok, j’ai peut-être un peu pompé la campagne d’affichage. Ach, ché souis témasqué. Faut pas m’en vouloir : la première fois que je l’ai lue, j’ai ressenti une telle affection pour le concepteur/rédacteur qui a pondu cette fumante roucasserie…Tu comprends lecteur, je n’ai su résister. En tant que grand Imperator du lolilol de bas étage, je ne pouvais que la faire mienne. Bref. As usual je parle trop. Auto-shut-the-fuck-up.
Le pitch :
Woody, Buzz l’Eclair et toute leur clique de jouets se voient confrontés à ce qui devait bien finir par arriver, le départ d’Andy pour l’université. Leur retraite forcée les amène à rejoindre d’autres jouets à la crèche du quartier, où ils sont accueillis à bras ouverts par les jouets résidents. L’endroit n’a malheureusement de paradisiaque que l’apparence…
Je n’ai pas vraiment envie de décortiquer Toy Story 3 comme j’ai décortiqué Inception. Le film ne s’y prette pas. Non non non. Mes biens chers frères, mes biens chères soeurs, aujourd’hui j’ai envie de parler à votre petit garnement intérieur. Celui qui démembrait les barbies de sa cousine et donnait les petites pièces de Polly Pockets à manger à Médor. Le même qui chérissait ses Tortues Ninja plus que tout. Et aux petites princesses à diadèmes qui défendaient leurs Barbies becs et ongles contre les cousins barbares et leurs jouets semeurs de destruction.
Ca y est ? Vous êtes en condition ? Comment ça “non” ? Aha, c’est pas si facile hein ? On est des grands machins pleins de problèmes, pleins de stress, toussa toussa. L’insouciance c’était avant ?! C’est-y pas malheureux…
Rien que pour ça, il faut aller voir Toy Story 3. Pas parceque c’est la grande plongée psyché dans nos années geignardes, mais juste parceque l’on reconnecte avec des petits bouts de nous qu’on aurait presque occultés, bougres de cons qu’on est.

Le coup des jouets qui luttent pour exister aux yeux de leur propriétaire, c’est effectivement la troisième fois qu’on nous le fait. Mais cet opus se démarque par l’arrivée d’Andy au véritable âge adulte. On se souvient de notre premier vide grenier, quand on a vendu nos vieux jouets pour se payer une chaîne-hifi ou des Reebok. On pensait pas à mal, vraiment. Mais on les a quand même lourdés en chemin nos vieux compagnons. Pixar leur rend ici un dernier hommage : on ne manquera pas de croiser au fil de l’aventure des classiques universels du jouet, des babioles qu’on a forcémment eu entre les mains, et qu’on retrouve à l’état de retraités aigris et résignés. C’est bête à dire, mais la seule apparition de mon téléphone à roulettes, c’était une putain de madeleine de Proust, et ça m’a presque fait le film. Dix contre un qu’il pourrait bien vous arriver la même chose.

A part ça, c’est toujours plus beau, toujours plus fun. Le studio de Lasseter nous gratifie de quelques passages cultissimes et étoffe le crew de quelques jouets (l’excellent duo Ken/Barbie, lolesques à souhait et Big Baby, mon coup de coeur glauque) qui apportent un vent de fraîcheur fort agréable.
Toy Story 3, comme les précédents opus, est à considérer en marge de la filmographie récente des studios Pixar. Sans être un chef d’oeuvre, c’est un excellent divertissement, avec un sujet qui dispose d’un fort potentiel à créer l’empathie. Moins universel qu’un Wall-E, plus dépendant de l’âme d’enfant de chacuns, mais assurément très drôle et truffé de bonnes idées. J’ai ri, j’ai larmiché, j’ai retrouvé de vieux potes, j’ai eu plus que ce que je n’étais venu chercher.

Voilà, il a bien encaissé le garçon. Maintenant il est temps d’en parler.
Je n’ai jamais vraiment caché mon admiration pour l’oeuvre de Nolan, Memento et The Dark Knight figurants assez haut dans mes films préférés. J’ai même déja étalé ma presque-fanboyite aigue en ces lieux. Puis la hype est arrivée de Nouvelle-Angleterre, les critiques dythirambiques par dizaines, le “film de la décennie”, toussa. J’en ai presque pris peur. Petit Papa Nolan, pardon d’avoir douté !
Pitch :
Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.

Commençons cette review par la fin : Inception est une bombe. C’est l’oeuvre la plus intelligente et la plus travaillée que j’ai pu voir au cours de ces dix dernières années. Chris Nolan nous propose rien moins qu’un film si audacieux qu’aucun modèle en vigueur ne saurait lui correspondre. Qu’il s’agisse d’écriture ou de narration, le réalisateur du Dark Knight brise les codes à tour de bras et permet à Inception d’entrer dans le cercle fermé des expériences cinématographiques. Un classique instantané, qu’on adorera très probablement, ou qu’on détestera si l’on reste hermétique à l’expérience. Un rollercoaster qui représente à lui tout seul une nouvelle manière d’écrire une histoire, de la raconter et d’y impliquer le spectateur. “Si fin juillet t’as pas vu Inception, t’as râté ta vie” me dit-on dans l’oreillette.
Voilà, vous disposez de l’essence de ce post, la suite consiste en un développement qui se tiendra le plus éloigné possible du spoil. Et seriously, c’est genre méga tendu de rien vous dire !
Contrairement à ce qu’on pouvait imaginer, le film n’emprunte à Matrix ou à Dark City que des miettes d’idées, autour desquelles il batit un univers complètement original. La filiation est là, mais jamais on ne nous sert de réchauffé. L’appréhension de l’expérience est d’autant plus agréable que toutes les bande-annonces et tous les pitchs du monde n’auront dévoilé qu’un pauvre centième du produit fini. Et quel produit fini ! Le film est un bijou de narration, où les ambiances et les rythmes s’imbriquent, se ré-imbriquent et cohabitent dans une osmose hallucinante.

Le tout est rendu possible par une excellente réflexion autour du rêve et de ses codes : la mémoire que l’on en conserve, sa construction narrative, les projections qu’on y placera, l’arythmie entre temps réel et temps du rêve, la profondeur d’un rêve… Autant de notions abstraites, mais finalement assez humaines pour que le film n’ai pas à nous gratifier des habituels speech scientifico-philosophiques fumants (ça c’est pour ta demie heure de palabres, Matrix Reloaded) Le scénario est bluffant d’intelligence et de cohérence. Cela faisait longtemps que les malices d’un scénariste ne m’avaient pas fait autant écarquiller les mirettes.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : sur un socle qui pourrait le couper du grand public, Nolan érige ensuite un blockbuster extrêmement bien calibré. C’est d’ailleurs un tour de force que d’avoir su garder le cap pour livrer un “film d’action dans le monde du rêve” comme le réalisateur le qualifie. La pression monte crescendo, se permettant même des passages d’introspection dans la psyché des héros, sans pour autant sacrifier au rythme général. Le dernier tiers du film offre une fuite en avant haletante qui ne laissera aucun répit au spectateur. Au programme, quelques moments de bravoure intenses, servis par une belle dynamique dans les plans de caméra et des ralentis toujours pertinents. Mention spéciale à la scène de gravité zéro qui a d’ores et déja tout d’une référence.

En mur porteur de ce film noir onirique, Di Caprio rempile avec brio dans un rôle de héros aux prises avec la réalité, plus humain et vulnérable encore que dans Shutter Island. Double de coeur du héros, Marion Cotillard assure son personnage d’ombre mélancolique avec beaucoup de justesse (grosse surprise pour moi). Ils portent ensemble une histoire d’amour complètement inédite au cinéma. Comme pour TDK, Nolan aime ses acteurs et le fait savoir : ici point de têtes d’affiches et de second rôles à la limite du caméo, mais une vraie équipe. Une chance pour des acteurs comme Ellen Page et Joseph Gordon-Levitt de donner tout ce qu’ils ont pour cette première collaboration avec le réalisateur.
Côté musique, Hans Zimmer fait un boulot d’orfèvre, avec une problématique pas simple : un film multi-rythme. Je m’explique : l’action se sépare entre rêve et réalité, voire d’avantage. Le montage fais honneur à ces dimensions multiples en sautant sans cesse d’un univers à l’autre : on passe parfois de l’action soutenue au calme plat. Zimmer a pondu des partos qui suivent le tout, et matchent toutes les ambiances, sans cuts ni artifices. Bluffant. Daddy Z still got some moves !

Tu re-voudrais la conclusion maintenant lecteur ? Bin tu remontes comme un grand avec le petit ascenceur à droite de la fenêtre. Attention à pas taper le plafond quand même.

Comme beaucoup, j’ai accueilli l’annonce d’une adaptation ciné de L’Agence Tous Risques avec un lever de sourcil incrédule assorti d’un “Gné ?”. Je considère la série comme le porte étendard de ce que les années 80 ont fait de plus easy d’un point de vue fusillades en champ/contre-champ et humour potache. C’était sympa hein, je dis pas. Mais une remise au goût du jour ? Did. Not. Believe.
Après un trailer qui sentait fort le nanar en carton plume, j’avais déjà la main dans ma poche intérieure, mes doigts tripotant ma “Veto” card. Et puis les bonnes gens de Twitter m’ont mis le pied à l’étrier. Quelques bons retours sont tombés et je me suis laissé tenter, tel l’être hautement influençable que je suis.
Le film démarre sur la rencontre musclée des quatre héros, au détour d’une mission d’exfiltration au Mexique. Le ton est immédiatement posé : ça se castagne, ça explose aux quatre vents et ça balance de l’humour entre deux rafales de Kalashnikov. Sans cesse le film nous rappelle à l’ordre : l’Agence Tous Risques ne se prend pas au sérieux, c’est simplement l’adaptation badass d’une série 50% actions / 50% déconne.

L’équilibre est préservé dans le film, et heureusement, car la suite n’est qu’une escalade de scènes d’actions plus décomplexées et over the top les unes que les autres. Etant pour ma part très bon public, je me suis délecté de chacun de ces moments de bravoure avec le sourire d’un gosse. Pourtant, même mon enthousiasme légendaire n’aura pas suffit face à la séquence finale, tellement what-the-fuck que certains friseront à coup sur la nausée.

Au beau milieu de cette orgie numérique, quatre garçons dans le vent. Quatre acteurs sur qui repose la lourde tâche de recréer l’alchimie qui donnait son panache à la série. La mayonnaise est bel et bien là, et c’est sûrement l’argument numéro un du film : Liam “Release the Kraken” Neeson remonte dans mon estime avec un Hannibal über-classe et Bradley Cooper confirme qu’en matière de belle gueule calibrée humour, il est clairement tout en haut du panier. Mais la surprise du film reste Sharlto Copley (District 9) qui compose un Looping complètement vrillé et attachant, qu’on en voudrait comme coupain pour les longs dimanches pluvieux. Quinton “The Rampage” Jackson (mais la classe du nom quoi !) se voit refiler LE rôle emblématique de la série mais il galère un peu à s’en dépêtrer. Résultat : Barracuda est plus “gros nounours” que “mec vénère”. Et sans chaînes en or, c’te blasphème.
Côté scénario, c’est sans surprise : on prend un pitch simpliste, on appose deux trois twists pas trop trop gros, et on envoie à l’impression. Le tout reste bardé de clichés parfois bas du front (l’amitié virile entre US Rangers, l’honneur, la violence légitime, le rôle féminin pour justifier la kiss-scene) mais on sait qu’il s’assume comme tel.

L’Agence Tous Risques repose sur deux piliers que sont ses acteurs et ses scènes d’action. Si le premier reste fiable et constant tout au long du film, le second verse dans un crescendo tellement hallucinant qu’il pourrait laisser certains spectateurs sur le carreau. Comme un repas chez belle-maman : j’ai apprécié chaque plat, hein belle maman, mais là il est 16H30 et voyez-vous belle maman, j’ai juste l’impression d’avoir bu un seau de mousse expansée. Voilà, c’est ça :
♫ L’Agence Tous Risques, c’est vraiment, comme un repas, chez ta belle-maman… ♫