slide_mgs

Les vacances France-Loisirs

Aug 10, 2010
Un commentaire

Bang bang j’reviens sur le devant de la blogosphère planétaire avec un bronzage à faire pâlir Marc Dacascos. Nah… j’ai surtout découvert que la crème solaire indice 50, ça fait pas bronzer, enfait. N’est pas le Grand Blond qui veut en même temps ! Qui peut se vanter de pouvoir chopper un coup de soleil sous un arbre en octobre, sinon votre serviteur huh ?

Mais est-ce bien là l’important me diras-tu cher lecteur ?! Et tu auras raison de m’invectiver de ta véhémente interrogative (c’est dur à lire, c’est fait pour)

L’important c’est pas les 40°c, les pastel de natas, la pèche aux gardons ou les portugaises en bikini. Meuh non, l’important c’est les pixels, les bédés, le webLOL, la vie quoi. Donc on reprend le rythme d’avant, on se laisse pas corrompre. LE MENTAL. On s’inquiète pas, je suis gonflé à blocs depuis que je suis de retour dans la ville qui sent sous les aisselles. Oui parce que contrairement aux idées reçues, Paris ça sent vachement plus sous les aisselles que le Portugal. Mais ça les enfants, c’est une autre histoire !

Et si on parlait lectures cool ? Je dis “cool” comme je pourrais dire “avec des images”, j’ai un peu de mal quand c’est que des trucs écrits tout petit. Comme je m’en targuais précédemment, je suis parti le backpack chargé d’histoires illustrées en tous genres :


—————————————
Scott Pilgrim :


Je commence super original, c’est un peu la lecture fashion-geek de l’été paraît-il. Parfois les trucs over-hypés, je rechigne super longtemps à m’y mettre, ça finit très souvent en zappage intégral. On pourrait me taxer d’aigri culturel, de mec qui se la raconte, mais tu me connais lecteur, je suis un Oui-Oui, c’est rare que je fasse mon Non-Non. Alors c’est surement un mécanisme inconscient pour pas être déçu, plus que du snobisme.
N’empêche, là j’ai bien fait d’écouter la foule parce que Scott Pilgrim, c’est de la boulette mes petits. Bryan Lee O’Malley digère une flopée d’univers comme je les
<3 (comics, manga, gaming, ciné, rock’n roll…) il ajoute trois cuillers d’absurdes, un demi-sachet de dialogues géniaux et il lie le tout avec de vraies belles questions sur la vie, l’amitié, l’amour et le désamour. Une fois la pâte prête, il découpe ça en petits tomes super bien ficelés, il y planque des petits cadeaux bonus… Et il te sert une pâtisserie complexe, un millefeuille qui se décortique, qui fait rire puis réfléchir. J’ai bouffé les cinq premiers, le sixième est commandé, je vais attendre le paquet Amazon, assis en tailleur devant ma porte.

L’adaptation ciné est pour fin octobre, donc c’est le moment ou jamais pour découvrir le matériau original dans les meilleures conditions. Et v’là le trailer du film, pour motiver les chouineurs du fond. Si j’peux rendre service !

C’est réalisé par Edgar Wright, à qui l’on doit Hot Fuzz et Shaun of the Dead. Donc en toute logique ça devrait poutrer des petits lapins.

—————————————
Walking Dead :

Ha ! Incroyable ! Je parle de Shaun of the Dead, un film de zombies et PAF, juste derrière on se retrouve comme par hasard à parler d’une BD de zombies. A croire que ce blog est écrit par quelqu’un qui connait ses connecteurs logiques sur le bout des doigts ! Un bachelier très certainement.

Allez… l’Internet entier peut me cracher des petits glaviots sur le front, je n’avais jamais ouvert un Walking Dead avant cet été. Le tome 11 est sorti et moi je débarque comme une fleur avec le N°1 et j’essaie de vous vendre du rêve. Oui mais avant j’étais pauvre, c’est ainsi.

Toujours est-il que j’ai vraiment bien accroché à cette histoire de zombie, qui démarre pourtant de manière très classique.  Le dessin noir et blanc de Tony Moore et Charlie Adlard y est pour beaucoup : c’est dynamique, expressif et quand ça doit trancher, ça tranche sévère. Le tome 1 ne permet que de découvrir l’habituelle équipe de survivants et leurs bagages passés plus ou moins pourris. Mais vu le cliffhanger final et la longévité de la série, je survalide. Pareil, quatre tomes commandés histoire de ne pas rester sur ma faim.

—————————————
All Star Batman & Robin – The Boy Wonder :


Comme le veut mon mantra en matière d’achat de comics : n découvertes & 1 Batman. C’est une règle, c’est comme ça, c’est mon assurance qualité pour jamais rentrer les mains vides.

All Star Batman & Robin donc, s’attache à revisiter l’histoire iconique de Batman, en dehors de tout lien avec la chronologie DC. Une excellente idée, également appliquée avec succès à la saga Superman d’ailleurs.
Ce tome 1 se focus sur la naissance du premier Robin, le jeune Dick Grayson, le tout passée à la moulinette Frank Miller, avec Jim Lee au dessin. Ca présageait donc d’une version mature voire dark, avec un traitement graphique tout en triceps surgonflés.

Pour le coup, Miller bouscule pas mal les codes : le Chevalier Noir kiffe jouer les psychotiques, se complait dans le sadisme et frise les limites de son code d’honneur. Un peu comme si on mixait Marv de Sin City et l’homme chauve-souris. Forcément, cet angle d’attaque rend la relation Batman/Robin beaucoup moins lisse et naturelle. Du coup j’attend impatiemment la suite. Ce Batman badass est à la fois jouissif et déroutant, tant l’auteur frise parfois le borderline : l’image de justicier prendra un petit coup dans la cape pour certains. Je le classerai quand même dans les must-read, rien que pour ce face à face Batman/Green Lantern bien drôle, où l’on sent Miller un brin moqueur au sujet de l’homme en vert.

A noter qu’en 2008, la série All Star Batman & Robin a été suspendue pendant environ deux ans. Miller et Lee ont annoncé en avril dernier qu’ils reprendraient le travail en février 2011. Une suite est donc sur les rails.


Voilà pour notre quart d’heure France Loisir les petiots. A votre tour maintenant de me vendre vos lectures estivales dans les commentaires, j’ajouterai ça à ma prochaine commande !


Ah oui, au fait ! Tant que je vous tiens, je voulais vous montrer la photo totem de mes vacances. Je plante le décor : petite balade à Porto, en simple badaud, je cherche des trucs super typiques à rapporter. C’est donc tout naturellement que je pénètre dans un magasin d’articles tibétains… Logique.
Et là qui-c’est-pas-que-j’aperçois ?

Hulk a trouvé la sérénité. Tout le monde dit “bravo Hulk”.

[Critique] Kick-Ass kicked my ass !

May 3, 2010
Pas de commentaires.

D’avance pardon pour cette titraille tout droit sortie du hall of shame des titres de blogpost. Honnètement je ne voyais pas de meilleure manière pour décrire ma session ciné de mardi dernier.
J’aime les super-héros, j’adorerai en être un. Et vous aussi. Que celui qui n’a jamais rêvé de superpouvoirs, de gadgets à 8000€ le shuriken et de moments épiques me jette la première Spider-Cagoule…

Quand j’étais jeune, tous les superpouvoirs m’auraient plu, même le corps élastique bien ridicule du Dr. Fantastic. Mais avec la prise de bouteille, je suis beaucoup plus clients de héros ancrés dans une presque réalité, Batman et Iron Man en tête. Finalement, j’y ai bien réfléchi, j’aurai pu être Batman ! J’ai juste pas le compte en banque du père Wayne. Pas nés sous la même étoile…

C’est d’un constat plus ou moins similaire que part l’anti-héros de Kick-Ass, bien calé au fond de sa routine lycée/youporn/comics (dans l’ordre ou non) :
“Qu’est ce qui m’empêche de devenir justicier ? Rien en fait…”

Et c’est ainsi qu’il s’en va corriger du malfrat tout de combinaison de plongée vétu. Et c’est l’engrenage, le hasard, une vidéo Youtube (excellente utilisation de la référence au passage) la célébrité, les ennemis, sa rencontre avec d’autres supers.. et notre rencontre avec celle qui bouleversera cette séance de ciné : Chloé Grace Moretz, jeune actrice de 13 ans qui devrait - passez moi l’expression - tout déchirer dans les années à venir. Elle incarne Hit-Girl, petite tornade violette garçon manquée, insouciante et meurtrière, dont chaque apparition est une scène culte.

C’est simple, moi Chloé Grace Moretz, je suis bien chaud pour l’adopter, mais c’est sa mère qui n’est pas motivée motivée. Donc voilà, d’ici une dizaine d’années, si l’actrice continue sur cette lancée, elle devrait finir égérie pour geeks, façon Kristen Bell.
Fin de la grosse parenthèse Hit-Girl, même si c’est révélateur du coefficient de crevage d’écran de la môme.

Kick-Ass est un film qui surprend par la difficulté que l’on aurait à le faire entrer dans une case : ce n’est pas un teenmovie ni une comédie, pas un film de super-héros ni une parodie d’ailleurs. C’est un cocktail panaché de références, de fricottage avec les genres, qui joue avec nos repères, avec comme colonne vertébrale un parti pris ultraviolent décomplexé. En cela, le film de Matthew Vaughn a selon moi des petits airs de Tarantino : les membres volent et les artères se vident sur fond de pop-music naïve, de répliques salées et d’humour bien noir. Parfois le réalisateur impose de vrais moments de tension dans ce cadre pourtant loufoque, puis relache la pression en nous offrant un cliché sur un plateau… pour mieux nous prendre à revers à nouveau. Jouissif. D’autant plus jouissif qu’il n’a pas sa créativité dans sa poche lorsqu’il s’agit de filmer l’action. En flirtant avec les limites et en ne s’interdisant rien, il donne à ces scènes une fraîcheur et une puissance surprenante. Je ne pensais vraiment pas voir l’une des meilleures scènes d’action de ces dernières années dans Kick-Ass. Et pourtant. J’ai pris une belle gifle de cow-boy.

Un casting plutôt très bon, du anti-héros parfaitement humain et gauche jusqu’à un Nicolas Cage dont on a même pas envie de se moquer (ça ne m’étais pas arrivé depuis longtemps), et puis Chloé Grace Moretz, qui écrase tout le monde, de très loin, d’une pichenette de gamine.

Je terminerai comme j’aime à le faire, en parlant musique. D’abord… John Murphy à la direction musicale, je faisais des petits sauts de joie. Le monsieur a quand même pondu les BO de Sunshine et de 28 Days/Weeks Later, qui sont dans mon top des BO intemporelles. Plutôt que de composer une identité musicale super-héroïque pour le métrage, le compositeur fait dans l’auto-pillage intelligent. On retrouve donc Surface of the Sun (Sunshine) et Leaving England (28 Weeks Later) soit les deux meilleures pistes de chaque BO, plaquées sur des scènes d’action déja cultes. Le tout est secondé par des titres de Prodigy, Morricone ou Elvis (ça fait rêver). Certains crieront à la fainéantise, moi j’ai crié au génie. D’abord parceque c’est contre toute attente super homogène mais aussi parceque ça colle parfaitement avec l’idée du cocktail multigenre à tendance nerd. Et les fans de BO taperont leur petit frisson de connaisseurs.

Kick-Ass est ma grosse claque de l’année 2010, sans commune mesure. Un film à la fois violent à souhait mais tout en subtilité, avec des références conservées à l’état de bonus, donc qui le laissent très accessible. Et Hit-Girl, qui justifierai à elle seule un second opus. Courrez-y diantrebleu, c’est du bon ! C’est tellement dommage que le film soit marketé comme un teen-movie alors qu’il n’admet enfait aucune étiquette. La majeure partie des spectateurs des salles obscures risque de passer à côté de quelque chose d’énorme, au profit de notre chef d’oeuvre à la française, j’ai nommé Camping 2.

Cher lecteur, tu la vois là l’urgence d’aller voir ce film, ce soir même, puis d’en parler à ta famille, tes potes, ton chien ? Now move !