Ici chez le Grand Blond avec un Joystick Noir, on se tient droit dans nos pompes pour le nouveau journalisme 2.0, tahvu. Si faut tester du jeu de garage, le truc qui débarque sur les étals quand tout le monde regarde ailleurs – comme un non remaniement ministériel – on répond présent. Je dis « on », je pourrais dire « je » hein, mais ça claque un peu plus. Et puis je suis une bande de jeunes à moi tout seul, tu connais la suite.
Et soudain, James Bond 007 : Bloodstone. Avec un titre que tu croirais que c’est un hack N slash heroïc fantasy, mais en fait non. Un jeu James Bond sans son film, une faible lueur d’espoir. On se dit que sans impératif de sortie coordonnée, le studio a su prendre son temps et mettre du cœur dans le bouzin. On se dit de ces choses parfois.
Si l’on en croit la note d’intention des développeurs, Bloodstone est un concentré d’action pur et dur, échanges de tirs nourris, filles aux beaux châssis et poursuites haletantes à l’appui. Si l’on en croit les quelques heures de ma vie que je ne récupèrerai jamais, c’est un TPS mou du genoux qui propose de dégommer des vagues d’ennemis d’un œil, en dormant de l’autre. Si tu es taquin, tu pourras également entrer dans une pièce, te planquer, descendre un gus et attendre tranquillement que les autres viennent voir d’où vient le tir. De là, tu pourras sortir des neutralisations au corps à corps bien foutues les potes, genre huit fois de suite, sans changer de cachette. L’IA est comme ça, elle est sympa.
Comme un désastre n’arrive jamais seul, James ne part pas en mission sans son smartphone. Un appareil sans lequel le serviteur de Sa Majesté ne connait pas sa gauche de sa droite ni ne sait repérer un élément interactif, genre une échelle. Un chef d’œuvre de technologie qui repère les ennemis à travers les murs, sans afficher leur silhouette ni leur distance, mais un simple marqueur flottant dans le décor. Un dispositif démoniaque, qu’il faudra dégainer pour utiliser. Du coup 007 passe pour un gros con de touriste, à visiter des centrales pétrochimiques, arc-bouté sur son iMachin comme s’il cherchait son chemin métro République. Seriously people, minimap ?
Alala, heureusement que j’ai apporté mon téléphone !
Modéliser Daniel Craig en troidé, ça ne doit pas être bien compliqué. Je veux dire, le type se trimballe un faciès polygonal dans la vraie vie, déjà, ça aide. Les mecs de Bizarre Creations (too many jokes…) ont carrément transcendé le matos de base, en greffant quelques caractéristiques tout droit issues du paléolithique ça et là. On hérite donc du héros de la Guerre du Feu en costard Tom Ford et du coup, on est ravi. Que dire enfin du boulot incroyable abattu par le type qui s’est occupé des textures. Comment ne pas être pris de nostalgie devant cet hommage aux grands classiques des années 90 : ce minimalisme a la limite de la pauvreté, cette inégalité qui tient le joueur en haleine. Tant de maestria. Big up au stagiaire, donc.
J’aurais voulu dire un mot sur cette belle preuve d’ouverture, celle d’avoir fait confiance aux studios AB productions pour gérer le doublage français. Mais j’ai peur de m’emporter en fait…
On notera en guise de conclusion que Bloodstone est l’une des dernières expériences vidéoludiques terrestres où l’on aura l’occasion de s’enfuir d’une usine en flammes, encouragé par une voix féminine robotisée annonçant « Alerte, explosion imminente ». Je vois déjà certains regards embués par la nostalgie. A bien des égards, le jeu nous rappelle que le retrogaming, ce n’est pas sale. Je propose donc qu’il soit officiellement rebaptisé « James Bond 007 : Timemachine ». Nah, sérieux : si Ian Fleming avait connu les jeux vidéo et s’il en avait eu quelque chose à carrer, il friserait les 800 tours/minute dans son cercueil en hêtre. Facile.
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En bonux lessive, le générique d’intro du jeu, vibrant hommage à mon Petit Poney et Princesse Starla.
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