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Blind Test Jeux Vidéo #7

Dussé-je rappeller le concept ? Je ne le crois pas.

Bonne fin de semaine à tous. N’abusez ni des produits light ni des produits bio. Gardez toujours en tête qu’un grand verre d’huile d’arachide chaque matin éloigne le coach sportif et garde le poil brillant. N’hésitez pas à ajouter des Chocos, pour le goût.

Hugs.

[Test] Back to the Future : The Game

Je ne sais jamais vraiment comment commencer une critique. Faire un petit topo sur le développeur et ses précédentes productions ? Dépeindre mon attente fébrile dudit jeu ? Essayer de faire croire que j’ai vraiment écrit ce paragraphe en premier, alors que c’est toujours le truc que je bricole en dern…

***SHHHHHWWWWWOUUUUZZZZZIIIIIMMMMMM***
LECTEUR ! Je sais que je débarque dans un déluge de flammes et que ça en jette un max, mais tu ne dois pas paniquer. Je suis le Gautoz du futur, j’arrive tout droit de H+10 minutes très exactement. Je suis là pour te faire savoir que même si mon moi du passé – ou est-ce du présent ? –  a complètement foiré son intro, tu finiras par obtenir un avis éclairé sur un jeu à ne pas rater. Tu ne dois fermer cette page Web sous aucun prétexte d’ici là ! Tiens bon !
Une dernière chose : l’auteur de ce texte ne devra jamais rien savoir de mon intervention visant à préserver sa web-credibilité. Tu m’entends lecteur ? JAMAIS !

***SHHHHHWWWWWOUUUUZZZZZIIIIIMMMMMM***

Back To The Future : The Game – It’s about time! fait partie de ces jeux que j’ai aimés sans trop pouvoir me reposer sur un voire deux solides points forts pour étayer mon propos. Un cocktail concocté qui mélange avec talent, et en doses adéquates, ambiance, aventure, humour et fan-service.

Des arguments favorables, le jeu n’en manque clairement pas. A commencer par un travail absolument bluffant d’écriture et d’interprétation autour du duo Marty/Doc. Christopher Lloyd revient insuffler la vie au Doc que tant d’entre nous auraient voulu comme grand-père. L’incroyable A.J LoCascio mérite quant à lui tous les honneurs tant son imitation du Marty de Michael J. Fox est parfaite. Les répliques fusent en respectant la dynamique d’antan, on retrouve les gimmicks propres au duo… tout cela sur fond de reprises des thèmes du film composés à l’origine par monsieur Alan Silvestri. Fermez les yeux, tendez l’oreille : frisson assuré.

Ceci dit, rouvrez les yeux quand même, ce serait bête de passer à côté de la chouette patte graphique concoctée par les gens de Telltale pour l’occasion. On retrouve donc nos héros remaniés dans un style un brin caricatural qui, bien que susceptible d’en faire hurler certains, correspond parfaitement au ton bon enfant et familial de la série, en plus d’apporter de la force aux séquences de dialogues. Côté décor, quelques irrégularités çà et là ne sauraient gommer une impression générale clairement positive, avec notamment une ouverture sur le labo de Doc Brown emprunte d’un charme tout particulier. La prise en main est en revanche assez calamiteuse : l’inventaire est une ode aux cédéroms et on retrouve l’immonde cercle directionnel de Tales of Monkey Island. On peut s’essayer aux contrôles clavier, bien sûr, mais c’est l’autoroute pour l’enfer façon Grim Fandango, donc bon. On aurait préféré un truc où tu point et où tu click… Tant pis, c’est pas bien grave.

Je ne dirai absolument rien du pitch de ce premier épisode, déjà parce que je tiens à la vie. T’es tout à fait fou lecteur, tu sais pas que ça se fait pas de raconter un BttF ? Blague à part, le scénar vient réaliser un rêve que les fans osaient à peine esquisser : une suite à la saga a priori sans réutilisation outrancière du matériau original, donc respectueuse du mythe. La collaboration entre Telltale et Bob Gale, co-auteur de la saga, ne se ressent d’ailleurs pas que dans la qualité du scénario : le jeu est également truffé de clins d’oeil judicieux aux films. Qu’il s’agisse de l’intitulé d’une enseigne dans Hill Valley, d’une phrase reprise au mot près dans un contexte différent, de différentes solutions de dialogues, les nostalgiques de la trilogie originale se trouveront fort gâtés.

On a donc bien compris, BttF a l’ambiance, l’humour et les références pour lui. Quid de ses énigmes ? Eh oui, on reste dans un jeu d’aventure, arrive un moment où il faut bien causer gameplay. Le parti pris de Telltale en la matière est à la fois déroutant et justifié : des énigmes beaucoup moins complexes qu’à l’accoutumée et une volonté évidente de toucher un public plus large. Si l’idée est louable sur le papier, il en résulte trop souvent des solutions réutilisables et des réponses offertes sur un plateau. Bémol également pour de nombreux dialogues composés de faux choix de réponses, le déroulement étant le même quelle que soit l’option choisie… Aucun défi pour votre cortex donc, à l’inverse d’un Sam&Max, mais honnètement : sommes nous bien là pour ça ?

La réponse est non, bien évidemment. On achète Back to the Future : The Game pour retrouver l’un des duos marquants de notre enfance, le voir entamer une nouvelle étape de son existence et ressentir ce besoin irrépressible de manger des tartines brioche/myrtille devant son écran, en rêvassant au jour béni où l’homme inventera l’hoverboard. Nom de Zeus, une… DeLorean de Proust ? Vivement la suite.


Ludocrismas

Dec 25, 2010

Oh merde, quoi tu fais là ? Deux secondes, je pose ma tartine pain d’épices grillé/foie gras/figue, je m’essuie les paluches et je suis à toi…

Hop. Voilà. Non mais faudrait pas saloper le clavier du MacBook : c’est la machine du boulot vois-tu, je suis pas un salaud de bourgeois. Du coup, tant que je te tiens ami lecteur, laisse moi te souhaiter un Joyeux Noël. J’espère que Fat Santa est venu représenter pour tous les Lapons dans ton logis, que t’es au chaud et entouré des tiens. J’espère aussi que comme moi, tu baignes dans ta sueur après un repas de réveillon interminable, au cours duquel l’oncle Henri a insisté pour te faire goûter TOUS les blancs moelleux de sa cave. Ce que l’oncle Henri ne savait pas, c’est que j’avais déjà éclusé les réserves en bière du bar du TGV franco-allemand en guise d’apéro. On est bien Tintin, on est bien.

En tout cas, c’est super sympa d’être passé. Je te bise allègrement de ma contrée reculée et te souhaite à nouveau d’excellentes fêtes de fin d’année. Une fois de retour à la civilisation, je me fendrai très probablement d’un détail de mes nouvelles possessions à tendances nerdifiantes. Après tout, quelle meilleure occasion que Noël pour me lancer enfin dans l’unboxing vidéo ?!

Puisque je suis pas un enculeur de maman, je te propose que l’on se quitte sur un spoiler musical d’un des présents surcités :


AHA ! Comme je viens de te caser un faux blind test de Noël ! Fierté, un peu.

Nam Nam

Woah bâtard, comme c’est fourbe un Vietcong ! Sans dec’, la vitesse à laquelle ça te transforme une verdoyante colline en forteresse sur trois niveaux : impressionnant ! Mais le truc tout confort tu vois, pas la cabane de romanos… Et pendant que toi, con de Yankee, tu galères à franchir la colline 137, en face ça déguste des jus de fruits frais allongés dans des transats. Le prototype même de la raclure, le Vietcong. Puis faut dire que le climat aide pas : 100 mètres de sprint et tu transpires comme une péripatéticienne à l’église dis donc ! Ah non vraiment, c’est sympa comme tout le Vietnam, mais faut y aller hors saison…

Et oui lecteur, t’as tout compris : les gens biens de chez Dice viennent de lacher leur nouveau bébé dans la nature. Le petit Battlefield Bad Company 2 : Vietnam a pointé le bout de son nez samedi dernier sur Steam. Il envoie du très très lourd et fait déjà le bonheur de nombreux assoiffés de napalm all over ze world. Mes quelques premières heures de jeu m’ont laissé moi aussi positivement charmé par cette nouvelle mouture à l’ambiance bien ficellée. Les maps attaquent sur des briefings radiophoniques façon sixties, les autoradios des véhicules crachent du bon vieux rock bien rétro, bref on est dans le Vietnam tel qu’on nous le sert au ciné depuis trente ans et ça marche du tonnerre.

Côté level design, Dice tranche net avec les espaces ouverts et équilibrés de BFBC2. Certaines nouvelles maps ont même de quoi faire frémir les aficionados des attaques par le flanc : les couloirs assez étroits succèdent aux goulots d’étranglement et certains affrontements peuvent vite s’embourber, si tant est qu’une des équipes compte dans ses rangs trois bons snipers. Dans le même esprit, il n’est pas rare de se trouver face à un point de contrôle tout simplement imprenable si très défendu. Il faudra alors ravaler sa fierté et forcer l’ennemi à se disperser en attaquant un autre checkpoint. J’ai beau me faire ouvrir l’égo deux fois plus que dans BFBC2 (c’est dire si je me fais défoncer) je persiste, parce que Vietnam offre tout simplement des défis tout neufs. Honnêtement, que demander de plus ?

Niveau arsenal, retour aux sources avec la disparition des visées laser et autres gadgets hérités des guerres dites “propres”. A la place, dites bonjour au lance-flamme (intérêt aussi limité que sa portée, mais tellement de fun), aux pétoires bruyantes type M60 et au lance-grenade “blooper”. Petite déception cependant : Vietnam partage son système de progression avec celui du jeu original, aussi l’habitué tombera sur une gallerie d’arme entièrement disponible dès la première partie. Moi qui espérait accéder à un tout nouvel arbre de jouets rigolol à débloquer, me voilà bien contrit.

Ceci mis à part, le moteur du jeu “défonce toujours autant des culs” (copyright Mr Cafeine) et offre de belles tranches de trekking les pieds dans l’eau, ponctuées de brouillard matinal par ci, de vagues de chaleurs bien foutues les potes par là. Et on peut encore et toujours tout péter.

Allez, on dit que t’es convaincu. Maintenant tu arrêtes de lire mes conneries et tu lances Steam. On fait des grillades sur Phu Bai Valley.





Hey grand machin, Battlefield : Bad Company 2 est en promo sur Steam jusqu’à demain (21/12/10) soir : 14€ pour le meilleur FPS multi de l’annay. T’ajoutes à ça les 13€ de Vietnam et tu t’en sors à moins de 30 brouzoufs pour venir faire la fête avec nous. Tu dis quoi ?

Blind Test Jeux Vidéo #6

Dis donc toi, ça fait un peu tetra-longtemps qu’on s’est pas fait un blind test du vendreday, naon ?

Tu connais le tarif : 10 extraits de BO de jeux, les commentaires sont à toi pour les réponses. Et si tu veux pas te spoiler l’écoute, t’évites de scroller sur la copie de tes petits camarades. Je t’ai à l’oeil !

Bon week end, soyez heureux, prenez pas froid, toussa.

[test] Assassin’s Creed : Brotherhood

Le premier Assassin’s Creed m’avait laissé un vilain goût de “n’y reviens pas”. Une nouvelle franchise next gen, des qualités indéniables et un univers original, malheureusement plombés par un gameplay honteusement répétitif. Au final : trop de hype et pas assez de jeu, mais une première brique prometteuse, sur laquelle Ubisoft Montreal a su bâtir en dur, deux ans plus tard avec une suite. Ce second opus venait gommer quasiment tous les défauts de son prédécesseur et profitait de l’opération pour étoffer l’expérience via pléthore de défis et objectifs secondaires. Objectif atteint, puisque le titre est venu se hisser instantanément dans mon top 3 de l’année passée et que je me suis acharné comme un malade pour le finir à 100%. Bon, j’ai abandonné à 93, mais c’est pas le sujet !

Brotherhood débute à Rome, à l’exact moment où l’on avait laissé Ezio à la fin d’AC2 (à l’occasion d’un cliffhanger somme toute très WTFlol). La famille Borgia règne d’une main de fer sur la ville et l’ami Auditore n’est pas bien chaud pour laisser la situation s’envenimer. En même temps, le garçon est Assassin de profession et faut bien casser la croûte. Il va donc lui falloir reprendre la confrérie en main et s’entourer d’alliés de confiance pour rendre Rome à ses habitants. Côté histoire, on a là plus affaire à une seconde partie qu’à une suite : le joueur n’ayant jamais approché AC2 se retrouvera largué et restera très probablement hermétique aux enjeux du scénario. Au moins, c’est dit.

La trame principale reste très classique dans son déroulement et son découpage. A mesure qu’Ezio renforce l’influence de l’ordre, il tranche net dans les forces vives de Cesare Borgia et le prive de ses alliés. Une ascension de chaîne alimentaire des plus habituelles, accompagnée principalement par des visages connus (La Volpe, Machiavelli, Leonardo Da Vinci, le clan Auditore, etc) Comme dans le second opus, la narration se fait principalement à travers les cinématiques. Si j’étais complètement passé à côté de la tension dramatique d’AC2, j’ai ici été bluffé par la qualité de la mise en scène. Le personnage de Cesare est assurément le bad guy le plus charismatique de la série et ses apparitions sont autant d’occasions d’apprécier les efforts d’Ubi en matière d’expressions faciales et de mise en scène des dialogues.

Une fois le tutorial terminé (3-4h, comme le veut la tradition de la saga) le joueur disposera de toutes les cartes en main pour constater la vraie richesse de Brotherhood, qui ne réside que très peu dans la trame principale. La ville de Rome, finalement pas si énorme que cela (comptez quatre fois Firenze, pas plus) offre pourtant une quantité proprement hallucinante de challenges et d’à cotés séduisants. On retrouve d’abord les historiques plumes et drapeaux à dénicher (marqués sur la map, merci Ubi) les coffres aux trésors et la gestion de la réputation. Les tombeaux d’Assassins sont remplacés par les caveaux des adeptes de Romulus, qui une fois tous complétés donnent accès à la meilleure armure du jeu. Ici, les défis autrefois uniquement basés sur la grimpette ont été diversifiés et scénarisés : nettoyages de repaires, poursuites et acrobaties en tout genre au menu. Le système économique hérité d’AC2 est également mieux équilibré et on prend vite un certain plaisir à rénover la ville de Rome et à aller retirer les fruits de nos efforts à la banque du coin. Les échoppes proposent des “défis marchands” : on rassemble des listes d’objets précis (via fouilles de coffres et de cadavres) et on débloque ainsi de nouvelles possibilités d’achats.

A ces occupations périphériques s’ajoutent trois nouveaux éléments de poids. Tout d’abord, l’amitié de longue date entre Ezio et Leonardo donnera lieux à des missions spéciales au cours desquelles il faudra démanteler les armes que Da Vinci a construites sous la menace des Borgia. Ces séquences sont l’occasion de diversifier le gameplay à grands coups d’assauts épiques et de motiver notre vieil ami à améliorer l’arsenal d’Ezio. Tout bénèf, donc.

Les points d’observations de Rome sont en fait des tours érigées par les Borgia, témoins de l’influence de Cesare sur la ville. Avant de pouvoir prendre le contrôle d’un quartier, il est impératif de se débarrasser du gradé en charge et de brûler la tour. Oui mais voila : les chefs en questions sont sous haute protection et n’en ont pas beaucoup dans le calcif. A la moindre inquiétude des gardes, ils se retirent dans leurs appartements et on peut toujours s’accrocher pour tenter la poursuite Ezio-style. En résultent des moments de varappe überstratégiques, à surveiller les tours de garde en étudiant l’option d’approche la plus redoutable. Infiltration, construction complexe des assassinats, c’est juste jouissif et il était temps.

Une fois le quartier nettoyé, Ezio pourra entamer sa révolution en recrutant des novices et en les envoyant s’entraîner dans toutes l’Europe, via une interface de gestion des troupes mâtinée d’éléments RPG (level up, déblocage d’équipements, formations d’équipes). Ces troupes aguerries pourront ensuite être appelées en cours de combat, pour égorger les gêneurs à notre place ou faire pleuvoir une nuée de flèches à la demande. Redoutable. Les novices n’en restent pourtant pas moins dépendants, comme j’ai pu le constater en faisant appel à un jeune allié pour freiner mes poursuivants pendant que je filais m’abriter tel un gros lâche. Repose en paix, jeune Piétro, ton sacrifice ne sera pas oublié.

Ajoutons à cela le principe de synchronisation (une mission n’est complétée à 100% que si elle est effectuée selon des contraintes précises) et les entraînements virtuels proposés par l’Animus et on obtient un paradis pour les trophywhores de tout poil et un solo d’une richesse et d’une générosité remarquables. C’est simple : en vue 100%, la carte de Rome est si chargée qu’elle en est illisible. Il faut zoomer sur un quartier pour s’y retrouver. Si c’est pas parlant, je sais pas ce qu’il vous faut.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le travail d’Ubisoft Annecy sur le multijoueur d’ACB est lui aussi tout à fait remarquable. Transposer le principe d’anonymat et d’assassinats construits dans des arènes online, voilà qui a dû s’avérer bien complexe. Et pourtant.

On rejoint une partie, on choisit son modèle de perso et on se retrouve propulsé dans l’une des arènes du multi, entouré de centaines de copies conformes des douze avatars disponibles. On connait l’apparence de sa victime, sa position et sa proximité via une boussole. Alors on enfonce la touche de course et on débarque sur la place du village comme une furie, sautant au visage du premier faciès reconnaissable. Erreur, c’était un bot et le contrat est perdu. Notre cible tout juste perdue s’extirpe nonchalamment d’un tas de foin non loin de là, pendant qu’un écuyer se lève du banc sur lequel il se reposait, nous dépasse d’une démarche d’automate… puis nous enfonce sa lame entre les cotes. Un jeu du chat et de la souris constant qui pousse à la paranoïa, voilà ce que réserve le multi de Brotherhood. L’apprentissage et la perte des réflexes bourrins se fait dans la douleur, au rythme des humiliations répétées. Puis l’on saisit l’importance de la dissimulation et des faux semblants, on décroche nos premières spécialités (bombes de fumées, déguisement) et c’est un monde de stress qui s’ouvre à nous. Les développeurs sont allés jusqu’à insuffler des comportements erratiques aux bots (ils trottent puis remarchent, font demi tour) brouillant les repères encore un peu plus. Unique, rafraîchissant et nécessaire, le mode multi d’ACB prouve que l’expérience online peut tirer sa force de ressorts 100% nouveaux. Et c’est plutôt cool.

Les reproches que je puisse faire à Brotherhood se comptent sur les doigts d’une main de lépreux : une narration parfois trop cinématique, la conservation discutable de certains éléments hérités d’AC2 (une fois nos Assassins entrainés, les factions de courtisanes et de voleurs se révèlent obsolètes) et toujours une méta histoire qui ne prend pas en ce qui me concerne. Desmond a toujours le charisme d’une moule au court-bouillon et son destin peine à nous importer un tant soit peu. Si le cliffhanger de l’opus précédent avait fait grincer quelques dentitions, celui-ci devrait faire péter quelques maxillaires entiers. Si j’étais mauvaise langue, j’accuserais JJ Abrams d’être consultant intrigue. Si j’étais mauvaise langue, car au-delà de l’aspect scénaristique du bouzin, cette dernière séquence offre enfin du crapahutage de qualité dans la peau de Desmond, dans un environnement plutôt bluffant de beauté et de classe. Vous voyez, même dans le paragraphe de hater je termine sur une note positive. Une main de lépreux vous dis-je.

Vous l’aurez compris, Assassin’s Creed Brotherhood est un must-play absolu de l’année 2010. Une quinzaine d’heures de jeu pour le scénario principal, une bonne quarantaine d’autres pour tout boucler : le jeu fait preuve d’une richesse qui donnerait presque le vertige. J’attendais ce jeu avec un regard emprunt de méfiance, comme on appréhende un spin off un peu bâtard accompagné d’un mode multi quelque peu obscur. A la place, j’ai eu droit au meilleur jeu de la série, avec un mode multi unique en son genre. On dit merci Ubi ? On dit merci Ubi.