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Les Triplettes de Balamb

Jun 14, 2011

Je ne m’en suis jamais caché : dans l’éternel procès The World versus Final Fantasy VIII, j’ai toujours été en première ligne aux côtés de l’accusé. C’est mon opus préféré, pour une tripotée de raisons que j’ai trop souvent exposées et que je préfère aujourd’hui fédérer sous le concept unique d’Amour Vrai. Evidemment, avec un tel parti pris de plaidoirie, t’imagines bien que je suis parfaitement rompu à toutes tes techniques mesquines visant à me diagnostiquer une fanboyite, petit salaud Materiafag. Que ça ne t’empêche surtout pas de te lâcher dans les commentaires, vas-y, casse moi la bouche bad boy.

Sache cependant qu’aujourd’hui je débarque avec une frappe orbitale lourde comme une jambe de Gabe Newell sur ton argumentaire : Final Fantasy VIII proposait et propose toujours rien moins que le meilleur mini-jeu de toute la saga. C’est empirique, mais si tu y as joué, tu le sais. Tu sais à quel point il serait vain de tenter de comparer le Tetra Master de FFIX ou les ballades au Gold Saucer de FFVII à l’excellent Triple Triad. Bien entendu, le Blitzball n’a jamais existé, nous sommes d’accord.

Le Triple Triad, pour ceux du fond qui zonaient sur FIFA 2000, quoi c’est ? Imagine un jeu de cartes type bataille tout à fait classique, mais en fait non. Imagine un jeu de bataille pas du tout classique sur un plateau de trois cases par trois et qui se jouer avec des cartes à quatre valeurs. Je te fais grâce de l’explication des concepts de collectionite, de bonus élémentaires et de combos pour zapper direct au dernier chapitre : Best. Jeu dans le jeu. Ever.

SPOILER ALERT : la vidéo reprend des games particulièrement vicelardes. Loin dans le jeu, du coup.

C’est au détour d’une soyeuse Listomania dont Barre de Vie à le secret que j’ai rechoppé le virus. T’es là, tranquille sur les Internets, les doigts de pieds en botte de foin ; la seconde d’après tu donnerais tout pour retourner en 1999, c’est fou. Seulement voilà : rejouer à Triple Triad, c’était remettre le doigt dans l’engrenage FFVIII, un jeu que j’ai depuis longtemps  rangé  sur l’étagère : “Non-impôsables ou retraités only”. Ainsi débutait mon opiniatre quête d’un Triple Triad stand alone digne d’intérêt…

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FFWorld Triple Triad (stand alone PC) :

L’appli FFWTT ajoute une dimension RPG ainsi que quelques bribes de MMO au Triple Triad : compétences spéciales, nouvelles règles, XP, auction house, etc… Le soft consiste en un gros hub via lequel les joueurs peuvent se défier (avec mises en cartes ou non) débriefer via chatrooms et faire leurs emplettes. En lieu et place du jeu de carte original FFVIII, plus de 3500 cartes créées par les développeurs (FF, Senkei Densetsu, Chrono Trigger/Cross)

Les + :
- Communauté en place, toujours quelqu’un a défier
- Nouvelles règles résolument hardcore
- Animations (tournois, quizz, etc)
- Classements et statistiques
- SHUFFLE OR BOOGIE !

Les – :
- UI aux fraises
- Goodbye le charme du minigame original
- Pas de PVE (pas pratique pour les soirées mysanthropes)

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Triple Triad Advance (full web/html) :

Difficile de se faire l’avocat de cette solution full html (avec un reload par clic et un bouton refresh, ouais) qui transforme la moindre partie en torture pour l’internaute post-AOL Illimité 56k. Bien que piégés à jamais dans les années 90, les devs ont l’amour du matos original et ça se sent : le deck FFVIII se voit rejoint par des decks couvrant un gros bout de la saga, du IV jusqu’au XIII. A essayer, au moins pour le plaisir se faire rétamer par un mec possédant la carte Kefka.

Les + :
- Le cartes Final Fantasy
- Full html donc toute plateforme

Les – :
- Expérience utilisateur façon ARPAnet
- pas de SHUFFLE OR BOOGIE !!!

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Triple Triad Online (full flash) :

Je tiens mon chouchou. TTO est le tout jeune projet du frenchy Mao, manifestement morgane-croque-love de l’univers FF8. Résultat des courses : un hybride entre les grosses mécaniques PVP de FFWTT et le respect du matos original, le tout enchâssé dans une UI qui ne pique pas les yeux. Problème : la prime fraîcheur du projet rime aussi avec un serveur cruellement vide et je passe le plus clair de mon temps à farmer du Gils en PVE. ALLAY, REJOINDEZ MOI.

Les + :
- Le vrai Triple Triad
- Arènes PVE et PVP
- User friendly (decks sauvegardables, etc)
SHUFFLE OR BOOGIE !

Les – :
- Le Grand Vide, pour l’instant

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Il se murmure en outre dans les couloirs de l’Internet qu’il existe de bien jolies solutions sur consoles portables, chez ceux que nous nommons pudiquement les développeurs de logiciels brassés à la maison. J’ai pu goutter moi-même à l’un de ces brassages sur Nintendo Dihèsse et le résultat est parfait pour un petit rush de souvenirs : une chouette campagne solo qui vous fera défier tous les personnages du jeu et les dépouiller façon Las Vegas, ainsi qu’un mode duel en Wifi plutôt bien gaulé, Ô joie ! Les rapports de mes éclaireurs font par ailleurs état de saveurs similaires découvertes sur PeuSeuPeu. A tester, donc. Bien entendu, le listing ci-dessus ne saurait être exhaustif et ne couvre que les versions que j’ai su dénicher et auxquelles j’ai pu m’inscrire sans accrocs. Donc si t’as mieux dans ton escarcelle, tu fais croquer bibi, t’es gentil.

Dans l’intérêt de mes recherches (et bloguisme total oblige) je me suis vu forcé – horreur ! – de relancer le jeu original, afin d’opérer quelques comparaisons d’usages. A priori, tout est sous contrôle : je tiens le cap et je continue mes observations sans jamais laisser ces gourgandines de sirènes de la nostal… Ah… Je.. ahem… Ola dites-donc, déjà 16 heures de jeu ? Ca par exemple, comme le temps passe vite quelque fois…  Ola mais.. mais c’est déjà le CD2 que je vois dans ma console, comment… comment est-ce possible ?

Oh wait. A l’aide.

e3 2011 : #kinect #psn #nudepornstar

Ainsi s’achève mon compte rendu d’impressions pour cet E3 2011. Mhh ? Comment ça “Google ne référence pas le contenu des .jpg” ?

Oh. Flûte alors.

#Coeur : zOMT

En ce beau jeudi de l’Ascension, j’ai attrapé un coup d’soleil, un coup d’amour, un coup d’je t’aime. Tututut, j’t'arrête tout de suite : je te cause pas de l’amour papillons et jus de goyave là, non non. Je te parle d’amour vache, le truc où tu finis prognathe, la bave aux lèvres et les yeux injectés de sang à brailler “Je t’aime sale grognasse” en brandissant un couteau à pain. Oui bon, je réalise que tout cela doit te paraître un brin décousu. Perd pas le fil, je m’en vais t’expliquer.

“Décousu”… “Perd pas le fil”… Avoue : tu l’avais pas pu venir.

J’étais donc à la cueillette aux champignons assis pépère dans mon fauteuil Conforama, la truffe humide et le caleçon lâche, à la recherche d’un petit truc indélol à me mettre sous la dent. Une fois mes RSS habituels essorés jusqu’au dernier article (une recherche powered by Netvibes, ces mecs sont bons) je me trouvais furieusement bredouille (et toujours en slip). Heureusement, un habile post It laissé par mon moi d’hier me sauvait in extremis de la socialisation et des rayons de soleil. Ça disait : “zOMT”.

Populous et Plant vs Zombies sont dans un bateau. Ajoute à ça une chouette petite DA très fasheun (illustration, effets de matières) un brin d’humour, quelques power ups cocasses et PAF, ça donne un petit jeu de tower defense en scrolling horizontal plutôt prenant. En lieu et place d’une base, un totem autour duquel d’humbles adeptes génèrent moult mana en priant comme des cons. De l’est comme de l’ouest débarquent des vagues de maraudeurs, bien décidés à bouffer les femmes et violer les réserves de nourriture. En toute logique, va falloir faire chauffer la Mana Mastercard pour se défendre : des arbres ou des pièges pour ralentir les malandrins, des tanks (du soldat au golem en passant par l’ours vénère) pour monter au contact, jusqu’ici rien de foufou. En revanche le coup des indigènes kamikazes avec effets de zone et des nuages rebondissants pour dire “Miroir !” aux catapultes adverses, c’est rapidement très drôle.

Côté challenge, pas de souci à se faire : c’est retors. C’est retors comme “je ponds cet article pour décompresser après m’être fait rétamer mes morts 12 fois de suite au level 7″. Je sue comme un petit gros devant mon écran et ne j’en suis qu’à la moitié des tableaux disponibles.
En résumé : si tu aimes le tower defense,  les tambours et le ping-pong, tu files essayer zOMT. Et ne tente pas l’esquive des coupes budgétaires avec moi : le jeu est dispo gratuitement sur AdultSwim et jouable via ton explorateur internet favori. Pas. D’excuses.

Quoi j’en pense : L.A. Noire

Ouh le vilain. Ouh que je l’ai conspué ce L.A. Noire. Depuis l’annonce jusqu’aux premières reviews en passant par sa tripotée de trailers, je n’ai cessé d’être vilain avec le bébé de la Team Bondi. C’est pas ma faute m’sieur le juge, c’est lui là aussi, il voulait rien que nous montrer des cutscenes, nous parler d’interrogatoires, d’issues multiples, d’implication… M’sieur l’juge, sur la tête de ma mère j’ai cru que c’était un frangin de l’autre là…  Heavy Rain. Alors bien-sûr, j’étais méfiant tahvu. Donc ouais, je le confesse : j’ai trollé facile, j’ai même attaqué le physique… puis quand  les reviews dithyrambiques sont tombées, j’ai discrètement sorti les biftons pour en avoir le coeur net. Bin je me suis fait doucement calmer, m’sieur l’juge, j’suis pas un autre homme, mais pas loin. Comment ça “est-ce que j’ai des preuves” ?

L.A PAS JOLIE, L.A PAS MOCHE NON PLUS

J’ai beaucoup bitché sur le fameux moteur d’animations faciales du dernier Rockstar. Tout d’abord, il faut avouer que les trailers ne lui rendaient pas totalement honneur : à force de plans américains et de plans serrés sur un seul et même individu, on a rapidement tendance à chercher la petite bête plutôt que de s’imprégner de l’action. Alors alors ? Délit de sale gueule ? Clairement pas : voir un amas de polygones se mordre la lèvre, déglutir, s’indigner ou nous servir des sanglots dignes de la Natalie Portman Frowning School, ça laisse quand même bien sur le séant. Les séquences d’interpellations et d’interrogatoires en sortent sans nul doute magnifiées et largement plus captivantes. De là à affirmer que cette percée technologique permet une profondeur infinie de nuances, il n’y a qu’un pas que je me garderai bien de franchir : les regards fuyants et les tics de stress souffrent d’un léger surjeu général, probablement inhérent aux limites de la techno (et à l’absence de vie dans les yeux, évidemment). On ne va pas bouder notre plaisir : ça reste inédit, bluffant et on a enfin droit à des dialogues qui captivent autant par le visuel que par l’écriture. On n’est pas dans Lie to Me, mais on n’est pas dans Maigret. Donc on est un peu beaucoup content.

Dommage que le rendu des lumières donne envie tabasser les gens de la Team Bondi à francs coups de règle d’instituteur : quel intérêt de motion-capturer tous les seconds rôles de la Fox, d’AMC et de HBO si c’est pour éclairer le tout à l’aide de projos de stade de foot ? C’est d’une manière générale trop exposé, ça manque de relief et l’esthétique “film noir” en prend assez souvent pour son grade. Sans être rédhibitoire, ça reste gâché. Tenez, cahier de texte : pour lundi, vous me relancerez Red Dead Redemption.

Laissez moi cinq minutes avec la victime. Ahem.

Ma dernière inquiétude allait au syndrome ”la tronche de The Rock sur le corps de C3PO” (qu’elle était dérangeante ma vallée !) Un décalage trop fort entre les deux et toute l’esthétique du jeu écopait du label “Courtemanche”. Au final, les modèles de persos ont droit à des textures plutôt propres, appuyées par des animations le plus souvent cohérentes vis à vis de l’expression faciale. On découvrira même à la faveur du hasard quelques petites douceurs, comme des chouettes animations d’escaliers montés quatre à quatre et descendus avec fringance (Lara Croft serait fière) ou un héros qui ramasse son chapeau dès que les balles cessent de pleuvoir (Oh hi Indy)

L.A. TO ME

Le Los Angeles de 1947 constitue un bien joli terreau dans lequel Brendan McNamara vient planter le scénario de son jeu d’aventure (car c’est bien de cela dont il s’agit) Alors que les jeunes soldats de retour du front affluent en masse vers la Cité des Anges en quête d’une vie nouvelle, l’ombre du tristement célèbre Dahlia Noir plane et déchaine paranos et fanatiques. La classe ouvrière noie sa tristesse dans les paradis éthérés, le communisme commence à s’insinuer dans toutes les brèches et les rombières rentrent après 23h30, bref : pour le jeune blanc protestant soucieux de la Loi et de l’Ordre, c’est le gros bordel. Cole Phelps, notre alter ego à la gueule de traître, se voit promu au rang de détective et envoyé sur sa première affaire. Une enquête (unité de chapitrage dans le jeu) s’articule autour de trois gameplays : la collecte d’indices, les interrogatoires et les éventuelles échauffourées qui en découlent.

La chasse aux indices constituait probablement ma plus grosse crainte en matière de gameplay, mon cerveau étant encore meurtri par les séquences “FBI” d’Heavy Rain (“ARI commentair…. – TA GUEULE ! “) Ces phases héritées des point & click de nos grand-mères, bien qu’un brin répétitives, s’avèrent tout à fait agréable à jouer. On saluera l’utilisation judicieuse d’effets sonores en lieux et place d’un HUD disgracieux : quelques notes de piano et une vibration du pad annoncent un indice à proximité, la musique se coupe lorsque tous les éléments importants ont été découverts, etc. En revanche, le fait que l’ami Cole se tamponne le coquillart des empreintes digitales et aille foutre ses mains pleines de doigts dans tous les coins ne semble pas inquiéter vos coéquipiers. Moi si : les relevés d’empreintes existent depuis plus d’un siècle… il en est même question dans l’aventure. C’est pas sérieux agent Phelps.

Vous savez, j’arrivais d’Italie, de Turin. À l’époque, j’étais supporter de la Juventus.

Une fois les indices répertoriés dans votre petit carnet Mickey Mystère, il conviendra de filer interroger vos premiers témoins. Le mini jeu rhétorique qui en découle est l’occasion de profiter à fond du couple MotionScan/doublages d’excellence. Ici, pas de retry : accusez à tort, gobez un bobard et l’histoire suit son cours, vous privant d’éventuels indices supplémentaires. Pas de panique cependant : planter un interrogatoire donne parfois lieu à des évènements invisibles pour le détective modèle : jouez à l’instinct, c’est plus fun.  J’ai vite pris mon pied à observer mon interlocuteur entre chaque question, à la Nestor Burma ma caille. Certains seront stressés parce qu’ils mentent, d’autres par le simple fait de se faire cuisiner par un flic. Certains vous serviront la poker face du type intouchable, d’autres celle du mec allergique à l’autorité. Bien que pas toujours subtiles ni parfaites, ces boucles d’expressions ont été enregistrées pour être observées : profitez en.

Aussi vrai que Docteur House, c’est pas Mickey Mouse, le boulot de flic à L.A. n’est pas toujours un long fleuve tranquille : certains suspects ou témoins prendront la poudre d’escampette à la seule vue de votre jolie petite plaque de fouille-merde. Le jeu renoue alors (“ENFIN” hurleront certains) avec les mécaniques chères aux productions Rockstar : courses-poursuites à pied ou en voiture, échanges de tir nourris et rounds de boxe anglaise improvisés. Comme pour Red Dead Redemption, les gunfights versent désespérément dans la facilité et le seul véritable challenge réside dans la maitrise du système de couverture, clairement perfectible. Sans être fantastique, le feeling des véhicules enterre celui de Mafia 2 d’une main (pas difficile) et devient rarement un frein au plaisir, sans pour autant en procurer de pleines brouettes. Les courses poursuites à pied offrent en revanche quelques moments cocasses, entre placages à la Starsky et coups de feu en l’air pour se faire respecter.


BRLAAAP !

Une fois le dossier monté, place aux accusations et aux inculpations. En manque de preuves ? Allez-y, inculpez un potentiel innocent : ça fera plaisir à votre hiérarchie et c’est garanti sans game over… Peut-être même que vous ne saurez jamais vraiment si vous aviez tort ou raison. Vicelard ? Assurément, surtout dans les cas de confrontations entre deux suspects qui se renvoient la balle d’une pièce à l’autre. Hey m’sieur Cage, je me suis senti plus impliqué par le possible emprisonnement d’un rouquin lambda que par la vue de ton emmerdeur de Shaun mangeant une pizza froide. Je te laisse y réfléchir.

Dirigiste, L.A. Noire l’est très clairement : une enquête est le plus souvent constituée d’une ligne principale, agrémentée d’arcs courts répondants à vos éventuels échecs ou succès d’enquêteurs (un indice loupé, un lieu visité avant un autre) Il est pourtant de ces jeux au sujet desquels la linéarité n’est pas un handicap, pour un peu que les montagnes russes soient de qualité (remember Arkham Asylum) C’est le cas ici : on enchaîne les enquêtes, on se surprend à essayer de leur trouver un fil rouge avant même que le jeu ne le suggère et on s’amuse de ses théories fumeuses. Le scénario prend le temps d’installer le personnage de Phelps avant de prendre de l’ampleur mais offre d’agréables de moments de “Bon sang Milou, mais c’est bien sûr !” dans la seconde partie du jeu.

MELUN NOIRE

On s’fait chier non ?

Vacuité. C’est là le maitre mot lorsqu’on en vient à parler du Los Angeles dépeint dans L.A Noire : la ville est une immense lithographie n’offrant presque aucun autre plaisir que celui de se déplacer d’un point à un autre. Oh, on pourra bien sûr répondre aux appels radios du Central et aller régler çà et là quelques rapides affaires de troubles de la voie publique. Pour la plupart pliées en un demi chargeur de votre .45, ces séquences ont le mérite de renouer avec l’esprit décalé Rockstar et font ainsi leur petit effet. Ceci mis à part, en dehors de quelques sujets de collectionnite (voitures spéciales, plaques d’immatriculation) c’est le grand Vide. Ce complexe du faux bac à sable, le titre le partage avec feu Mafia 2. Si le défaut était grandement critiquable sur le titre de 2K Czech, j’en comprends facilement les tenants dans le cas de L.A Noire : là ou Vito était un branleur à la petite semaine perdu dans Empire City, l’agent Phelps a une hiérarchie dans le dos et une enquête criminelle devant lui. J’aurais difficilement vu Cole s’accorder le luxe d’aller se payer une paire de tongs entre deux interrogatoires ou de s’en jeter deux-trois derrière le collier dans un gourbi du coin. Los Angeles est une ville immense, un protagoniste à part entière de l’aventure dans le sens où elle est pourvoyeuse de charme, de diversité d’ambiances et d’un nombre incalculable de détraqués en tout genre. Los Angeles n’en reste pas moins une ville immense et cruellement vide. Une longue pression sur le bouton servant à embarquer dans un véhicule confiera le volant à votre coéquipier, troquant ansi l’ennui de la conduite contre un bon vieux loading des familles. Préparez vous à vous en servir. Genre beaucoup.

A l’issue de la vingtaine d’heures qui composent sa trame principale, L.A Noire me laisse le goût d’un jeu bâtard. Un bon petit bâtard, à l’image de ces chiens qui ont la gueule de rien et la gueule de tout, mais une bonne gueule quand même. Le jeu se paye le luxe d’une perçée technologique indéniable avec le MotionScan, mais reste visuellement cloué pas bien haut par un moteur un poil aux fraises et du clipping par paquets de 12. Des dialogues ciselés pour un scénario pas complètement magistral, linéaire sans être ennuyeux, le titre propose cependant une aventure mature et passionante, un cocktail d’ingrédients déjà croisés par le passé mais jamais mélangés jusqu’ici. Un jeu qui fera date pour la vraie porte qu’il ouvre pour d’autres productions futures, un titre qui essaye et qui fait mouche, malgré une jolie tripotée de défauts. Ne pas y jouer serait manquer une expérience. Allez, jouez y, puis ensuite on fera un grand feu de joie avec nos exemplaires d’Heavy Rain. Viendez, ce sera bien.


Blind Test Jeux Vidéo #10

Ca faisait un petit bout de temps, t’es pas d’accord ? En vrer j’avais commencé à tirer des plans sur la comète pour ce dixième blind test JV : de sombres histoires de beatbox, de mélodies intégralement sifflées… Mais ça demandait de s’oublier un peu et de poster sur les Internets des dossiers que mes futurs enfants m’auraient reproché un jour ou l’autre. Résultat des courses : un quiz à la régulière, mais avec toujours d’éclats de bisous et de macadamia dedans.

Allez… fais pas genre “J’ai du boulot.”
Les réponses, ça se passe dans les commentaires, aze iouzoual.

Quoi j’en pense : The Next Big Thing

Deux ans après avoir bouclé sa saga fondatrice Runaway, les madrilènes de Pendulo Studios nous reviennent avec un point & click au titre bien mystérieux. Ayant plié les trois Runaways avec une application et une ferveur grandissante d’épisode en épisode, je dois confesser que j’attendais un peu Pendulo au tournant : allais-je devoir me refarcir les bourdes d’une nouvelle franchise balbutiante ? Ou les gars de Pendulo allaient-ils capitaliser sur leurs acquis pour décoller pour de bon ? Parce que les énigmes à tiroir mal branlées de Runaway premier du nom, non merci Jeannine, je suis replet. Alors c’est quoi,  ”The Next Big Thing” ?

Soirée de gala dans l’Hollywood années 40 alternatif de The Next Big Thing : tout le gratin des abominations du cinéma d’horreur est de sortie pour une remise de prix façons Oscars… Ici, point d’acteurs et de grimages complexes : les monstres existent bel et bien et ont vu dans le cinéma de genre un moyen de s’intégrer parmi les humains. Ce prodige, ils le doivent à la toute puissante société de production MKO et à Fitzrandolph, son tout-puissant (et écailleux) dirigeant. Puisqu’une mise en place n’est rien sans son élément perturbateur,  ce magnat du grand écran a décidé d’annoncer un changement drastique de direction de ses productions : au revoir l’horreur, bonjour les comédies familiales et musicales. La nouvelle n’est évidemment absolument pas du goût de nos monstrueux acteurs, qui s’en vont découvrir les raisons d’un tel revirement de situation. Et l’Oscar du pitch loufoque est attribué à … ?

Tutututu, j’ai pas fini ! C’est seulement là que débarque notre duo de héros, deux journalistes que tout oppose et à qui l’on a confié la délicate tâche de couvrir la cérémonie. A ma gauche, Dan Murray, journaliste sportif bourru et misogyne, déchu de sa chronique pour d’obscures raisons et de ce fait peu enclin à se mêler aux mascarades people. A ma droite, Liz Allaire, reporter complètement à côté de ses pompes, souffrant de graves troubles de la concentration et d’un dédoublement de personnalité plus que certain. En clair : LE coup de coeur, LA bonne idée de ce duo. La blondinette cause toute seule, devine les réponses de ses interlocuteurs et calme ses accès de stress en récitant une suite de chiffres façon Lost. Et ce n’est là qu’un rapide survol de son potentiel comique : ses répliques sont ciselées, jonglant entre l’absurde et le cinglant, à tel point que chaque séquence où je contrôlais Dan me faisait l’effet d’un entracte avant le retour de Liz. J’ai vite pris mon parti d’y voir des occasions de me détendre les zygomatiques, deux muscles qu’aucune production Pendulo n’avait tant fait bosser  jusqu’alors. Bon point, donc. Au bout de trois, y aura une image.

Notre duo bien secoué se retrouve ainsi témoin du cambriolage du bureau de Fitzrandolph par Big Albert – la créature de Frankenstein de service – et décide de mener l’enquête. Eh, journalisme ! Bien qu’assez légère dans sa complexité, l’intrigue déroulée par la suite donnera lieu à bien assez de rencontres et de situations loufoques pour se faire pardonner. Aider un poète masochiste à trouver l’inspiration en lui administrant les tortures les plus douloureuses, survivre aux charmes d’une prêtresse égyptienne qui s’entoure de robots prolétaires à l’accent bolchevik, plonger au coeur de la pysché de Liz mise en image, entre névroses et joyeux foutoir… Autant de mises en places toujours plus décalées, mélangeant les codes du cinéma de genre avec pléthore de références bien senties (pour celles que j’aurais su repérer… car quand je dis pléthore, c’est vraiment “pléthore”) et de rencontres loufoques. Petits coups de coeur pour Edgar, le Nosferatu has been né trop près d’une centrale nucléaire et Phil, le robot jardinier dépressif dont chaque réplique donne des envies de cul sec à la liqueur de bromure.

On l’aura compris : The Next Big Thing fait mouche d’un point de vue de l’humour, largement plus que Runaway à mon sens. Ce ressenti n’est malheureusement pas transposable à la qualité et la régularité des énigmes que propose le titre. Une trop grosse moitié des puzzles souffre d’une résolution linéaire : une fois tous les bons objets collectés, il suffira de les appliquer à un seul et même élément pour débloquer la situation. Les puzzles restants placent la barre un poil plus haut, non pas dans des combinaisons loufoques d’objets, mais plus dans une manie vicelarde de brouiller les pistes et de paraître plus compliqués qu’ils ne le sont. Exception faîte d’une ou deux situations, le jeu ne m’aura pas opposé de gros challenge ni fait fondre la cafetière. Le tout n’en reste pas moins inventif et agréable à parcourir. Comme ta maman.

Côté mirettes, Pendulo donne encore et toujours dans le cell-shading d’esthète et passe à la HD. C’est dopé aux couleurs, les lumières sont travaillées et j’ai apprécié les jolis efforts de mise en scène de certaines cutscenes. Alors bien entendu, si tu vomissais le cell-shading et l’aspect illustratif de Runaway par gallons, va falloir te préparer à perdre du poids : on est dans une évolution pure et simple du moteur. Te voilà prévenue, chère petite personne sans goût. Côté noreilles, le doublage anglais jongle avec les accents autrichiens, irlandais, transylvaniens, c’est fait avec subtilité et on dit merci. Musicalement, j’ai pris une petite taloche tant je n’attendais rien de particulier, n’ayant jamais eu le tympan séduit outre-mesure par la saga Runaway. Montez le son, appréciez le soin apporté aux musiques d’ambiance qui viennent grossir la longue liste de références : tangos morbides, crincrins de films d’épouvantes, etc.

Est-ce que The Next Big Thing capitalise sur toute l’expérience acquise par Pendulos Studios sur Runaway  ? Pas tout à fait. Le titre l’emporte haut – très haut – la main sur les terrains de l’humour et du charme intrinsèque, grâce à l’excellente écriture des dialogues et au soin particulier apporté au personnage de Liz. En revanche, l’irrégularité des challenges proposés ainsi que leur classicisme dénote légèrement de ce qu’avait accompli le développeur avec A Twist of Fate. Une fois la comparaison interrompue, The Next Big Thing c’est huit heures (en comptant large) d’une aventure barrée et écrite avec soin qui pourrait bien vous rappeler que les occasions de rire franchement devant un point & click se font de plus en plus rares. C’était très sympa monsieur Pendulo, maintenant gogo second épisode, z’avez le champ libre a priori… Pour un peu que Telltale continue de creuser…