

Chose promise, chose due. Alors on arrête de taper dans le vide sous Word pour faire style “je bosse” et on se creuse les méninges. Tes réponses dans les commentaires et les moutons avertis en vaudront deux bien gardés. Bon weekend à tous. Et faisez pas trop le fou.

Ah non mais ça va hein. Tu crois que j’ai pas remarqué ? Tu crois que j’ai rien écrit ces douze derniers jours parce que j’étais trop accaparé par ma trépidante vie d’artiste des mots, à m’enquiller petit four sur petit four en revendant des goodies sur eBay ? Bah non ma grande, c’est même tout le contraire : ça fait dix jours que je gigote dans mon canapal, bien incapable de me lancer dans une nouvelle aventure. Je ne sais pas trop à quoi c’est dû, je suis tout tristoune, tout mou, tout pas motivé du clavier. Du coup je suis allé interroger la sagesse des internets sur Doctissimo et il semblerait que je sois victime d’une maladie orpheline, ce qui est un peu la putain de classe. En bon pionnier, je m’arroge donc le droit de baptiser mon mal. Papa, maman, je suis atteint de Ludoplégie.
Ca se manifeste par crises, souvent après un gros choc ou une expérience un poil trop immersive. J’ai tourné et retourné Deus Ex HR dans tous les sens, j’ai lu trop de bloc-notes, trop d’échanges d’email, trop de journaux. Bref j’ai plongé très profond très vite. Alors je sais pas trop bien comment j’ai pu ignorer la première règle dans ma remontée à la surface, mais n’empêche que j’ai zappé les paliers de décompression, comme un guignol. J’aurais dû arrêter de jouer progressivement, arranger une transition en douceur avec un autre titre fouillé, aux possibilités nombreuses, mais lequel ? Du coup, rupture brutale, j’ai dû mal dépressuriser quelque part ou je sais pas trop. En désespoir de cause, je tourne en rond, je double clique mollement sur un .exe à l’occasion, puis je reviens bien vite au bureau. Même avec ce pauvre Bastion, qui ne méritait pas un tel traitement. C’est moche. Oh mais je le vois, ton vilain rictus. T’as envie de me dire “Joue à un jeu BEAU, ça te changera” et dans l’idée tu n’auras pas tort (même si je suis pas certain d’aimer ce ton) Mais tu sais comme moi que toutes les bimbos du monde ne sauraient rivaliser avec l’une de ces maîtresses avec qui tu pouvais discuter jusq’au matin. Le bel esprit l’emporte toujours sur le bump mapping, c’est un fait. Et puis ce serait irrespectueux pour les bimbos… non non, je ne suis pas de ceux là.
Le problème c’est qu’il y a de belles choses à venir côté JV et il serait bien bête de rester bloqué ainsi. Ce qu’il me faut, c’est une parenthèse, le temps de me souvenir comment c’était avant elle, euh lui, enfin bref tu m’as compris. Je m’auto-prescris donc des sessions retro sur Hitman : Blood Money et sur Morrowind. Croisons les doigts, buvons de la soupe et attendons.
Bon pour de vrai de vrai, j’ai super pas le temps en ce moment et y a des piles de goodies de blogueur influent qui bloquent l’accès à mon clavier. Il se pourrait également que j’ai ressorti mes petits pinceaux Paintshop Pro pour offrir un petit rafraichissement au blog. S’il en ressort quelque chose de joli, j’entamerai peut-être les travaux. Et puis la rentrée vidéololique s’annonce copieuse alors bon, une petite période de jeûne, ça prépare l’organisme.
Les bisous, le bonheur. Et rendez-vous ‘dredi pour un blind test, tiens, ça t’apprendra à rester tranquille.

Ma foi, nous y sommes : terminus, tout le monde descend et souffle un grand coup. L’équipe d’Eidos Montreal a laché son potentiel messie dans la nature et s’en va prendre des vacances amplement méritées. A nous maintenant de voir si la bête tient effectivement de l’envoyé céleste ou au contraire du gourou en balsa. Drôle d’exercice, car si tu me connais, tu sais mon amour immodéré et irraisonné du premier épisode. S’il y a bien un seul lieu où j’ai accepté de brûler un cierge ces dix dernières années, c’est bien à la Chapelle du Saint-Comeback dédiée à Deus Ex. Si un jour on m’avait proposé de faire du porte-à-porte pour vendre des boites du jeu, rien ne dit que j’aurais trouvé l’idée farfelue. Tu vois un peu le topo ? L’individu malade, quoi. Du coup on va essayer de structurer un peu le truc. Tu m’excuses pour la petite tremblote, j’ai pas l’habitude de parler religion en public.
Pour les cancres du fond pour qui Deus Ex c’est juste du latin, on va la faire simple et funky : sorti en 2000, joli chamboulement du gaming sur PC grâce à son gameplay hybride complètement inédit et sa rejouabilité de dingue, adoration des fans, qui évolue subitement en culte fanatique quand sort une suite très décevante en 2004. Ca va ? Si ça coince à la digestion, je te recommande le résumé plus étoffé du camarade Mantis (et je suis désolé de t’avoir traité de cancre tout à l’heure, en vrai je t’aime bien) Depuis lors : huit années de vide pendant lesquelles les autres adeptes et moi avons inlassablement réinstallé le vieux compagnon sans jamais réussir à lui trouver une ride (alors que bon… ahem) Accessoirement, on attendait très fort la résurrection.
Imagine alors les bollocks qu’il faut avoir, quand tu t’appelles Eidos Montreal et que tu viens de naitre, pour faire un pas sous les projecteurs et dire : “Vazi nous on fait une prequel”. Je te raconte pas la réaction de Jean-Claude au présbytère, c’était indécent. Ensuite M. Eidos a rajouté “…multiplateforme” et j’ai dû confisquer l’Opinel de JC, par sécurité. Au final on a quand même gardé la foi… après un tel trailer, obligé hein.

Comme dit plus haut, les évènements dépeints dans Deus Ex HR prennent place avant ceux de Deus Ex, quinze ans plus tôt pour être précis. Exit donc les individus nano-augmentés, puisque le fameux transhumanisme n’en est qu’à ses balbutiements, plus mécaniques, plus effrayants aussi. A un instant charnière de son évolution, l’humanité se pose pas mal de questions sur sa nature même et se divise en deux camps : ceux pour qui la science peut et doit transcender l’individu et ceux qui refusent catégoriquement que l’Homme se la donne façon chimiste ascendant Dieu. Ce postulat constitue la colonne vertébrale du monde dans lequel on évolue et ouvre le champs à d’autres interrogations annexes : l’augmentation doit-elle être libre ou au contraire réglementée ? Ses implications doivent-elles être strictement médicales et sauver des vies ou aider également ceux qui désirent dépasser leur condition d’humain ? Comment rester professionnellement compétitif quand votre voisin de bureau s’est fait enchâsser un dual-core dans le crâne et abat dix fois votre quantité de travail sous Word ? Je ne cite que quelques exemples, mais ces inquiétudes sont là, partout autour de vous et viennent donner corps à un monde qui suintent la peur et la colère. L’excellente idée d’Eidos Montreal, c’est de ne pas forcément venir marteller ces thématiques via la quête principale, mais plutôt d’utiliser les side-quests et les media in-game pour véhiculer son propos : journaux, emails, bloc-notes, discussions saisies à la volée dans une ruelle, etc. Le tout vu au travers des yeux d’un mec qu’on a augmenté sans lui demander son avis, le transformant pour le coup en véritable symbole vivant de son époque. La leçon d’ambiance est clairement donnée et t’as déjà envie de plonger, avoue.
Pas de panique Jean-Claude, t’auras aussi largement ta dose de thèmes chers à la série. Ca va conspirer, manipuler la vérité et contrôler les masses, mais ça te semblera moins omniprésent que dans Deus Ex (tu vas peut-être pas croiser de mecs en noirs, mais t’en entendra quand même beaucoup parler) Le scénar pose les bases des conspirations à venir sans re-servir le même plat ultradense d’il y a dix ans : le tout reste très gris mais beaucoup plus digeste. Parfois trop : à la défaveur d’un ou deux twists scénaristiques un peu plats, tu pourras même pester un bon coup et te demander si le jeu ne te prendrait pas un peu pour un simplet. Ca n’arrive pas souvent, mais ça arrive. Le fait est que tu n’es pas là pour ça et on le sait tous les deux : t’es là pour prendre ta claque d’ambiance et déguster un gameplay aux mille saveurs. Un conseil : sors l’argenterie parce que tu vas être servi.
Que les fans se rassurent, Human Revolution n’est pas un jeu de beach-volley ; ce qui est, finalement, déjà pas mal. C’est toujours ce cocktail épicé mélangeant différents gameplays (exploration, infiltration, shoot, rpg) servi dans une vue à la première personne, avec la même liberté laissée au joueur dans la manière de le consommer. “Un problème, x solutions” reste le mantra qui fera frétiller ta créativité, donc. Comme son illustre prédécesseur, le titre permet au spécialiste du fusil d’assaut et au petit rat coutumier des conduits de ventilation de pouvoir discuter du même jeu à la récré. Mais alors : action ou infiltration et c’est marre ? Non (là je te donne une tape sur la tête, joue le jeu) c’est un gameplay à la carte et je te vois fixer la page des menus vapeurs, bête que tu es. Une fois introduit aux différents gameplay et à leurs avantages et inconvénients, va falloir commencer à faire évoluer ton corps du nouveau millénaire en sélectionnant tes premières Praxis (augmentations) et ainsi faire ta propre tambouille. Libre à toi, à ce moment précis, de booster à mort ton armure dermique en vue des imprudences à venir ou au contraire de te lancer dans une carrière de hacker. Libre à toi également de choisir de diluer l’expérience acquise entre plusieurs grandes spécialités, si t’aimes étaler ta science : tu t’y connaîtras peu, mais dans beaucoup de domaines. A chaque joueur sa manière d’utiliser les niveaux ou de s’y adapter pour en tirer l’expérience attendue. L’important réside dans l’impossibilité de finir bêtement bloqué, terrassé par tes choix passés : il y a toujours une issue, à condition d’ouvrir l’oeil.

J’aimerais pouvoir écrire que les adeptes de l’approche frontale s’amuseront autant que les ninjas invisibles, mais ça serait mentir. Si l’on aborde Deus Ex HR comme un simple shooter, on perd doublement au change : non seulement le jeu s’avère déprimant de facilité (l’IA n’est pas juste perfectible, elle est un peu conne) mais on perd également en fun et en immersion. S’éclater à surprendre les gardes, hacker toutes les portes, tous les terminaux, lire tous les emails, espionner les conversations et ne se résoudre à la fusillade qu’une fois acculé : voilà à mon sens la manière la plus noble de profiter du jeu. D’autant que la partie infiltration est probablement ce que j’ai pu expérimenter de plus fun et de plus gratifiant, Hitman Blood Money mis à part. Les neutralisations (létales ou non) sont jouissives de brutalité, le cover system est aux petits oignons et les rondes des gardes méritent une étude attentive (“coucou je fais ma ronde en jetant de petits regards par dessus-mon épaule, bisous”). Point d’orgue de l’ensemble : le level design et la direction artistique arrivent le plus souvent à créer l’illusion que l’on se joue du décor plus qu’il ne se joue de nous. Rares seront les moments où l’on se dira “Aha la jolie caisse posée au milieu de nulle part, comme par hasard.” Pour que la magie opère, il fallait des environnements à la hauteur. Les deux premières heures de jeu inquiètent, on craint les couloirs maquillés, puis on est balancé dans notre premier hub, à Detroit, et soudain tout va mieux. On repart ensuite en mission à l’extérieur, les possibilités de chemins se multiplient et on commence à prendre la pleine mesure du truc. Arrivé dans le second hub, on entame son premier brouillon de lettre d’amour aux level-designers. Immenses et vivantes, ces zones offrent à elles seules du bonheur en barre dans leur appréhension et dans leur découverte. Toits, égouts, arrière-boutiques, ruelles à clodos, cages d’ascenseurs et j’en passe, pas toujours liés à une quête mais renfermant sans doute quelque butin ou bloc-note au contenu croustillant, c’est aussi ça Deus Ex HR.

L’esprit global reste donc inchangé, mises à part quelques simplifications de forme : l’ancienne progression RPG et le système d’améliorations sont unifiés dans un seul système d’augmentations (plus besoin d’un Master 2 Smith & Wesson pour headshot un vilain, bonheur) les dégâts localisés et handicapants disparaissent au profit d’un auto-regen (arrête de hurler, j’ai pas fini) et les rois de la discrétion héritent d’un système de couverture en TPS. Côté choix d’augmentations : toutes les Praxis sont accessible dès le début et cumulables. Adios donc les choix draconiens entre course rapide et course silencieuse par exemple et bonjour vrai sentiment de puissance. Typiquement, je viens de citer ici tout ce dont avait besoin JC pour annuler sa commande Amazon avant d’assassiner femme et enfants. Alors que non, en fait : tous ces changements endommagent peu la formule initiale et permettent au contraire une meilleure lecture de l’action et des possibles pour chaque situation. En résulte un jeu plus facile que Deus Ex, même en mode hard. Contre toute attente, la chose ne m’a absolument pas dérangé, dans la mesure où le gameplay encourage l’expérimentation à grands coups d’XP et qu’il n’est pas rare de se dire : “Ok, là c’est passé comme dans du beurre, mais je suis certain de pouvoir faire plus classe, plus fou, plus border-line.” Honnêtement, en 2011, un jeu où tu recharges ta quicksave le sourire aux lèvres et pas simplement en cas de décès, moi je dis oui. Oui.
Oui également aux bonnes idées que sont les bastons sociales. Ces joutes verbales, souvent décisives, viennent ponctuer la quête principale et les quêtes secondaires, vous offrant la possibilité d’en modifier l’issue, d’ouvrir de nouvelles quêtes ou d’en apprendre plus sur le monde qui vous entoure. Sans augmentation, on est un peu perdu dans les choix rhétoriques disponibles, tant le tout est bien écrit et jamais “Bon/neutre/méchant”. Une fois l’augmentation sociale activée, on accède à une étude complète de la personnalité de notre opposant ainsi que ses points faibles et on pourra même user de phéromones pour persuader son adversaire, si l’on sent qu’on perd pied. Preuve de qualité et de finesse : le système d’expérience ne sanctionne pas ce choix de facilité, mais ça ne m’aura pas empêché de le vivre comme un véritable échec à chaque fois. Hit F8 to reload.

Là où je dis non en revanche, c’est – comme l’intégralité des joueurs – quand on vient, au milieu d’une expérience que j’ai volontairement choisie furtive et non-létale, m’obliger à l’affrontement décérébré contre un boss. On ne va pas épiloguer : en plus de ne rien avoir à foutre là, ces séquences sont nazes à se pendre et bêtement difficiles. D’autant que lesdits individus n’ont droit à aucune construction : aucun background, aucun charisme, nada. Par quatre fois on peste, on menace de tout envoyer valser, puis on y retourne, tellement c’est la minuscule tâche d’encre sur le drap de satin blanc.
Un drap immaculé certes, mais pas de fort belle facture si l’on y regarde de plus près : le moteur craint clairement (est ce quelqu’un sait qui a volé les ombres ?) les animations -surtout pendant les dialogues, au secours – sont raides comme la justice et la synchro faciale inexistante. Pire encore : les cutscenes narratives sont en CG bas de gamme et encodées en Bink, 2003 stylz. M’enfin je râle, là pour la forme, mais au bout du chemin, on ne voit qu’une chose : cette direction artistique de rêve. C’est sublime, de la paire de pompes de David Sarif jusqu’au plafonnier de son bureau. Sublime et tangible : une représentation visuelle du futur qu’on fait notre dans la seconde. Quand pour la première fois dans une vie de joueur, on s’arrête pour prendre un screenshot en se disant : “Merde, c’est trop beau, il me faut ça en wallpaper” on comprend. On comprend qu’on aime fort, au point de pardonner bien des errements. J’en place une pour l’incroyable travail de Michael McCann sur la musique, subtile et dynamique à la fois tout en restant hautement émotionnelle. Jamais nappes électro n’auront autant magnifié une vision artistique. Ca sent les récompenses en cascade sur ton faciès, cher Michael.
Deus Ex : Human Revolution débarque en 2011 avec une recette dont le gros des ingrédients a dix ans d’âge et on s’émerveille. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus ressenti une telle bouffée d’air frais, spécialement en tant que joueur PC. Le cahier des charges audacieux d’Eidos Montreal est bel et bien rempli : le peu sacrifié au multiplateforme est immédiatement occulté par la cohérence et la profondeur de l’univers, la direction artistique à tomber et la rejouabilité. Forcément, le fan de toujours frisera parfois la larme au contact des références à l’illustre ancêtre, souvent de bon goût et parfaitement distillées. Alors effectivement, on trouvera fort dommage qu’au moment d’emprunter aux jeux sortis ces dix dernières années, les développeurs aient opté pour les boss de Metal Gear Solid plutôt que pour la narration d’un Bioshock ou le character building d’un Mass Effect. On pourra aussi pleurer à voix basse un manque d’influence de nos actes sur le monde environnant. Voilà les quelques défauts qui nous feront parfois relever la tête du guidon. Certes pas toujours parfait, certes plus une réanimation qu’une Révolution, mais un irrésistible témoignage de passion, un incontournable et le très bel hommage que Deus Ex méritait. Mes enfants, j’ai longtemps espéré pouvoir écrire ceci : je suis comblé. Quelle réussite.

Dis-donc ma caille, c’est comme qui dirait la fin d’une longue attente qui se profile dans les jours à venir. Je parle pour moi hein, t’es tout à fait autorisé à faire montre d’un bon goût très limité et à te tamponner le coquillart du nouveau Deus Ex… Du coup je me suis dit : “Un petit peu de fraîcheur tiens, on va parler d’un jeu pour les petites filles, on va parler de Barbie au Bal des 12 Princesses. Eh oui, comme chacun sait, nombre sont les fillettes de 10 ans à me lire. Ce qui tombe plutôt bien, vu que j’ai aussi beaucoup de lecteurs plus âgés qui aiment se tenir au courant des goûts des petites filles. Voilà qui est mutuellement profitable (si tu es un officier de la brigade des Internets, j’espère que t’as de l’humour parce que j’ai pas d’avocat).
Barbie au Bal des 12 Princesses, donc, c’est la transposition de l’univers Barbie au royaume de Geneviève, la déclinaison aristocratique de la poupée bien connue. La princesse coule des jours heureux avec ses onze soeurs dans le chateau de son bienveillant papounet, jusqu’à l’arrivée de la vilaine Rowena. La préceptrice engagée par le roi se révèle en effet être une terrible sorc…
Détends toi, jeune geekette, je pratique ici la lolance. Hors de question que j’écrive sur un jeu Barbie là, j’arrive à peine à ignorer les flashs lumineux dans ma tête qui hurlent “VENDREDIVENDREDIVENDREDIVENDREDIVENDR”. Y avait effectivement une sombre histoire de gage d’anniversaire donné par mes amis, qui retiennent ma Collector Edition en otage jusqu’à publication d’un test de Barbie… mais j’ai décidé d’en faire fi.
“Fi !”
A vous donc, mécréants qui vouliez prendre le contrôle de ma Ligne Éditoriale : j’ai vu clair dans votre petit jeu dès les premières secondes. Ca investit sur Mattel et ça imagine (à raison) que ma notoriété sans précédent pourrait bien faire grimper l’action ? Hmm ? Vous croyez vraiment que je vais gôber vos salades de gage bon-enfant ? Vous seriez membres des Illuminatis ou du Parti Socialiste que je serais pas surpris-surpris. Vous êtes partout, je le sais, NOUS SAVONS. Ca commence par acheter les médias indépendants, ça finit par prôner le transhumanisme et racheter des pays.
Alors vous allez m’écouter attentivement : je ne mange pas de ce pain là et vos magouilles de gros sous m’en touchent une sans faire flipper l’autre. Ce qu’on va faire, c’est que je vais venir sonner chez vous avec une petite barre de fer et casser vos petit ménisques. Sauf si mon Deus Ex m’est rétrocédé sans entourloupe, cela va de soi. Des bisous.

La sortie c’est vendredi. L’année, ce sera 2027, tout sera fantastique et Adam Jensen aura des bras en carbone rutilants comme un capot d’Austin Mini.
On en reparle très bientôt (dans le cas contraire, c’est que j’aurai pas aimé, que j’aurai pas les couilles de l’écrire et que je serai en train de me petit-suicider avec une cordelette reliant mon cou et mon pénis, comme David Carradine)


Regarde dehors, ‘fait beau hein ? On se mangerait un nuage de sauterelles que je serais bof-bof surpris là. On est donc vendredi et c’est le blind test numéro 13… Maintenant regarde ton calendrier : vendredi 12. On était à ÇA de l’alignement cosmique de bâtard.
D’aucuns profiteraient de cette grisaille pour te faire deviner des chansons guillerettes façon Nintendo. Seulement je ne suis pas “d’aucuns”. Aujourd’hui je suis le Grand Emissaire de la Dépression. Et tu vas chialer, cher ami. Oh oui !
D’ailleurs j’ai doublé la longueur des extraits pour l’occasion et le tout se veut un poil moins salaud qu’à l’accoutumée. Plus de larmes et moins de hargne, normalement.
Des bécots, un excellent week-end et surtout : “Garde. La pêche.”
Tes réponses, les commentaires, le coup de foudre quoi.
Bonjour je m’appelle Gautoz et je n’ai jamais participé à un vrai jeu de rôle papier.
*Bonjouuuuur Gaauuutoz !*
Me voilà donc devant vous, confessant l’impensable. Ah si si, au vu de mon début de parcours sans fausse note, c’est bien d’impensable dont il s’agit : premier de la classe sans tricher deux trimestres de suite en CM1, j’enchaîne naturellement sur des grandes vacances passées à l’abri des UV, en compagnie d’une immense pile de Livres Dont Vous Êtes Le Héros. De là, parcours classico-classique : dispenses de sport à répétition, première OST achetée à 11 ans et engloutissement de mon premier Tolkien dans la foulée, quand je ne suis pas en plein crafting d’une épée bâtarde et d’un bouclier lourd pour carnaval. Grand-père et grand-mère se méfieront longtemps de mes activités périscolaires, brandissant l’affaire des profanations de Carpentras en guise d’épouvantail. J’en place une pour les médias français, à cause desquels je me suis trouvé contraint et forcé de refourguer tous mes bouquins DVELH et autres dés à 12 faces, car “tu comprends Gaston, tout ça ne peut finir que par une DÉCAPITATION dans la forêt au crépuscule !” Caca de taureau, dirait sans conteste l’étatsuniste.
Évidemment cette intro pompeuse à la Brett Sinclair et Danny Wilde prend fin immédiatement, dans la mesure où c’est drôle cinq minutes, mais pas plus. Et donc… tu t’imagines bien qu’une fois dépossédé de mes Défis Fantastiques et de mes Loups Solitaires, il m’a fallu prendre le maquis et trouver des alternatives. Karma m’avait encore à la bonne à l’époque, car c’est là que je l’ai rencontrée. Elle était un peu étroite et pataude. Elle sentait la sueur en dedans aussi. Mais merde, qu’est ce qu’on y était bien.
La Boutique. Le repaire secret que les nuls en course à pied se transmettent de génération en génération. A l’intérieur, un parfait alibi pour ne pas lâcher la fantasy : “Papé, mamie, je serai artiste-peintre.” Un champ de tournesols ou un régiment de Déformés du Chaos, allons allons, c’est avant tout de l’Art !
Quelques années milliers d’euros de figurines n’auront pourtant pas su me faire oublier mes velléités de rôliste, que j’ai jugulé dix années durant à grands coups de RPG sur PC. Je t’arrête tout de suite : je sais qu’aucun JV ne saurait reproduire l’expérience du vrai jeu de rôle. J’ai compris que c’était comme filer du Liptonic à Richard Virenque, mais avais-je seulement d’autres choix ? Quand j’ai laissé l’autorité parentale derrière moi, j’aurais du, en toute logique,rencontrer un groupe de rôlistes. On rencontre TOUJOURS un groupe de rôlistes pendant sa première année d’études, non ? Non.
Résultat des courses : tu pouvais encore me croiser il n’y a pas si longtemps sur le mode multijoueur de Vampire The Masquerade: Redemption, en compagnie d’autres allumés bloqués en l’an 2000. Pour les profanes, VtM faisait siens le background et les codes du jeu papier de White Wolf dans un cadre rpg-action et le multi se la donnait rôlimse, avec scénars personnalisés, éditeur de niveaux, game master et tout le toutim. Ouep, j’ai préféré zoner cinq ans sur un multi ultra limité que de passer une simple petite annonce. C’est-y-pas malheureux.
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…
…ahem…

Si tu es blonde à forte poitrine, que te trimballer un noob complet dans la pampa ne te fait pas peur, si t’es opé pour étreindre un nouvel infant dans l’univers de Vampire, si t’as besoin d’un majordome pour ta murder-party ou si t’es en pénurie de gouache pour terminer ton équipement pour la prochaine GN… même si tu comprends seulement les règles de Magic: The Gathering ou si tu joues aux pogs en mode roleplay ; en bref si toi tu n’as pas revendu ce bouquin au marché de Noël de Saint-Avold en 1997 :
Tu m’intéresses.