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Humeurs

Jean-Michel Jarre Awards 2012

fév 20, 2013
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Jean-Michel Jarre Awards 2012
Et oui. It's that time of the year again. Avec mes célèbres deux mois de retard, bien évidemment. 2012 nous en a mis plein la tronche qualitativement et vidéoludiquement parlant, c'est un fait. Chacun s'en est allé dégager son petit GOTY ou son petit top 3 des jeux de l'année, avec plus ou moins de difficulté et d'ouverture dans l'exercice. On a même vu des podiums pas seulement composés de Journey et The Walking Dead. Enfin, c'est des légendes hein, des trucs qui se racontent. Moi j'ai vu que ça. BREF, t'es pas passé par ma bicoque pour m'écouter chouiner sur une sacrée année de jeux vidéo. T'es là parce que tu sais que musicalement, c'est ici qu'on fait le bilan, comme disaient Jacky et BenJ. Et côté bande originale de JV, y a eu de la bonne cette année. De la pure. La règle de mon top est la suivante : c'est moi que j'ai décidé tout seul et ce sont obligatoirement des OST que j'ai entendues ingame. Donc viens pas râler parce que tu ne trouves pas le thème d'ouverture de The Expendables : The Game, sinon c'est calotte sur ta bouche. _______________________________________________________________________________ Catégorie "Chopin d'Avant" : FEZ / Disasterpeace Pendant que tout le Monde se disputait à grand coups de mauvaise foi pour savoir si Fez était une bombe ou une arnaque, moi je dérivais tranquille de niveau en niveau aux sons des géniales compos de monsieur Disasterpeace. Un touche à tout notoire, si l'on en croit la diversité des albums qu'il a produit ces 3 dernières années, mais aussi un mec qui ose. Un mec qui planque un superbe arrangement d'un prélude de Chopin dans l'OST de Fez. Meilleur morceau du jeu. http://www.youtube.com/watch?v=EDr2_VyYUdk _______________________________________________________________________________ Catégorie "De la coke et des putes." : Hotline Miami / Perturbator, Scattle, M O O N, Sun Araw, Jasper Byrne Aaaaah... Hotline Miami. J'avoue que c'est un peu la caution "on est tous d'accord". Mais voilà une OST hétéroclite, une mixtape de titres soit composés pour l'occase, soit piochés dans les kifs musicaux des deux créateurs, un truc hybride qui a rendu fou les joueurs et qui pourrait bien survivre au jeu dans les mémoires. La preuve : quand Dennaton Games veut hyper les joueurs sur un second épisode à venir, ils tweetent qu'ils sont en train de rassembler des nouveaux titres pour son OST. Alors effectivement, on capte bien un feeling 80's relativement commun à toutes les pistes. Mais Knock Knock.. woah... ce track pourrait rythmer l'entrée de Tony Montana dans une boîte de Miami, une Michelle Pfeiffer cokée jusqu'aux orteils à son bras. J'en ai le col pelle à tarte qui pousse. http://www.youtube.com/watch?v=3XM9eiSys98 _______________________________________________________________________________ Catégorie "La Science des Raves" : Max Payne 3 / Health Le visage des fans quand Rockstar annonce ne pas travailler avec Kärtsy Hatakka et Kimmo Kajasto (les compositeurs historiques) sur le troisième épisode : La réponse de Rockstar : http://www.youtube.com/watch?v=TiUqM0cEaUU Le retour des joueurs : On salue le boulot dingue du groupe canadien Health qui créé avec la BO de Max Payne 3 le set d'ambiance ultime. C'est parfois noir et désespéré, parfois carrément médicamenteux, puis ça s'envole dans l'action et forcerait presque le joueur à sortir de sa cachette et à prendre des risques. J'aurais pu vous poser ce morceau ci, ou encore celui-là, mais ce sera "Future" : ces nappes en résonances sur un rythme super down tempo, pour une séance de shoot perdue d'avance, c'était du génie. _______________________________________________________________________________ Catégorie "La beauté ose." : Journey / Austin Wintory Oui bah oui, hein. On allait difficilement pouvoir passer à côté de la bande originale de Journey. Ce n'est pas nouveau avec les productions thatgamecompany : la musique est au coeur de l'EXPERIENCE, comme ils disent. Et force et de constater que le retour aux affaires d'Austin Wintory après son travail sur flOw était une excellente idée. On sent que le gars n'en pouvait plus d'attendre une occasion de faire péter les rotatives à sanglots et qu'il ne lui fallait qu'un voyage visuel hors du commun pour envoyer la sauce. Coucou chef d'oeuvre. Mais attention aux spoilers quand même, ce morceau-là n'est autre que celui qui accompagne le grand final du jeu. http://www.youtube.com/watch?v=yGCy9A33S4E _______________________________________________________________________________ Catégorie "Lost In La Plancha" : Tiny & Big in Grandpa's Leftovers / Various Artists Ah, mais je vous vois rouler de vilains yeux chargés de mauvaise foi. Vous n'avez rien écouté quand je vous conseillais de jeter un oeil et une oreille sur Tiny & Big et vous vous sentez bien malins, là tout de suite. Eh bien, c'est bien fait pour vous, voilà ! Parce qu'au delà de la démo technique sympatoche toute bien emballé dans le joli cell-shading, Black Pants Studio avait particulièrement soigné sa copie côté musique. Dans cette chouette mixtape d'artistes méconnus ou oubliés, du desert rock craspouilles, des solos de flûte traversière, des accordéons dignes de la fête à neuneu et en bref tout ce qu'on aimerait écouter en tapant des acides chez Terry Gilliam pendant qu'il nous montre ses photos de vacances. Ma préférence ira au "Lusitania" de The Cromagnon Band, pour son groove absolument dantesque. http://www.youtube.com/watch?v=vsGxDelk2-8 _______________________________________________________________________________ Catégorie "Space Audity" : Faster Than Light / Ben Prunty Le saviez-vous ? "Faster Than Light, c'est GOTY". En tout cas, c'est le mien à moi et les compositions de Ben Prunty n'y sont pas tout à fait étrangères. Quand un roguelike me dépossède de trente heures de ma vie sans même me faire la grâce de se laisser terminer sans discuter, j'ai pour coutume de plonger mes enceintes dans l'évier autour de la dixième heure. Un habile réflexe d'autopréservation, peut-être. Sauf que là, non. J'écoute encore l'OST de FTL entre mes sessions de jeu et je la retrouve toujours in-game avec un plaisir intact. Tout y est, de la douceur des espaces infinies jusqu'aux bons beats gaulés pour annoncer un affrontement qui sera peut-être le dernier. On s'écoute "Milky Way" l'un de ses morceaux dont les premières notes sont souvent synonymes d'une pression sur le bouton de pause, histoire d'initier la préchauffe des canons lasers en dodelinant de la tête. http://www.youtube.com/watch?v=Jto_UIC7KjA _______________________________________________________________________________ Catégorie "On n'a pas de pétrole, mais on a des indés." : Indie Game : The Movie / Jim Guthrie Comment ça, "pas un jeu" ? C'était vendu sur Steam oui ou non ? Bon. Indie Game n'était peut-être pas le documentaire ultime sur le jeu indé qu'on attendait. Un peu trop de mélo, un peu trop de mecs tombés amoureux de leur propre légende mais une couverture du cas Super Meat Boy / Team Meat si parfaite qu'elle m'a donné envie de faire des gros calins à mon écran en espérant qu'Edmund McMillen sente jusque chez lui combien j'aimerais être son copain. Mais y avait de belles images et surtout de la belle musique. Il faut dire que quand Jim Guthrie ne fait pas son petit bizz musical de son côté, le mec a tendance à changer tous les projets de BO qu'on lui confie en massif 24 carats. Sword & Sworcery et son chapitre sur Sound Shapes sont d'ailleurs deux petites merveilles qu'il vous faut découvrir, si ce n'est pas déjà fait. Et on va s'écouter "Maybe You'll Get Some, Maybe You Won't", morceau qui symbolise à lui seul toute l'attente autour du film : il en rythmait la bande annonce. http://www.youtube.com/watch?v=NzGVtLJZczQ _______________________________________________________________________________ Catégorie "Le débit de la fin." : Mass Effect 3 / C. Mansell, S. Hulick, C. Velasco, C. Lennertz, S. Dikicyan Oh, Mass Effect 3. Je t'ai aimé autant que je t'en ai voulu et que je t'en veux encore. Pas à cause de ta fin qui nous a fait friser l'Apocalypse en avance, non non. Mais pour ne pas avoir su l'assumer jusqu'au bout et pour avoir courbé l'échine face à une génération de joueurs bien trop gâtés. Reste que tu as su déverser ton miel dans mes oreilles par galons, entre un "Mars" Carpenter-esque, l'émotion vivace suscitée par "A Future For The Krogan" et le cachetonnage de Clint Mansell, dont on retiendra évidemment ces quelques notes sur un piano à jamais associées au grand final de la saga : "An End Once And For All". Un titre à l'ironie cuisante, puisqu'en voici l'extended version. http://www.youtube.com/watch?v=WUWDm1sQIaw _______________________________________________________________________________ Catégorie "Trompettes de la Maure" : Medal of Honor : Warfighter / Ramin Djawadi Je pense avoir déjà bien assez déversé ma bile sur le crado Warfighter et ne nous mentons pas : il l'avait amplement mérité. Reste que quand EA s'est adressé à Ramin Djawadi (Iron Man, Game of Thrones) pour composer la BO de son jeu, l'éditeur n'a pas misé sur le pire des chevaux. Certes, le pauvre garçon se dépatouille comme il peut avec des séquences et des twists plus nazes les uns que les autres... mais quand il s'agit de composer le thème du menu, c'est la petite lueur d'équilibre et d'epicness qui va bien. Après, évidemment, on lance une partie et on réalise qu'on vient se faire tirer 70 euros. Mais ce n'est pas le sujet. http://www.youtube.com/watch?v=b-0NW6Snku8 _______________________________________________________________________________ Catégorie "Clef de seul" : Thomas Was Alone / David Housden Entre pignole arty et mignon platformer, Thomas Was Alone a pas mal divisé l'opinion. En même temps, l'histoire de parallélogrammes de différentes tailles et aux individualités tranchées qui devront cohabiter et s'entraider sous l'oeil rieur d'un narrateur omniscient, ça en laisse forcément deux-trois en bord de route. Vilains esprits frustes ! Si l'OST de TWA ne brille pas forcément par des sonorités nouvelles  - on sent David Housden très fan de Jim Guthrie et C418 - on est tout de même sur de la grosse saveur côté compositions, avec un enchaînement progressif tout au long de l'album. Du coup, on s'écoute la piste finale du jeu. Mini-spoil, donc. http://www.youtube.com/watch?v=hpsZaExywRk _______________________________________________________________________________ Candidat libre, option "Notre trailer a défoncé l'E3." : Dishonored Reprendre une vieille chanson irlandaise que les pêcheurs entonnaient sur leurs bateaux, réécrire les paroles à l'encre glauque, faire chanter ça à une môme sur une instru aux accents industriels : bienvenue à Dunwall. COPILOT - The Drunken Whaler _______________________________________________________________________________ Candidat libre, option "Oh le nul il pleure !" : The Walking Dead A peine le fondu au noir terminé, le joueur avec son coeur sur le bout de la langue et les yeux tout mouillés se mange les accordes de gratte et le timbre délicieusement désespéré d'Alela Diane en plein dans le buffet. C'était clairement de la triche. Alela Diane - Take Us Back

Les Carnets du Pleutre
Chap. 4 : Bons baisers de Tchernarussie

sept 26, 2012
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Les Carnets du Pleutre<br /> Chap. 4 : Bons baisers de Tchernarussie
Les Carnets du Pleutre désignent mes tribulations dans le monde de DayZ, fabuleux mod multijoueur pour ArmA 2. Catapultés avec leur chibre et leur couteau (oubliez le couteau, en fait) dans une "Tchernarussie" en proie à une vilaine grippe zombie, les joueurs devront survivre à la faim, la soif, l'appétit des infectés et la cupidité de leur prochain. Gardons le meilleur pour la fin : mourir, c'est tout perdre et reprendre le jeu ailleurs, à oilpé. Souffrant de lacunes notoires en gestion du stress ainsi qu'en tactique militaire, j'ai vu en DayZ un choix vidéo ludique aussi sain que naturel. Pour la science. Vient un moment où la flamme des débuts prend ses premiers reflets ternes et où quelques pincées de piment s’avèrent vitale et nécessaire pour un couple. Après des heures à jouer les chapardeurs d’épiceries, Saucisse et moi l’avions bien compris : on allait devoir se sortir les doigts, penser plus gros et surtout penser plus nombreux. Se trouver des amis, en somme, dans un coin où la rafale d’AK-47 vaut largement plus qu’un « Bonjour ». Oh y avait bien ce bougre qui nous avait collés au train sur quelques bornes l’autre soir. Mais après notre rencontre avec un franc-tireur à l’entrée de Хелм, pas moyen de remettre la main sur la face avant de sa boîte crânienne. Avouons-le : niveau amitié, c’était malpratique. Поляна, 14:45 ____________________________________ On vient de se dégotter un duo d'enfoirés qu'avaient pas l'air d'en être à leur première sortie sur sol putréfié. Un grand rouquin qui se fait appeler Troll et un petit brun ambiance arabisante que l'autre nomme Frawd. Le premier, prudent du genre maladif, l'autre un putain de fondu à la gâchette fébrile. Si vous croisez un mec qui rampe en chuchotant dans les fourrés aux côtés d'un autre, qui gambade totalement à découvert et qui tire à vue : c'est eux. Tu parles d'un tandem en balsa. Pourtant, allez comprendre comment, ces gens-là continuent de faire mentir la sélection naturelle. Шаховка, 15:07 ____________________________________ Depuis l'arrivée des nouveaux, Saucisse ne tient plus en place. Complètement euphorique à l'idée de transmettre sa science, il tient absolument à leur enseigner sa technique de pillage basée sur le principe de furtivité zéro. Faut dire que c'est un joli spectacle, pour sûr. Alors que notre chemin borde une grange encerclée de zombies, le v'là qui coule une bielle : "Eh eh eh, dites, je vous montre ma technique hein dites ?". Et de se mettre à détaler vers la baraque sans nous laissez le temps de répondre. Nos miches avant tout : tout le monde s'écrase dans les fougères et on le regarde faire son crâneur. Un, deux, hop, quatre zombies au cul au moment de disparaître dans la grange. Voilàààà, ça c'est mon Belge ça ! De notre planque, l'angle est parfait pour voir les Z se bousculer au portillon de la ferme et y entrer au ralenti. BANG! Un premier qui s'effondre. BANG!BANG! Deux autres tombent raides au sol. BANG! Celle-ci c'était pour le trainard du groupe. Il est fort mon pote Saucisse tout de même. J'suis sûr qu'il va revenir les poches pleines de Maltesers. BANG! Comment ça "BANG" ? D'où quoi comment ? Non mais non, y avait quatre infectés. Quatre infectés, quatre "BANG", c'est facile à calculer, je l'ai fait sans ma Casio. "Ouch... désolé vieux..." me lâche Frawd. Mais de quoi désolé ? JE NE COMPRENDS PAS ! Qu'on m'explique ! Une silhouette s'extirpe de la grange. Elle porte le pare-balle de Saucisse, la pétoire de Saucisse et le sac à dos de Saucisse. Toute la sainte panoplie, en fait. Mais ce n'est pas notre Belge. C'est un putain d'enculé de squatteur de grange, un type qui a attendu que les choses se calment avant de coller un pruneau dans la nuque de mon pote et de lui piquer ses frusques. J'm'en vais terminer ce parasite moi, tu vas voir. Troll attrape le canon de mon flingue "Non mais tire pas ducon, tu vas nous faire repérer" - Il a raison, à cette distance, un crachat de grenaille ferait plus de bruit que de dommages. Puis rien ne me dit que l'enflure n'a pas quelques camarades surarmés qui surveillent son retour. À contrecoeur, on laisse le type se faire la malle et on met le cap sur la direction opposée. Дубровка, 15:38 ____________________________________ En chemin vers l'aérodrome au nord de Tchernaruss, Troll voit se dessiner une forme incertaine au sommet d'une colline. Ça parait humanoïde certes, mais ça fonce sur nous à la vitesse d'un petit Vespa et personnellement, ça me pose problème. "Oh le con, il est en vélo". Dans un geste totalement réflexe, Frawd ponctue sa phrase d'une volée de cartouches 5.56mm en direction de notre petit Laurent Jalabert au coeur vaillant. Sans surprise, il touche au but. Instant poésie : au lieu de vaciller, la silhouette semble se déchirer par le milieu dans un brouillard de gouttelettes, comme si Frawd avait trouvé la languette d'ouverture facile. La mitrailleuse M249, un must pour toutes vos découpes et vos menus travaux. On dira ce qu'on voudra, mais fumer un innocent à la grosse munition, qui plus est un écolo à bicyclette : ça détend. Дубровка, 15:38 ____________________________________ Après quelques bornes de randonnée assaisonnée de vannes sur les cyclistes et la viande hachée, je propose une pause raviolis. On se pose au coin du feu et Laurel et Hardy en profitent pour me raconter leurs petites combines pour tenir la distance en Tchernarussie. Par exemple, comment faire d'un vilain revers de fortune une formidable occasion de se refaire et de faire croquer les copains. Morceaux choisis. À peine réincarné sur la côte, le gars Troll trouve une âme errante en train de réparer une jeep militaire. Il taille le bout de gras quelques minutes avec le type, le minimum syndical pour le laisser finir sa bricole et négocier un trajet gratis jusqu'à Kamishovo. Arrivé à bon port, le bon samaritain gare son carrosse et coupe le contact, le temps de saluer Troll. Juste assez de temps pour prendre une bastos de sniper entre les deux yeux. Troll esquisse un signe de remerciement en direction du tireur embusqué, débarque le cadavre d'un coup de ranger et prend le volant de sa tire flambant neuve. Ces mecs bossent donc en équipe et dévalisent tous les gogos un poil trop cons pour faire un tant soit peu confiance en l'être humain. J'en ai croisé des enculeurs de mamans, mais ces deux-là forcent le respect, tout de même. Je déglutis difficilement mes dernières ravioles : non pas que l'anecdote de l'autostop ghetto m'ait déplu, notez. La description du trou dans le crâne du conducteur était même plutôt rigolote. Mais tout cela m'amène à une question fondamentale : qu'est-ce que je fous encore en vie ? Après tout, Saucisse puait l'opulence à une demie-borne avec son camouflage et son sac rempli jusqu'à la gueule. Mais moi ? J'allais plus être un boulet qu'autre chose, ni équipé, ni expérimenté, ni rien. Je choisis de ne pas poser la question, de peur qu'ils ne se la soient pas posée non plus. Parait que dans dans la vie, y a ceux qui ont un flingue chargé et ceux qui creusent. J'espère juste qu'on ne me demandera pas de creuser. Sud de Красностав, 16:02 ____________________________________ Troll et Frawd ont quelques potes éparpillés sur le continent, avec qui ils échangent de petits tuyaux sur les coins à éviter ou les opportunités à saisir. C'est comme ça qu'on a été mis au courant d'un hélico de combat, apparemment écrasé à la périphérie de Гвоздно. Ni une ni deux, on s'est mis sur le coup, t'imagines bien : cracher sur du matos militaire de première bourre quand les morts se mettent à gambader la campagne, c'est pas notre genre. Hanlala, j'espère qu'il y aura des jolis treillis. J'aime bien les jolis treillis moi, je trouve ça très chasse. Гвоздно, 16:16 ____________________________________ On a enfin le crash en visuel. La carcasse gît en plein centre d'une clairière cernée de bosquets. Aux abord de l'engin, pas âme qui vive, mais une demie-douzaine de marcheurs au statut post-mortem évident. Probablement les membres d'équipage de l'hélico. Un coup de jumelles me suffit pour confirmer ma théorie : des infectés équipés en pare-balles, donc. Allons bon, c'était bien la seule attraction qui manquait dans le coin. Frawd caresse amoureusement sa M249, une flamme pré-coïtale dans le regard. Ce mec est un grand malade, mais vu l'état de nos réserves de munitions, c'est présentement le grand malade le plus providentiel qu'on puisse imaginer. Гвоздно, 16:21 ____________________________________ En progressant allongé dans les hautes herbes, on réduit aisément la distance entre le butin et nous à moins d'une dizaine de mètres. Slalomer entre les Z nous aurait d'ailleurs fait gagner quelques belles enjambées de plus. Aurait, car Troll vient de tomber nez à nez avec un rampant et s'est trouvé forcé à faire un choix : c'était soit perdre un morceau de jugulaire soit la décharge de chevrotine à bout portant. Merde, c'est bruyant, la chevrotine. Гвоздно, 16:26 ____________________________________ Woah. Cette fois on a bien failli y rester. À peine le coup parti, la meute d'infectés s'est resserrée sur nous comme un essaim de salopes d'abeilles. Les borborygmes slavifiants en plus, évidemment. Frawd a fait cracher sa pétoire à 360° en hurlant pendant qu'on gardait la tête au ras du sol. Dans la confusion générale, j'ai vidé mon Makarov un peu au hasard entre les fougères, touchant un Z à la tête et en estropiant un autre. La théorie de Troll selon laquelle ma dernière balle lui aurait transpercé la cuisse me semble en revanche des plus improbables. Puis tout le monde est en vie, au final. Quel pinailleur. Гвоздно, 16:28 ____________________________________ Pas bégueule, je m'occupe tout de même de rafistoler la jambe du rouquin - qu'on ne vienne pas me dire que je n'y mets pas du mien - pendant que Frawd fait les poches de nos potes putréfiés. Puis on entreprend de nettoyer les caches d'armes de l'engin : PP-19 Bizon, sniper AS50, poches de sang à plus savoir qu'en foutre et même un FAL avec lunette thermique. Ce nous fait somme toute un bon RPR. Mhh ? Le RPR ? Retour sur Prise de Risque. N'essayez pas de l'utiliser en jeu, je viens de l'inventer donc vous passeriez pour un gros mec de droite. Adossé contre le nez de l'hélico, je me fais un petit instant Kinder Bueno en savourant notre petite victoire. L'Arabe et le Boitilleur me rejoignent, je distribue les Pepsi Max et c'est carrément l'heure du goûter, en tailleur au milieu des carcasses fumantes. Manquerait plus qu'un vol de perdreaux pour toucher à la Poésie sous sa forme la plus déviante. BRAAKKA!.... BRAAKKA! BRAAKKA! Trois rafales lointaines, trois tirs au but. Frawd et Troll ont chacun un trou béant à la place de la tête et mes poumons se remplissent de sang à grands flots. Ca doit vraiment s'entendre de très loin, la chevrotine. Комарово, 08:23 ____________________________________ Encore un réveil embrumé, encore un coin de plage inconnu... Ainsi s'achèvent Les Carnets du Pleutre. D'abord parce que toutes les (bonnes ?) choses ont une fin, mais aussi parce que mon coeur s'en va déjà voguer vers d'autres titres (et qui l'en blâmerait , z'avez-vu cette fin d'année ?) Que dire à propos de DayZ qui n'ait pas déjà été dit ici ? Que le moteur d'ArmA II est une insulte pour la cornée, que l'interface porte fièrement son 21ème chromosome à trois pattes et que le mod est tout simplement confit de bugs ? Sauf que. C'est l'expérience la plus intense, la plus cruelle et la plus unique qui soit venue me taquiner le clic gauche depuis des temps immémoriaux. Jouez à DayZ. Même avec les genoux qui font bravo, jouez-y.

Les Carnets du Pleutre
Chap. 3 : Le Wallon d’Or

août 31, 2012
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Les Carnets du Pleutre<br /> Chap. 3 : Le Wallon d’Or
Les Carnets du Pleutre désignent mes tribulations dans le monde de DayZ, fabuleux mod multijoueur pour ArmA 2. Catapultés avec leur chibre et leur couteau (oubliez le couteau, en fait) dans une "Tchernarussie" en proie à une vilaine grippe zombie, les joueurs devront survivre à la faim, la soif, l'appétit des infectés et la cupidité de leur prochain. Gardons le meilleur pour la fin : mourir, c'est tout perdre et reprendre le jeu ailleurs, à oilpé. Souffrant de lacunes notoires en gestion du stress ainsi qu'en tactique militaire, j'ai vu en DayZ un choix vidéo ludique aussi sain que naturel. Pour la science. Fraîchement propriétaire d'un fusil de précision, je prends la confiance à vitesse subluminique et décide d'aller me payer mon premier scalp de survivant. Puisque manifestement l'enfer c'est les autres, autant être l'enfer de quelqu'un, je veux dire. Старый Собор, 10:25 ____________________________________ On ne pense jamais assez aux munitions. Souvent, on y pense trop tard, déjà à portée de tir, les doigts crispés sur la crosse de son arme. En ce qui me concerne, c'est en pressant la détente que j'ai réalisé que le pruneau qui quittait le canon était aussi le seul et unique dont je disposais. Pas un problème, me direz-vous, un tel fusil m'offrant a priori la garantie de tirer pour tuer. Pas un problème, pas un problème... vous en avez de belles, vous : encore fallait-il atteindre ma cible. Alors que je peste contre ma coordination mirettes/mimines absolument déplorable, ma proie dégaine son revolver et me juge d'un oeil rieur en trottinant vers moi. Une fois de plus, mes espoirs de dominer le rap jeu tchernarusse prennent un violent coup dans l'aile. À l'Est de Каменка, 10:32 ____________________________________ Enième réveil en pleine pampa détrempée, non loin d'une petite équipe de malpolis en putréfaction. La bonne nouvelle, c'est que je me suis réincarné en moustachu. Oh pas la peine de te marrer tu sais, cette large bande de oilpés sous mes narines pourrait bien constituer le climax bien-être de ma journée : t'auras remarqué que c'est pas vraiment la teuf dans le coin. J'vais contourner la famille Gonorhée par la droite, tiens, ça leur apprendra à se déplacer en troupeau. Au Sud de Березино, 10:36 ____________________________________ Enième réveil en pleine pampa détrempée. M'en voulez pas hein, mais on la refait : j'ai marché sur un mec sérieusement passé de date lors de ma petite manoeuvre. De là, le coup classique : le type m'a boulotté un bout de cheville avant d'entamer une lente et douloureuse ascension jusqu'à ma fémorale et j'ai conséquemment décèdé par la mort. Quelque part ça m'arrange, notez : me voilà, tout frais tout propre, dans un coin de la carte que je connais sur le bout des doigts. Je ne le sais pas encore, mais je suis à une poignée de minutes de faire la rencontre qui bouleversera mon quotidien de survivant : dans quelques centaines de mètres, je vais rencontrer un Belge. "Saucisse" qu'il se fait appeler. Curieux nom, mais allez comprendre ce qu'il se passe dans la cafetière de ces gens-là. Au premier regard, j'ai su que c'était un garçon pas comme les autres. Peut-être parce qu'il n'a pas tiré à vue quand je suis passé à sa hauteur. Ça doit jouer un peu, j'imagine. Березино, 11:17 ____________________________________ Saucisse, donc, c'est le gadjo qui m'a filé toutes les combines à connaître si tu ne veux pas finir poulet basquaise du côté de Нижнее. Faut le voir peaufiner sa stratégie quand on arrive aux abords d'un bled intoxiqué, je te jure, c'est une expérience : "On va foncer tout droit, attirer tous les Z dans le Coccimarket et les dégommer pépèrlito là-bas" qu'y me dit. À titre personnel, j'ai trouvé que c'était un peu un plan de merde mais j'ai préféré la boucler, parce que Saucisse portait un gros sac à dos. Et en Tchernarussie, c'est un peu le sac à dos qui fait l'homme, stuveux. C'est non seulement un signe extérieur de richesse, mais aussi la preuve que ce garçon n'en est pas à son premier nettoyage d'épicerie. Nous voilà donc à galoper à travers Березино, avec - enfer et damnation - une bonne grosse dizaine de petits hépatiques aux basques. Encore bien marqué par mes derniers démélés avec les gens du cru, je m'engouffre dans le Coccimarket et file tout naturellement me rouler en boule au rayon linge de maison. Entre deux sanglots et un appel désespéré à ma douce maman - cette sainte femme - j'entraperçois ce fondu de Saucisse dégainer lentement son M1911 et s'allonger au sol en souriant. "Admire l'artiste" qu'il me dit. Je lève donc les yeux pour profiter d'un spectacle qui vaut effectivement le détour : les infectés sont littéralement incapables de courir à l'intérieur des bâtiments. La politesse et la rigueur slave jusque dans la mort, j'imagine. Pendant que mon Belge aligne les pauvrets venant se faire absoudre à la file indienne, je fais le plein de cassoulet, de mercurochrome et de Balistos miel/noix. On abandonne ensuite les derniers vilains à leurs bugs de collision et on se fait la malle par l'entrée de service en gloussant comme deux blogueuses. Il est 11h30, je n'ai ni faim ni soif et j'ai trouvé une montre Flik-Flak : super aprèm avec mon bestah au supermarché de Березино. Хелм, 11:55 ____________________________________ Fort de ma nouvelle expérience et galvanisé par cette amitié naissante, je propose à Saucisse de devenir le Cortex de son Minus, le Laspalès de son Chevalier, le Robin de son Batman, bref en un mot comme en cent, je me propose en tant que fidèle écuyer et il accepte. On fait péter les cotillons, on boit un Pepso à notre petite entreprise et nous voilà sur la route. Красностав, 16:37 ____________________________________ Ça fait maintenant plusieurs heures que mon ami d'outre-Quiévrain et moi-même dévalisons épiceries, hôpitaux et abris de fortune sans la moindre vergogne. Rien ne nous arrête, il ne pleut plus, c'est l'euphorie, je suis Thelma et lui c'est Louise. C'est toujours les mêmes gestes, vu que la technique du Coccimarket semble applicable ad nauseam et donne toujours d'excellents résultats : on investit bruyamment les lieux, on déglingue les zombies là où l'on a l'avantage du terrain et on se tire avec le magot. D'aucuns diraient qu'on commence même à se faire un peu chier : j'ai des conserves de sardines tout le tour du ventre et on a même improvisé une partie de Jenga avec les boîtes de médocs. Mais jusqu'ici tout va bien. A suivre dans Les Carnets du Pleutre : La stratégie miracle de Saucisse atteint ses limites et j'apprends les bases de la propagation sonore d'un tir de shotgun, à mes dépens mais aussi à ceux de mes camarades.

Les Carnets du Pleutre
Chap. 2 : Amadou

août 13, 2012
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Les Carnets du Pleutre<br /> Chap. 2 : Amadou
Les Carnets du Pleutre désignent mes tribulations dans le monde de DayZ, fabuleux mod multijoueur pour ArmA 2. Catapultés avec leur chibre et leur couteau (oubliez le couteau, en fait) dans une "Tchernarussie" en proie à une vilaine grippe zombie, les joueurs devront survivre à la faim, la soif, l'appétit des infectés et la cupidité de leur prochain. Gardons le meilleur pour la fin : mourir, c'est tout perdre et reprendre le jeu ailleurs, à oilpé. Souffrant de lacunes notoires en gestion du stress ainsi qu'en tactique militaire, j'ai vu en DayZ un choix vidéo ludique aussi sain que naturel. Pour la science. Ma rencontre avec Gérard l'exploitant fripon ne fut malheureusement que la première d'une longue série de déconvenues quant à l'hospitalité russe. Prenez Vassili, par exemple. Alors que j'improvisais un pique-nique bien mérité sur le toit de l'usine d'Электрозаводск (sardines/pepsi, haute gastronomie n'est-ce pas) l'animal m'a repéré de ses yeux morts et s'est mis en tête de venir me déloger de mon perchoir, parce que visiblement c'était SON TOIT D'USINE, À LUI, VRAI TCHERNARUSSE DE TCHERNARUSSIE. Je gis présentement huit mètres plus bas, une jambe cassée, l'autre servant de cure-dents à Vassili. Tout est allé très vite, mais si je devais résumer le tout en une brève leçon de vie : oui, les morts-vivants savent grimper aux échelles. Камышово, 15:00 ____________________________________ Encore un réveil embrumé, encore un coin de plage inconnu. On dirait le jour de la Marmotte, avec moins de Bill Murray et plus de dégénérés cannibales. Rien à voir avec le jour de la Marmotte, du coup, mais c'est mes carnets à moi putain de merde me chauffe pas stp merci. À force de canner comme une merde aux quatre coins de la carte, j'ai appris à lire le cyrillique des panneaux de signalisation : prenez la prononciation que le mot vous inspire, considérez que c'est exactement pas du tout ça et vous êtes bons. De toute façon, pas de panneau dans le coin, de la départementale à perte de vue à droite comme à gauche et pas même un bidule notable pour m'aider à me repérer. Autant dire qu'on n'est pas sorti du sable. Au hasard, cap sur la droite, comme aux présidentielles. À l'est de Тулга, 15:12 ____________________________________ J'ai repéré un cadavre en travers de la route, une borne plus loin. M'enfin à cette distance, ç'aurait tout aussi bien pu être un pneu ou une vache, alors je me suis radiné un peu plus près. C'est bien un survivant. Enfin c'était. Haha, putain l'humour post-apo, comme je me kiffe. Ahem. À tous les coups le mec a pris la confiance et s'est fait sniper la bouche alors qu'il gambadait à découvert. Pas de bol. Je progresse donc en rampant, histoire de récupérer le chouette fusil que le macchab a encore en bandoulière. A l'est de Тулга, 15:22 ____________________________________ On croirait pas comme ça, mais une demi-borne en crapahutant à plat ventre, c'est long. D'autant qu'il pleut à nouveau, comme de bien entendu. Dix minutes que je me traine sur le bitume à la vitesse ahurissante de dix centimètres par seconde et j'ai déjà de la flotte et des gravillons plein mon bénard. Oui, mais j'en ai vraiment besoin moi, de ce flingue. À l'est de Тулга, 15:24 ____________________________________ J'y suis. Bordel je crève de froid mais j'y suis. Mazette, visez-moi le canon de ce tr... Périphérie de Мста, 15:41 ____________________________________ Putain d'enculé. Putain. D'enfoiré. De lâche. Rhaaa. Merde, merde, merde. Booooon ok, j'ai peut-être souffert un léger revers de situation. Un sniper attendait patiemment le prochain guignol amateur de goodies gratos. Probablement le genre d'emplumé qui squatte son sommet de colline, déguisé en fougère avec des branches plein le nez. Je peux pas blairer ces types. Mais comme un malheur arrive parfois seul (si si!) il compensait son vice évident par un skill au tir de précision inférieur ou égal à celui d'Amadou, le mec de Mariam. J'ai pu prendre la tangente dans les sapins puis j'ai couru quelques bornes avant de reprendre mon souffle. Problème : à chacune de mes haltes, Amadou remet le couvert d'on ne sait où, avec la même imprécision crasse. Je me demande s'il cherche à me descendre ou juste à m'empêcher de m'alimenter. S'il espère vraiment me dégommer, l'imaginer rageant derrière sa lunette me réchauffe un brin le coeur. Mais la théorie d'un pervers nutritionnel, ça en revanche, c'est super dérangeant. Pour couronner le tout, je trimbale deux infectés dans mon sillage, probablement attirés par le spectacle d'un type trempé de la tête aux pieds courant à perdre haleine en hurlant "Putain assure, juste le temps d'un Bounty làààààà !". Старое, 15:48 ____________________________________ Oh yeah. Mes déjà trop nombreux décès en territoire zombie n'auront pas été vains : je commence à comprendre comment lourder ces abrutis sans dommages. D'ailleurs même Amadou semble avoir perdu ma trace. Ou... ou peut-être s'est-il lassé de moi ? Merde, ça me fait un petit quelque chose en dedans. Je veux dire, ok ce mec était vicelard et violent, mais on avait une bonne dynamique tous les deux, on a eu nos bons moments. Puis c'est pas comme s'il pouvait VRAIMENT me faire du mal. Han et puis merde. Je retourne le chercher : on ne laisse pas bébé Gautoz dans un coin. Périphérie de Мста, 15:56 ____________________________________ Ô, mon bel Amadou. Que t'ont-ils fait ? Je n'ai pas tardé à retrouver mon doux tortionnaire, les deux jambes pétées, sombrant doucement dans le coma entre deux sapins. L'histoire ne dira jamais comment il s'est fait ça. Mes poursuivants putréfiés se seront peut-être rabattus sur lui. Ou aura-t-il simplement trébuché comme un gros nigaud. En tout cas le voilà bien mal en point, mais j'ai heureusement de quoi le rafisto... Wowowowo, attendez une seconde. Mais je suis en plein Stockholm moi ! Ah oui mais non. Non non non. Je vais pas te rafistoler du tout mon vieux. Je vais commencer par te faire les poches et te piquer ta carabine de gosse-beau, déjà. Puis je vais prendre ton sac à dos aussi, tiens. Wohoho mais dis-moi, c'est le super-jackpot là-dedans : raviolis, gaspacho, une gourde pleine et assez de sodas pour me refaire l'oesophage au glucose ? C'est qu'il était gourmand le petit comateux ! Tiens, regarde, je vais me poser un peu à côté de toi, puis je vais me faire un petit festin en te regardant passer l'arme à gauche. Avoue : on n'est pas bien là, en amoureux ? A suivre dans Les Carnets du Pleutre : J'assiste, impuissant, à l'agression d'un survivant par une porte de grange buggée et je rencontre un belge sympa. Mais un peu zinzin, quand même.

Les Carnets du Pleutre
Chap. 1 : Bienvenue en Tchernarussie

août 8, 2012
5 Commentaires
Les Carnets du Pleutre<br /> Chap. 1 : Bienvenue en Tchernarussie
Les Carnets du Pleutre désignent mes tribulations dans le monde de DayZ, fabuleux mod multijoueur pour ArmA 2. Catapultés avec leur chibre et leur couteau (oubliez le couteau, en fait) dans une "Tchernarussie" en proie à une vilaine grippe zombie, les joueurs devront survivre à la faim, la soif, l'appétit des infectés et la cupidité de leur prochain. Gardons le meilleur pour la fin : mourir, c'est tout perdre et reprendre le jeu ailleurs, à oilpé. Souffrant de lacunes notoires en gestion du stress ainsi qu'en tactique militaire, j'ai vu en DayZ un choix vidéo ludique aussi sain que naturel. Pour la science. Réveil sur la plage, la tronche comme un compteur à gaz et les poches vides, exception faite d'un bandage et d'une boîte d'Advil. On se les caille, il fait gris et le panneau jauni qui trône un peu plus loin semble vouloir me faire croire que je suis à deux bornes d'Электрозаводск. C'est plutôt surprenant, étant donné que 1) j'entrave que dalle question alphabet cyrillique, 2) je n'aime pas le boeuf Strogonoff. Ceci mes petits, est un lendemain de veille des plus inquiétants. Je ne sais pas ce que je me suis mis au pub hier soir, mais devait pas y avoir que de la San Pé. M'est avis que le walk of shame va être un poil plus long que d'habitude. Mais trouvons un abri, d'abord : il commence à flotter dru et j'ai encore laissé mon caban au bar, con que je suis. Un coup d'oeil alentour me suffit à repérer au loin une ferme et ses dépendances en bordure de route. La grange ferait d'ailleurs un parfait refuge. C'est certes un peu prolo, mais quand on émerge du coltard dans un pays étranger sans son iPhone ni ses clopes, j'imagine qu'un sacrifice de plus ou de moins... Bref. Je trace comme un dératé sous la pluie, direction la providentielle bicoque. Quelques dizaines de mètres supplémentaires et j'aperçois le taulier qui semble faire le planton devant son palace. Coolasse, que j'me dis, avec du pot il pourra même m'indiquer le chemin ! J'accompagne maintenant mon élégante foulée détrempée de grands gestes à son attention : nous ne voudrions pas effrayer l'indigène sans nous annoncer, n'est-ce-pas. Alors je ne sais pas si les étrangers se font rares ou quoi ou qu'est-ce que, mais aussitôt le gus m'a-t-il repéré qu'il se met à courir à ma rencontre en poussant des gargouillis hystériques. Alleluia bordel ! La fameuse hospitalité des gens de l'Est, je parie que le brave homme m'apporte même un parapluie. Le voilà qui arrive. Merde, il a du coffre ce con, qu'est ce qu'il braille ? Son blaze peut-être ? Oh mais dites-donc, la vilaine gueule, ouh le vilain grain de peau que voilà ! C'est un vrai fermier ça : j'en ai vu des pareils sur M6. Mais c'est qu'il est tactile en plus... L'accolade est virile, quoiqu'empreinte d'une forte odeur de rance, mais peu importe. De toute façon j'ai commencé à relativiser les petits détails il y a précisément deux secondes, quand l'enfoiré en salopette m'a renversé à terre avant de me barboter un bout de jugulaire d'un coup de machoire. Bien. Bien bien bien. Voilà qui est parfait. Je suis en état de choc au bord d'une départementale russe et un métayer manifestement prénommé GEEEEEEERAAAAAARD improvise une collation à même mon abdomen. On dira ce qu'on voudra, c'est vraiment une autre culture. Pendant que le bougre s'affaire, j'imagine une tripotée d'échappatoires de génie : l'étrangler avec le bandage restant dans ma poche arrière, lui lancer des anti-inflammatoires taillés en pointe dans les yeux, ce genre de trucs. Mais c'est peine perdue, paralysé que je suis à la vue de mon intestin grêle que le goinfre déroule délicatement sur le bitume. Ma foi, ces deux minutes et trente quatre secondes fûrent des plus délicieuses. Si ça ne vous dérange pas, je vais rester un peu ici et réfléchir au sens de la vie. De toute façon, Gérard m'a l'air d'avoir une sacrée dalle, aussi le laisserai-je finir son assiette.   A suivre dans Les Carnets du Pleutre : Maintenant terrorisé par les représentants de la profession agricole, je découvre l'emplacement de la touche "S'accroupir" et entame une respectable collection de conserves vides.

Go Right

avr 27, 2012
Pas de commentaires.
Poster une vidéo accompagnée d'un petit commentaire convenu, normalement j'essaie d'éviter. Non pas que je trouve que ça fasse charclo, note, mais d'autres le font déjà très bien. A chaque règle ses petites entorses cependant, puisqu'aujourd'hui j'aimerais juste te faire découvrir "Go right" (si ce n'est pas déjà fait, bien entendu). Le propos est tout simple, à la limite de l'enfantin même et l'emprunt musical au grand Michael Nyman fait beaucoup. Pourtant j'aime assez l'idée qu'en moins de 3 minutes, tous ces amis d'enfance soient venus me rappeler l'une des règles fondamentales, pile quand je commençais à la perdre de vue  : va falloir avancer. http://www.youtube.com/watch?v=kiePaAHK3jE Ouais, parfois je suis THAT cheesy.