

Note : Article 0% de Catwoman : bien que cool à jouer, le perso soit-disant intégré au jeu est locké par un serial d’activation. Impropre au marché de l’occasion, donc. Et ça c’est non.
Rocksteady. J’adore ce nom. Déjà parce qu’il me suffit de le lire pour repenser au super duo que le rhino formait avec Bebop. Et j’ai instantanément cette pure tranche d’angoisse dans la tête. Mais ce n’est pas le sujet, convenons-en. Non non, Rocksteady c’est aussi et surtout le studio qui a su transcender quinze ans de jeux de merde licenciés Batman (ok, pas l’épisode SNES) et livrer l’excellente galette Arkham Asylum en septembre 2009. Au détour d’un séjour à l’asile sus-nommé, Batman en profitait pour remettre quelques pendules à l’heure à grand renfort de gifles de cow-boy et de faufilades prédatrices. Il y avait un grappin, Harley Quinn en spandex et un Joker à la sauce Paul Dini : c’était donc le meilleur jeu de la Terre.
Moi vendu ? Grand dieu non, complètement raisonnable et mesuré bien-sûr. Pas du tout du genre à lâcher la rampe lorsque Rocksteady annonce une suite et prononce le mot free roam. Je suis resté de marbre. Presque. Du putain de free roam dans la ville du crime avec un putain de deltaplane rivé dans le dos. Sans. Déconner. J’ai donc adressé un fier doigt d’honneur à mon banquier, me jetant sur le jeu en day one, après deux mois passés à me convaincre pieusement du contraire. Avouons-le : le sentiment de l’argent bien dépensé, c’est toujours agréable. Mais c’est encore plus délicieux quand ça survient dès les premières minutes de jeu et ne vous quitte pas. Bienvenue à Arkham City.

Dans le cadre d’un programme carcéral exceptionnel, toutes les ordures du pénitencier de Blackgate et de l’asyle d’Arkham ont été parquées et laissées à leur sort dans une enclave au sein de Gotham. C’est farfelu comme idée, certes, mais ça offre un parfait alibi pour nous coller un maximum de vilains du Batverse dans les pattes, à la manière d’un Long Halloween. La comparaison s’arrête malheureusement là : le scénario d’AC est une sorte de commode rustique à tiroirs, tantôt immenses et vides, tantôt minuscules et blindés jusqu’à la gueule, d’autres encore qui font mine de s’ouvrir, mais en fait non. Si le joyeux boxon gênera à coup sûr les amoureux du beau scénar, nul doute que les enfants de France 3 sauront se montrer magnanimes : on trempe gaiement dans le bestiaire de la série animée. Malheureusement, on pourra s’estimer heureux si le jeu offre un voire deux boss fights dignes d’intérêt, les autres face à face se terminant soit dans un affrontement décérébré, soit d’une pichenette en cutscene. Un peu frustrant, mais je préfère tout de même qu’on me case les 3/4 de la mythologie Batman au chausse-pied dans mon jeu à 60 euros que de devoir acheter des tiroirs additionnels sous forme de DLC hors de prix. Eh oui.
Mais trêve de considérations de cols blancs : Arkham City est un jeu qui parle d’abord aux instincts. D’un coup de grappin, on prend la hauteur nécessaire pour dérouler sous nos ailes un terrain de chasse juste sidérant : usines, zones portuaires, monuments et ruines en tout genre, défigurés par les affrontements et la crasse et baignés d’un clair de lune froid… C’est vaste, beau et sacrément cohérent. L’une de ces ambiances dont les odeurs de pisse viendraient presque picoter les narines. Mon conseil santé : dès vos premières secondes de liberté dans la ville, foncez relever vos premiers défis de vol en réalité augmentée. Vous débloquerez le grappin amélioré, le petit jouet de l’amour qui permet de voler librement et indéfiniment. Ceci fait, la ville est littéralement à vous. Coeur avec les batarangs.

Une fois vos ailes vengeresses déployées, attention au vertige : entre trame principale, enquêtes secondaires et défis pour trophy-whores, Arkham City déborde de contenu. Difficile de planer sur plus de 50 mètres sans intercepter un appel au secours, tomber sur une scène de crime ou tout simplement sur une bande de rigolos qui rêvent d’embrasser vos phalanges. En sus des nombreuses side-quests, l’Homme-Mystère a encore planqué des trophées et des énigmes dans toute la ville. La sauce prend ici largement mieux que dans Asylum, le tout s’inscrivant maintenant dans une course aux otages assez sympathique. Et puis merde, rien que pour l’excellente enquête du tueur du téléphone… Non vraiment, bouclez votre ceinture multi-fonction : Arkham City verse dans une richesse et une générosité qui force le respect.
En intérieur, le jeu reprend les grandes lignes du gameplay d’Arkham Asylum : 50% tatane ultra-dynamique, 50% infiltration. Oh bien-sûr, le système de combat est un poil plus diversifié – plus exigeant aussi – et les passages furtifs bénéficient de quelques gadgets supplémentaires, mais la différence reste ténue. J’avais adoré le dosage des différents gameplay dans l’opus précédent, me voilà à nouveau comblé ici. En revanche, impossible de ne pas pousser une gueulante sur l’omniprésence de la Vision du Détective. L’un des plus gros défauts du premier épisode est bel et bien de retour, malgré les promesses de Rocksteady : on passe 70% de son temps dans un mode de vision thermique bleu-triste. L’excellent boulot de direction artistique en ressort tout rabougri et c’est quand même super dommage.
Arkham City n’est pas exempt de défauts : une histoire un peu bordélique, des personnages pas toujours aussi dévelop.. DU VOL LIBRE EN DELTAPLANE AVEC UN FEELING QUI POUTRE. DES CHUTES LIBRES SUR LE FACIES DES MÉCHANTS. FLÛTE À LA FIN, FALLAIT QUE ÇA SORTE.
November 8, 2011 at 2:58 pm
Est-ce que tu peux développer ton avis sur l’existence du code pour Catwoman ?
Déjà que pour le online, je trouve ça très limite puisque c’est pour détruire le marché de l’occasion qui leur fait plus de bien qu’ils ne le croient, mais pour du contenu offline, c’est scandaleux.
Si on n’a pas internet, le jeu acheté au prix fort est amputé d’une partie, sans raison valable.
Si on est plusieurs à utiliser la console, on doit rajouter 10€ par personne supplémentaire voulant y jouet,…
November 8, 2011 at 3:13 pm
Ca me fait d’autant plus grincer que Catwoman n’a jamais été présentée comme telle et qu’elle a servi d’argument marketing tout au long de la campagne pub. Au delà de ça, toutes les manoeuvres anti-occases qu’on voit pousser comme la chienlit me débectent sincèrement.
November 8, 2011 at 3:55 pm
On est bien d’accord !
PS : il fallait bien sûr lire “jouer” et pas “jouet” à la fin de mon post
November 25, 2011 at 7:11 am
“Pas l’épisode SNES” ? Me souvient pas, tu confonds peut être avec la NES 8bits qui elle possède un très très bon Batman.
November 25, 2011 at 1:54 pm
Non non, j’avais bel et bien adoré The Adventures of Batman & Robin http://www.youtube.com/watch?v=eNA9f4OBXe4
Mais je sais, on n’est pas nombreux ^^