
Dix ans de claquettes ma bonne dame, ‘vous rendez compte ?! Dix années pendant lesquelles j’ai su esquiver, d’un élégant pas de bourrée, tous les pièges à loups que l’industrie vidéoludique a jugé bon de me balancer en travers du chemin. Counterstrike ? Retiens ta main mon doux prince ! World of Warcraft ? M’enfin, je ne suis pas celle que vous croyez ! Eve Online, Team Fortress 2, Left 4 Dead, SSFIV, Minecraft ? Non mais ho, ça devient lourd là ! Merci !
Pourquoi une telle rigueur ? La réponse se cache du côté de celle sans qui nos vies ne seraient que longues souffrances à la dérive, j’ai nommé la volonté. Celle dont je manque cruellement, en fait. Disons qu’après une douzaine de persos et pas loin de 200 heures de jeu sur Diablo 2, mon absence de retenue m’est apparue comme relativement évidente, ‘voyez ? Du coup, hop, politique protectionniste en matière de gaming : si c’est hautement addictif, si c’est persistant ou si ça demande du gros training, RUN FOR YOUR LIFE. Un mantra qui portait encore ses fruits il y a deux semaines, jusqu’à ce que Terraria ne s’infiltre en douce dans ma chaumière, déguisé en action platformer choupi-croquignolet.
Faites lui NFS, gaz du sang et mettez cinq culots de 0 négatif : on est en train de le perdre.
Pire que la chienlit, le petit Terraria s’est insinué partout dans mon quotidien chiffre point zéro en l’espace de quelques jours, conséquence directe des redoutables soldes d’été Steam. Pour l’âme influençable que je suis, il n’a pas fallu bien longtemps pour craquer sous la pression populaire. Mais attention, point d’achat en promo, grand dieu non ! C’est beaucoup plus drôle d’attendre la fin des soldes, ça augmente les chances de douleurs aiguës au recto en cas de jeu pourri. Eh, faut savoir vivre dangereusement.
Terraria en bref et en vulgarisé, c’est-quoi-donc ? Un Minecraft en 2D qui aurait pris du bon temps derrière des buissons avec Castlevania pendant que Zelda filmait toute la scène. Ouais, j’ai bien conscience que cette métaphore est complètement aux fraises et ne t’aide en rien. C’est cadeau. Je tente l’esquive pour la bonne et simple raison que question “expérience à tiroir”, le jeu se pose là et ce ne sont pas mes vingt heures au compteur qui font de moi un expert. Une partie de Terraria débute à la surface d’un monde unique, tout fraîchement généré par l’excellent moteur procédural du jeu. Dans les poches : une épée, une pioche, une hache et beaucoup d’huile de coude. Va falloir penser à couper son premier arbre pour bâtir de quoi s’abriter : les nuits Terrariennes sont peuplées de zombies pas franchement choucards avec les noctambules. Allez, tu ne vas tout de même pas attendre l’aube comme un con entre quatre murs ? Et si on se faisait la malle en creusant directement sous nos pieds ? Vas-y, clique. Tu viens d’ouvrir la boîte de Pandore.
Ce sous-sol, c’est le mien, c’est le nôtre, c’est le tien. Creuse comme bon te semble, tu tomberas bien assez tôt sur ta première grotte ou sur ton premier filon de cuivre. Et c’est ainsi que la fièvre ira grandissante. Tu la joueras peut-être prudent, chemin balisés et pentes raisonnables pour assurer ta remontée ; ou tu auras le coup de pioche suicidaire, creusant à la verticale et à l’aveuglette tel Jules Vernes cramé à l’opium. À ta place, je me ferais un petit camp de base dans cette grotte, je bricolerais un établi de fortune et je commencerais à crafter comme un cochon : il parait que les strates inférieures grouillent de monstres qui se marrent bien devant ton plastron en balsa. Comme dans Minecraft, on ne comprend le potentiel des ressources glanées qu’une fois en leur possession. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup : c’est le ressort qui transforme l’honorable joueur pondéré en véritable tractopelle Caterpillar, avide de richesses et de nouvelles options d’artisanat. On accumule les richesses de manière totalement boulimique dans l’espoir qu’elles nous seront utiles un jour, on inventorie absolument tout et on se surprend à faire le pingre au moment de crafter : jamais un jeu ne m’avait aussi bien fait comprendre la mentalité de Gimli et ses potes.
Des potes justement, il est possible de s’en faire d’en Terraria, même en solo. Prenez le temps de bâtir une demeure un peu respectable et vous aurez la surprise de voir une jolie petite communauté hippie s’y installer en votre absence : marchand, artificiers, ainsi qu’une tripotée d’autres blogueurs pique-assiettes branchés commerce. Ces petits ajouts RPG s’avèreront primordiaux lorsque vous vous lancerez dans la spéléo d’Homme, là où seul l’aventurier bardé de potions et de dynamite peut espérer s’en sortir. C’est bel et bien dans les profondeurs que se cachent les plus gros filons de minerais, les artefacts les plus classes, mais aussi les boss les plus monstrueux. Challenge.
L’excavation au nom de l’artisanat ou l’artisanat au nom de l’excavation ? C’est là la question qui anime les Terrariens dans leur ouvrage insensé. Si l’oeuf et la poule t’obsèdent, le jeu d’Andrew Spinks a dans le ventre de quoi te filer le tournis. Que tu la joues spéléologue à -800 pieds ou décorateur d’intérieur dans ton château cosy, l’Aventure saura te rattraper et t’attirer dans sa tanière. Après Minecraft, dire que Terraria invente serait mentir : le jeu reprend un concept un poil effrayant de densité pour le rendre lisible et sexy, sans l’édulcorer. Diabolique. Pour ma part, il sera bientôt temps d’ouvrir les portes de mon univers à d’autres loustics en multi : j’ai la sensation que le gruyère sous mes pieds recèle encore bien des richesses et que des compagnons ne seront pas de trop. Dans la vie, ami lecteur, y a ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Moi, je creuse.
July 26, 2011 at 1:24 pm
avoir mis Minecraft dans ta liste c’est triste car c’est un jeu qui mérite d’être testé. même si on accroche pas c’est original et créé par un gars tout seul ! terraria ne fait que copier le principe…
July 26, 2011 at 1:26 pm
Même pas je vais l’essayer… je veux pas finir comme toi
Sinon j’adore la quote à la fin
July 26, 2011 at 3:10 pm
ça veut dire quo finir comme moi ?
je joue même pas 3h par semaine…
July 26, 2011 at 4:11 pm
Intéressant
Perso, je suis dans le cas contraire : je suis totalement tombé dans les Wow, diablo, tf2 et compagnie, et c’est loin d’être fini !
j’ai installé Terraria lors des promos steams tout comme toi, et je compte le tester bientôt…
est ce qu’il y’a du PvP dedans et si oui, est il intéressant?
July 26, 2011 at 5:53 pm
Il y a du PVP, mais pas encore eu le temps de tester. Compte sur moi pour te tenir au courant une fois que j’aurai eu le courage de me lancer
July 26, 2011 at 4:26 pm
Ne pas craquer…ne pas craquer…NE PAS CRAQUER§§§
July 26, 2011 at 8:31 pm
Le sieur pipo a raison, c’est fourtrement richement écrit, missa aimer.
July 27, 2011 at 3:08 pm
“une douzaine de persos et pas loin de 200 heures de jeu sur Diablo 2″
Tu veux dire 200 jours ?
Bon, j’aurais jamais du lire ce billet en entier après l’avertissement du premier paragraphe…