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Change pas de main !

Jul 4, 2011

[Caméra fixe en plongée, gros fisheye et appart' en bordel] CLAP !

“C’est fou, j’ai beau être un presqu’adulte avec un travail et des courriers du trésor public, je trouve toujours autant de temps pour jouer aux jeux vidéo. Du coup, rythme ou pas rythme, je bouffe tout ce qui passe, vu que j’ai que ça à foutre…”

*début de la boucle rock oldschool dans tes oreilles*

Non parce qu’il y en a légèrement marre, en fait. Je déclare la guerre aux cheveux cassants, aux pointes sèches et aux productions vidéoludiques incapables de conserver un rythme correct du début à la fin.

Tempus fugit les gars, tempus fugit sa race, même. Je n’ai plus deux semaines de vacances tous les deux mois, je bosse le mercredi après midi, fini les mots de ma maman… bref ça craint. Avec la meilleure volonté du monde, je ne peux plus me permettre la même persévérance ni le même optimisme borgne en matière de jeux vidéo : j’aime ou je quitte. A ce titre, certaines pirouettes de développeurs ont déjà entamé une belle ascension dans mon top des mauvaises idées devant l’éternel. Sur la première marche du podium : la rupture brutale de rythme, parfois assumée, parfois accidentelle. Allez, réfléchis bien, tu t’es forcément déjà coltiné l’un de ces moments peu glorieux : ça arrive très (trop) souvent dans le dernier tiers du jeu, au détour d’un twist discutable. Sous divers prétextes fallacieux (préparation au combat final, bouclage d’un coin d’arc narratif…)(ouais, un coin d’arc !) les développeurs te gratifient d’une séquence façon panier fourre-tout. A l’intérieur, un pot pourri d’idées inabouties, de gameplays alternatifs et de merdiers de toute sorte, qui auraient été introduits dès le début s’ils avaient été de vraies bonnes idées. Rien de pire pour un amoureux du beau crescendo que de se manger l’une de ces séquences sur le coin du clavier (ou du pad, calmos)

Dernier cas de contamination en date dans ma ludothèque : Crysis 2 qui (en plus de se perdre dans son propre scénar) se paye le luxe d’un “Thank you, but the Bad Guy is in another castle” alors qu’on s’imaginait déjà refermer sa nano-paluche sur la gorge du connard surcité. Frustrant ? UN PEU. Ca valait le coup de s’accrocher ? Aucune idée, je me suis arrêté là. Non pas que je me sois mis à bouder comme une pimbêche, non non : j’ai simplement perdu l’impulsion de le relancer dès lors. Quand un jeu (déjà pas fantastique) me trahit en pleine montée, je ne crie ni ne tempête, je l’occulte de ma mémoire. Et je ne le désinstalle pas, car je veux qu’il ressente les affres de l’abandon. Qu’il souffre, cet enfant de catin.

Autre cas de déception silencieuse l’été dernier : le très bon Darksiders. Enfer, le petit malin m’avait sorti la carte “Terminer ta formation, tu dois” me renvoyant arpenter des levels déjà vus et revus, à la recherche de fragments d’un coutelas légendaire. Bien évidemment, sans lui, pas moyen de s’en aller creuser un second recto au boss final. Réaction à chaud :

Le pire, c’est que côté créateurs, je peux aisément imaginer le trop plein d’enthousiasme souvent à l’origine de la démarche. Côté joueur en revanche… ça laisse bien souvent un goût de durée de vie dopée à la va-que-j’te-pousse. Et c’est un peu sale, vu de ma fenêtre.

Bien sûr, l’idée compte son lot d’exceptions et de cas particuliers. Le dernier quart de Red Dead Redemption m’a fait jurer comme un charretier, mais j’en ai compris les tenants vis à vis du morceaux d’Histoire dépeint par Rockstar. La trahison était là, mais elle avait ses raisons. Bioshock premier du nom, Okami, Dragon Age et Windwaker sont autant de jeux que j’ai aimé, même si le fantôme de leurs moments de faiblesse me hantent encore quand vient le soir, dans mon grand penthouse si froid.

Mass Effect, voilà un bougre de titre qui n’a pas essayé de me la faire à la slovaque. Un rythme plus que perfectible, mais aucune tromperie sur la marchandise : les séquences en Mako (douleur) intègrent rapidement l’aventure et l’on a le choix de s’accrocher ou de lâcher l’affaire, selon les sensibilités de chacun. Si Sheppard m’avait embarqué dans une heure de shooter mal gaulé juste avant le grand final, 20h de jeu plus tard, aurais-je seulement tenu le coup et sauvé la galaxie ? Je ne crois pas.

En clair : pour que j’accueille d’un sourire compréhensif un coup de la panne dans la dernière ligne droite, le jeu doit avoir de la reprise, des arguments et beaucoup de charme. Aucune analogie avec ta maman ne viendra clore cet article, cela va de soi.

Tiens au fait, je parle, je parle, mais toi aussi tu dois te traîner la blinde de vieilles rancoeurs. Raconte à tonton en bas de page, j’ai pas joué à tout et je suis un vilain curieux !

[Prégénérique]


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Comments:

  1. Tu devrais essayer Dragon Quest VII :
    “- Wouais, on a éradiqué le mal absolu!”
    “- cool!”
    “- On poutre les gars!”
    “- Ouais!”
    “- Venez on va se taper la mage blanche!”
    “- Ouais!”
    “- Eh, les mecs, c’est quoi ça?”
    “- Hein? “Disque 2″?”
    “- Ben ouais, maintenant qu’on a tué le méchant, on doit faire renaître le bien absolu.”
    “- Le bien absol… Mais on s’en BRANLE, y a plus de méchant!!”
    “- Ouais, mais on a pas vu les crédits…”
    “- Ok, je vais acheter du barbiturique!”

    Et là, je me suis rendu compte que tu parlais des productions actuelles et j’ai fermé ma gueule.

  2. Dans le genre je me retape le même niveau 15fois Zelda DS était pas mal aussi !
    “Vazii recommence encore une fois le chrono du donjon avec ton nouvel objet” Le bon vieux un donjon = 1objet + un boss + un médaillon bling bling était bien plus drôle.
    A mort le progrès.

  3. Putain, y en a tellement.

    De base je dirais tous les jeux où tu peux pas zapper la cinématique dont tu t’en contre-fous comme de l’an 40, en essayant frénétiquement tous les touches de ton clavier au passage.

    Les introductions de 1000 ans, aussi. “I. WANT. TO. PLAY.”

    Comme ça à chaud je dirais Half-Life 2, HL2 Ep1, HL2 Ep2…
    plus récement Duke Nukem Forever (bon tout est nul dans celui là aussi)

    Et à peu près tous les jeux de course où il faut se taper 15 minutes de pseudo-intro avant de pouvoir enfin faire un Quick Race.

    Je crois que le cassage de rythme c’est vraiment ce qu’il y a de pire dans un gameplay, tu passes d’un “Ouais ouais cool cool” à un “ALT-F4, vite, lançons un JEU vidéo.”

  4. Ah on se sent bien ici.

    Jolie rhétorique qui picotte les zygomatiques :)

    (ceci fut le post qui voulait rien dire)

  5. Cher ami, un magnifique pavé (que je vais sans doute partager).
    Pour ma part j’en ai eu des jeux comme ça…Deux me viennent à l’esprit:

    -Lost Planet (le 1, faut pas déconner non plus). Excellent shooter à mon sens. Arrive le climax du milieu de jeu: l’affrontement de Green Eye. Seigneur Dieu!! Dantesque, pénible mais motivant, difficile mais exaltant, aux commandes d’un mecha qui ferait jouir une none…Du grand boss, du grand Capcom…..sauf qu’on est à la moitié du jeu….Et après….à mon sens….Le vide! le néant!! on se retrouve le plus souvent à faire des speed runs tant les ennemis sont violents (et à mon sens mal dosés). L’ambiance qui part en couille de surcroit….Vraiment déçu (du coup je l’ai pas fini)….

    -Uncharted 2. Et oui je sais. Le jeu frôlait la perfection et puis il a fallu qu’il y ait ces derniers p**tain de niveaux dans le temple là. C’était long, pénible, sans rythme. Cela est suivi par un affrontement de fin merveilleusement insipide, plat et relou.

    Voilà :)